dimanche 3 avril 2016

Ouverture de la saison de la MLB. La chasse royale est ouverte

Qui pour succéder aux Royals de Kansas City, vainqueurs des Mets de New York (d'ailleurs, les deux équipes s'affronteront en ouverture de la saison) ? La réponse sera donnée d'ici 7 mois, à l'issue de 162 matchs de saison régulière et presque 4 semaines de playoffs. Le parcours est évidemment des plus longs. Les favoris sont nombreux dans la MLB mais aucun ne peut être aussi dominateur que dans les autres ligues, en raison du nombre de matchs. Présentons la saison et je ferai aussi un petit aperçu des chances des Indiens de Cleveland, comme chaque année.






Rappel.

Comme chaque année je rappelle le principe de la Major League Baseball :

- 30 équipes sont divisées en deux ligues, qui n'ont pas les mêmes règles (la ligue nationale envoie toujours son lanceur frapper alors que l'américaine le remplace par un frappeur désigné)
- 3 divisions forment chaque ligue avec 5 équipes au sein d'elles. Les vainqueurs des divisions sont qualifiés pour les playoffs ainsi que les deux meilleurs bilans de chaque ligue, qui s'affronteront dans un match de barrage pour rejoindre les champions de division. Ensuite on a un système de playoffs classique. L'avantage du terrain en Série mondiale est déterminé par le résultat du match du All Star game entre les deux ligues : celle qui gagne bénéficie de ce plus.

Ligue Américaine.

Commençons par la ligue des champions, les Royals de Kansas City et même leur division, la centrale.

Division Centrale.

Après avoir échoué en Série mondiale en 2014, les Royals ont mérité leur titre en 2015. Leur effectif n'a pas changé : annoncé partant, l'outfielder Alex Gordon est finalement resté et l'attaque des Royals restera aussi homogène que redoutable. Par contre, Kansas City a perdu son lanceur numéro un Johnny Cueto et son remplaçant Ian Kennedy n'est pas du même pedigree. Nantis d'une forte attaque, d'une excellente relève, les Royals peuvent encore gagner leur division, si leur rotation tient le choc.

Derrière, on trouvera les Indiens de Cleveland, qui ont leurs chances mais j'en reparlerai plus tard.

Derniers de la division l'an passé, les Tigers de Detroit ont laissé filer leur suprématie sur la centrale. Ils ont décidé de sortir le chéquier pour reconquérir le titre : le lanceur Jordan Zimmerman a signé pour 5 ans et 110 millions, Justin Upton débarque aussi au champ centre. Si Miguel Cabrera est de retour en pleine santé, si Victor Martinez frappe mieux que l'an passé, si Justin Verlander redevient lanceur qu'il a été, oui Detroit peut y croire. Mais ça fait pas mal d'interrogations, surtout pour Verlander, dont le déclin est amorcé depuis 3 ans. La rotation pose des questions, la relève semble bonne mais pas plus que ça, l'attaque est puissante. Qu'en sera-t-il vraiment ?

Sensations l'an passé, les Twins du Minnesota veulent confirmer. Ils ont un excellent groupe de frappeurs, qui se renouvelle en plus : le jeune Miguel Sano devrait envoyer les balles dans les tribunes et l'arrivée du Coréen Park (plus de 50 HR en ligue coréenne) est une énigme. Si la relève n'est pas mauvaise, la rotation doit quand même progresser pour que les Twins dépassent encore les 50% de victoires.

Enfin les White Sox de Chicago seront l'équipe à suivre dans la division : ils ont énormément bougé pour renforcer leur effectif : arrivées de Lawrie, Austin Jackson, de Frazier au 3è but de Cincinnati (35 HR en 2015), de Mat Latos pour densifier une rotation de partants solide. La relève me paraît moins bonne mais Chicago va devoir mesurer les conséquences de l'affaire Adam LaRoche (qui a pris sa retraite car son équipe ne voulait plus voir son fils entrer tout le temps dans les vestiaires) : outre le départ du joueur, il y a le soutien de ses équipiers contre ses dirigeants qui pourrait faire éclater le vestiaire.

Division Est.

La division sera très ouverte cette année.

Vainqueurs l'an passé, les Blue Jays de Toronto poursuivent sur leur schéma malgré le changement de dirigeants (ce sont les anciens venus des Indians comme Mark Shapiro qui dirigent l'équipe) : grosse attaque autour du trio Donaldson (MVP 2015)-Bautista-Encarnacion, une rotation dont on a du mal à mesurer la régularité et une relève toute aussi intéressante mais intrigante. Il y aura du spectacle au Canada mais il manque d'un vrai numéro un après le départ de David Price.

Ce dernier a choisi les 200 millions des Red Sox de Boston. Oui, ces derniers ont décidé de renforcer leur personnel de lanceurs après une prestation 2015 décevante. Outre Price, venu à prix d'or (mais c'est le prix du marché pour les prétendants réguliers au Cy Young), on a fait venir le releveur Craig Kimbrel. Sur le champ, David Ortiz jouera sa dernière saison et on attendra bien mieux de Hanley Ramirez et de Pablo Sandoval, arrivés l'an passé et qui ont fait un bide. Certains voient Boston champions mais il y a quand même pas mal de questions à résoudre : la rotation derrière Price, l'attaque avec des joueurs décevants ou blessés. Ca fait beaucoup pour avoir des certitudes.

Les Yankees de New York ont leur lot de questions : une rotation fragile, composée de joueurs blessés, sur le déclin ou pas encore confirmé. Une attaque puissante mais vieillissante et donc fragile (Alex Rodriguez, Carlos Beltran et Mark Teixeira qui a encore raté les deux derniers mois de la saison), les soucis au deuxième but et à l'arrêt-court. Ca fait beaucoup. Mais les Yankees ont un super trio de releveurs (Betances, Miller et Chapman venu de Cincinnati) sauf que Chapman est suspendu 30 matchs pour être impliqué dans une affaire de violence domestique.

Les Rays de Tampa Bay ne feront pas parler d'eux mais ils ont une super rotation -la meilleure de l'Américaine- qui leur fera gagner des matchs. La relève sera à observer mais l'attaque est bien trop faible sur le papier pour permettre aux Floridiens d'espérer jouer les premiers rôles toute la saison. Mais rien ne dit que c'est impossible.

Les Orioles de Baltimore sont les exacts inverses des Rays : une énorme attaque (Chris Davis et ses 47 HR qui a resigné, Adam Jones, Manny Machado, Mark Trumbo et Pedro Alvarez) qui va faire venir du monde au stade. Mais la rotation est la pire de la ligue même si l'arrivée de Yovani Gallardo la rendra moins mauvaise à peine. La relève n'est pas mauvaise mais si elle doit surtout limiter les dégâts ça ne suffira pas.

Division Ouest.

Le Texas avait créé la sensation en 2015 en faisant la loi dans la division et en envoyant ses deux équipes en playoffs.

Les Rangers du Texas avaient fait un formidable rebond inattendu en gagnant la division. Qu'en sera-t-il ? L'attaque est impressionnante sur le papier avec Fielder, Beltre, Moreland, Desmond et Choo notamment. La relève sera plus éprouvée cette saison alors que la rotation comptera sur une saison complète de Cole Hamels (arrivé fin juillet) et du possible retour de Yu Darvish d'ici juin après avoir raté toute la saison passée. J'ai du mal à situer cette équipe dont l'enjeu sera d'être régulière et de tenir sur toute une saison.

En 2015, les Astros de Houston ont été récompensés plus tôt que prévu de leur politique de reconstruction. Ils sont allés en playoffs avec une rotation très solide et une attaque puissante, à l'image de Carlos Correa le rookie de l'année. Ca n'a pas changé : le Cy Young 2015 Dallas Keuchel sera bien épaulé et l'arrivée en relève de Ken Giles est plus qu'un atout. Le point faible des Astros reste la moyenne au bâton très basse : les frappeurs l'avaient compensée par la puissance.

Les Angels de Los Angeles ont beau avoir le meilleur joueur du monde dans leur rang, Mike Trout. Il est seul ou presque. Albert Pujols produit mais décline, Cole Calhoun pourra l'aider mais ça ne suffit pas. L'attaque est déséquilibrée, la défense sera renforcée par l'arrivée du shortstop hollandais Simmons. Mais la rotation ne fournit pas assez de garanties et la relève pose aussi quelques soucis, tout ça en constance. Oui les Angels peuvent gagner la division mais s'ils arrivent à fournir des efforts pendant toute la saison.

Les Mariners de Seattle déçoivent. Leur rotation est bonne derrière "King" Felix Hernandez mais leur attaque n'est pas assez performante malgré les 44 HR de Nelson Cruz l'an passé et les prestations solides de Kyle Seager. Le stade est-il rédhibitoire pour empêcher les frappeurs de s'exprimer ? Cano ne fournit pas plus que ça depuis qu'il est arrivé de New York. Les Mariners sont allés chercher Adam Lind pour muscler l'offensive mais cela suffira-t-il car au champ extérieur on n'est pas très fort au bâton. Malgré l'arrivée de Steve Cishek, la relève n'est pas une source de garantie à toute épreuve pour Seattle.

Terminons la division par les Athletics d'Oakland. On n'attend pas grand-chose de cette équipe qui se fait et se défait sous les contraintes salariales. On transfère encore et encore et on mise sur la rotation pour faire quelque chose de correct cette année mais à part Sonny Gray ça me semble un peu difficile d'espérer grand-chose. La relève n'est pas plus rassurante. Une saison à voir pour les A's.

Ligue Nationale

Division Est

C'est la division des champions de la ligue avec les Mets de New York. Ces derniers ont atteint la Série mondiale de manière inattendue car on les pensait loin d'y arriver. Mais ils l'ont fait grâce au meilleur cinq partant de tout le baseball majeur (Harvey, De Grom, Syndergaard, Matz et Bartolo Colon qui aura 42 ans). Rien de changé surtout que ce groupe est jeune (sauf Colon mais qui a lancé très bien en 2015). Même chose pour la relève qui est très solide. Une question néanmoins pourrait se poser : Jeurys Familia a craqué lors de la série contre Kansas City. S'en remettra-t-il ? En cas de réponse négative, le manager Terry Collins devra modifier son schéma de releveurs. L'attaque, elle, demeure le point faible de l'équipe mais Cespedes a resigné et elle va donc rester compétitive. Mais le départ de Daniel Murphy (pour Washington) a amené à repenser la relation 2è but-arrêt court : l'ancien indien Asdrubal Cabrera et l'ancien pirate Neil Walker sont arrivés pour combler ce secteur faible.

Vus comme des monstres l'an passé, les Nationals de Washington se sont complètement plantés. Bryce Harper a livré une saison de MVP, dont il a été récipiendaire, mais l'attaque a totalement déjoué. La venue de Daniel Murphy des Mets aidera-t-il Harper ? Possible mais il faut surtout que d'autres se réveillent comme Ryan Zimmerman ou Anthony Rendon (qui a été longuement blessé aussi). La rotation a déçu à part Max Scherzer : c'est surtout le cas de Stephen Strasburg, qui a connu des tourments, et dont on attend aussi qu'il soit meilleur et en meilleure santé. Si Washington s'appuie sur le potentiel de ses joueurs, la division est largement gagnable. Reste la relève, qui pose chaque année des soucis : arrivé en cours de saison dernière, Jon Papelbon devrait tenir un peu tout ça.

Les trois autres équipes de la divison font plus ou moins l'impasse sur l'exercice 2016. Les Marlins miseront sur le lanceur Jose Fernandez et sur Giancarlo Stanton (27 HR en 74 matchs l'an passé) pour construire l'équipe. Il y a de bons joueurs mais beaucoup n'ont pas répondu aux attentes l'an passé (Ozuna notamment). Mais à Miami on a un voleur de buts avec Dee Gordon (58 buts volés). Mais on ne parle ici que d'individualités : en effet, l'équipe manque d'homogénéité dans la rotation, la relève et au bâton.

Je vais être rapide sur les Braves d'Atlanta, qui ont échangé leurs meilleurs joueurs ou presque tous pour des espoirs et reconstruire. On risque plus la saison de 100 défaites chez les Braves. Même chose pour les Phillies de Philadelphie, dont la reconstruction a commencé depuis plus longtemps mais avec plus de problèmes : outre le déclin des vétérans Carlos Ruiz et Ryan Howard se prolonger, on verra surtout le niveau de Maikel Franco, qu'on présente comme le visage du futur à Philadelphie. On en avait un goût l'an passé mais cette année il fera la saison pleine.

Division Centrale.

C'est la division la plus intéressante et la plus déséquilibrée de la MLB. D'un côté, trois équipes qui ont gagné respectivement 100,98 et 97 victoires en 2015 et de l'autre des équipes qui afficheront certainement moins de 70 victoires cette année.

En tête depuis des années de la division, les Cardinals de Saint-Louis auront fort à faire. Ils ont perdu plusieurs joueurs clés (Lackey, Heyward partis aux Cubs) et le retour de Wainwright dans la rotation compensera en partie ces absences. Mais la force des Cards n'est pas tant dans les individualités que dans cette capacité à former un groupe cohérent et homogène redoutable. Il n'y a pas de vrai point faible à Saint-Louis mais les points forts le sont un peu moins qu'avant. Et surtout avec une concurrence relevée, les Cards pourraient perdre leur titre de division mais certainement pas manquer les playoffs.

Les maudits Cubs ont failli rentrer dans l'histoire. Alors que "Retour vers le futur II" les envoyait gagner une série mondiale, les joueurs de Chicago ont finalement échoué en finale de ligue contre les Mets. Mais en gagnant 23 matchs de plus qu'en 2014, les Cubs ont confirmé les attentes placées en eux. Avec un super manager (Joe Maddon), un groupe de jeunes joueurs talentueux (Kris Bryant rookie de l'année, Kyle Schwarber, Addison Russell,, Jorge Soler,Anthony Rizzo) qui est renforcé par de l'expérience (Ben Zobrist et John Lackey), la formation de Chicago est considérée comme la favorite sur le papier de la saison. Reste à confirmer mais les voyants sont au vert pour rompre une malédiction de 108 ans, qui sépare les Cubs de leur dernière victoire en Série mondiale.

Les Pirates de Pittsburgh seront toujours dans le coup. Toujours bien placés, un peu plus forts à chaque fois, ils échouent au premier tour des playoffs. Mais l'équipe est solide au monticule, en attaque et en relève. La perte de Pedro Alvarez n'est pas jugée importante car les Pirates avaient décidé de ne pas le garder à tout prix. L'arrivée tardive de David Freese doit compenser le poste faible au troisième but. Sinon, la saison de Pittsburgh devrait être bonne.

Passons rapidement sur les Brewers de Milwaukee et les Reds de Cincinnati qui ont échangé de nombreux joueurs pour repartir avec des espoirs et pour reconstruire. Les Reds ont un super joueur, Joey Votto, qui va se sentir bien peu soutenu sauf si les Jay Bruce et Billy Hamilton (58 buts volés en 2015) améliorent leurs performances au bâton. A Milwaukee, c'est Ryan Braun qui se sentira seul même si l'arrivée de Chris Carter devrait donner quelques circuits (pour le peu qu'il frappe en lieu sûr).

Division Ouest.

Changement de hiérarchie attendue dans l'Ouest. Les Dodgers de Los Angeles sont les grands perdants de l'intersaison alors que les Giants rappellent qu'ils sont en année paire.

Les Dodgers sont les grands perdants car ils ont perdu Zach Greinke, parti en Arizona. Du coup, Clayton Kershaw est plus isolé et il devra encore faire une saison de malade comme en 2014 pour qualifier son équipe. Ensuite, les Dodgers ont échoué à recruter : Iwakuma est resté aux Mariners et Aroldis Chapman n'est pas venu car les Dodgers s'inquiétaient de sa situation judiciaire. L'équipe a pourtant du talent sur le papier mais l'alchimie n'a pas trop fonctionné l'an passé en playoffs. Du coup, on a changé de manager et on mise sur le rookie Corey Seager pour porter une formation dont le moral est le gros point faible.

Les Giants, eux, ont fait leur marché chez les lanceurs : Johnny Cueto et Jeff Samardzjia sont arrivés avec de gros chèques pour compléter une des meilleures rotations des majeures. Tim Lincecum n'a pas été conservé. Sur le champ, pas de gros changement à part l'arrivée du rapide Denard Span de Washington. On compte sur la progression des jeunes comme Joe Panik ou Matt Duffy et on espère éviter les blessures qui ont finalement coûté cher aux Giants. Mais comme on est en année paire, San Francisco est un gros favori pour gagner la série mondiale, derrière Madison Bumgarner. Les Giants ont gagné en 2010,2012 et 2014.

Les Diamondbacks de l'Arizona sont attendus très très hauts. Leur attaque était déjà impressionnante derrière Paul Goldschmidt mais la blessure d'A.J. Pollock lors du dernier match de préparation est un énorme coup dur : il serait absent au moins jusqu'en août. Du coup, les autres devront compenser comme David Peralta ou bien le Cubain Yasmani Tomas, qu'on attend bien mieux que l'an passé. Au monticule, la banque a sauté en Arizona avec la signature de Zach Greinke (6 ans et 210 millions) chipé aux Dodgers. En plus, les Dbacks ont acquis par échange les services de Shelby Miller (excellent avec Atlanta l'an passé mais l'incurie offensive de son équipe lui a coûté 17 victoires pour 6 victoires seulement malgré d'excellentes performances). De quoi renforcer le secteur faible des Arizoniens. Sur le papier, les Dbacks sont attendus en playoffs mais on sait qu'une équipe, qui change massivement ses joueurs, réussit rarement d'entrée.

Les Padres de San Diego avaient échoué dans cette stratégie en 2015 : ils n'ont pas bougé, sauf pour échanger des joueurs contre des espoirs. Ils ne seront pas nuls mais comme chaque année, ils ne seront pas souvent mentionnés. Même chose pour les Rockies du Colorado : une attaque explosive emmenée par Arenado et Carlos Gonzalez (42 et 40 HR en 2015) mais l'altitude pèse aussi sur les performances de la rotation, une des pires des ligues majeures. Le Colorado est une de ces équipes qu'on aime voir pour le spectacle qu'elle fournit, pas pour les victoires.


Et les Indians ?

Je serai moins optimiste que l'an passé mais je resterai raisonnable. Les Indians ont les moyens de réussir quelque chose cette année. Mais les pièces ne s'assemblent pas au mieux à l'entame de la saison : en effet, le champ extérieur est privé de ses trois titulaires de la fin de saison dernière. Michael Brantley, le meilleur frappeur de l'équipe, se remet d'une opération à l'épaule et commencera la saison sur la liste des blessés. La bonne nouvelle vient du fait qu'on le retrouvera plus tôt que prévu : on craignait mai, voire juin comme date de retour, ce pourrait être au courant du mois d'avril. Lonnie Chisenhall, qui a fait une reconversion de poste aussi spectaculaire qu'efficace au champ droit au point d'avoir été le meilleur de la ligue là-bas, ratera aussi les premiers matchs par prudence. Enfin, Abraham Almonte, le titulaire au centre, a été pris par la patrouille et est suspendu pour 80 matchs après un contrôle antidopage positif.

Le Progressive Field de Cleveland a connu pas mal de travaux cet hiver. On a installé un nouvel écran de marque, qui est le plus grand des stades de la MLB.


Résultat ? Il a fallu chercher les remplaçants. Rajai Davis (ex-Detroit) est arrivé assez vite et sera titulaire une bonne partie de la saison après l'annonce de la suspension d'Almonte. A droite, Marlon Byrd a été signé tardivement : s'il maintient son niveau de puissance de ces dernières années (plus de 20 HR par saison), il pourrait combler la faiblesse des Indians, à savoir la puissance. Enfin le rookie Tyler Naquin a fait une si belle présaison qu'il se retrouve dans l'alignement titulaire, alors qu'il devait commencer la saison au niveau AAA.

Pour continuer sur les joueurs de champ, le troisième but a été comblé par l'arrivée du vétéran Juan Uribe. Meilleur frappeur que Giovani Urshela (qui est un meilleur défenseur), l'ancien joueur des Dodgers ou des White Sox doit apporter de la fiabilité en attaque. Même chose au premier but avec la signature de Mike Napoli. Il a été bon en présaison et il partagera le poste avec Carlos Santana (avec celui de frappeur désigné), qui sent le vent tourner contre lui. A l'intérieur, la défense est bonne. C'était d'ailleurs le gros progrès de l'équipe, qui fait partie des meilleures formations de la MLB. Avec Jason Kipnis de retour et l'entrée en fanfare de Francisco Lindor au shortstop, l'attaque et la défense ont gagné en solidité. Par contre, on attend une bonne saison du receveur Yan Gomes, décevant en 2015 ; sa fracture à la jambe lui a certainement coûté cher en terme de performances mais il a claqué 6 HR en présaison.

La force des Indians, outre une défense, c'est la rotation. Le trio Kluber-Carrasco-Salazar peut retirer 200 frappeurs chacun dans la saison. C'est un des meilleurs de la MLB et un des moins chers aussi ! Derrière, on a trois autres bons lanceurs partants : Cody Anderson et Josh Tomlin seront les partants 4 et 5. Quant à Trevor Bauer, et malgré sa bonne présaison, il commencera la saison en relève. Son inconstance sur la durée d'une saison ont poussé Terry Francona à le mettre en confiance de cette façon : ça a marché pour Carrasco et Tomlin, qui sont depuis bien meilleurs. Mais Bauer peut être aussi affiché comme un candidat à l'échange.

La relève est une des meilleures de la MLB, tout en restant discrète. Cory Allen restera le stoppeur numéro un devant Brian Shaw et Zach Mc Allister. La lutte pour le poste de gaucher a été serrée jusqu'au bout ainsi que pour les trois autres places. Mais globalement Cleveland a une bonne relève.

En faisant le bilan et l'analyse des Indians, la réussite de la saison dépend de plusieurs facteurs :

- Une attaque capable de performer et d'être puissante. Aucun joueur des Indians n'a frappé 20 HR l'an passé. L'absence de Brantley (et ses 45 doubles en 2015) est un gros défi surtout en début de saison.
- Réussir le mois d'avril. Depuis que Francona a pris les rênes de l'équipe, jamais les Indians n'ont eu un mois d'avril positif ni même à 50%. Or, ce retard pris, et parfois rattrapé en mai comme en 2013, s'avère décisif pour terminer la saison. Il faut bien commencer et l'absence de Brantley n'est pas un handicap facile à combler.
- Les lanceurs partants vont devoir supporter la saison. Ils en ont les moyens et les Indians ont de la réserve. La saison des Indians se joue d'abord sur le monticule.

La présaison a été meilleure que les années précédentes : 18 victoires et 12 défaites, surtout après que les premiers matchs n'aient pas été très bons en terme de résultat. Terry Francona et son équipe ont bien préparé la saison, en tenant compte de l'enjeu que présente ce fameux mois d'avril. Les partants ont l'air dans le coup et les releveurs aussi. Début de réponse à partir de lundi 4 avril vers 22h10 avec la venue de Boston et un super duel pour commencer la saison : Corey Kluber contre David Price, soit les vainqueurs du Cy Young 2014 et 2012.

Le calendrier de la saison des Indians. Particulièrement décevants à domicile en 2015 (39-41 contre 42-39 à l'extérieur), les Indians devront rendre le Progressive Field imprenables.

2 commentaires:

Gin Tonic a dit…

Pas encore cette année que les Yankees gagneront.

Tarswelder a dit…

Pour la gagne ce sera dur mais ils peuvent faire les playoffs comme l'an passé.