samedi 31 octobre 2015

Histoire insipide de la coupe du monde de rugby. France (et autres) 2007. Automne ennuyeux.

La sixième édition de la coupe du monde 2007 est loin de rester dans l'histoire. Organisée principalement par la France, elle se caractérise par un jeu souvent ennuyeux, à l'image des finalistes. Certes, l'archi-favori a pris la porte en quarts de finale mais c'est une édition assez triste, qui marque une évolution du rugby vers une ambition assez restrictive.




Les matchs de poule.

Il paraît que Bernard Laporte est un grand manager. Son palmarès en tournoi plaide pour ça mais son absence de pensée personnelle (à part pour son portefeuille) et une politisation débile ont desservi le quinze tricolore. Comment expliquer la lecture de la lettre qui Guy Môquet le matin du match d'ouverture, si ce n'est pour plaire à son président, qui se moque royalement du tugby ? Niveau psychologique, c'est zéro. En tout cas, la France se plombe le match d'ouverture contre l'Argentine (12-17). Les Pumas battent aussi l'Irlande (30-15) et les Bleus se qualifient en deuxième place en battant le quinze tréflé 25-3. Au passage, la France a battu ses records de points marqués en match contre la Namibie. La première place de l'Argentine marque l'émergence de cette équipe, isolée sur son continent.

Dans le groupe A, l'Afrique du Sud et l'Angleterre se qualifient mais la victoire des Sringboks sur les champions du monde est radicale  : 36-0.

L'Australie domine le groupe B sans problème mais la sensation, et sans doute le match du tournoi, est le dernier du groupe. Pour la deuxième place, les Fidjiens battent les Gallois 38-34 et voilà encore le poireau marron contre une équipe du Pacifique (pour une fois que ce ne sont pas les Samoa).

Enfin dans la poule C, la Nouvelle-Zélande inscrit 309 points en 4 matchs pour un score moyen de 77 à 9 ! L'Italie en prend 76, le Portugal (dont c'est la première apparition) 108, l'Ecosse perd 0-40 et la Roumanie 85. Un peu comme le Brésil de 1950 au football. C'est l'Ecosse qui termine deuxième après une courte victoire contre l'Italie 18-16.

Les phases finales.

No scrum, no win. Au stade Vélodrome, l'Australie a appris qu'elle devait exister avec une bonne mêlée. Et le revenant Wilkinson s'est chargé de châtier les fautes australiennes. Dans un match bloqué, l'Angleterre retrouve des couleurs et gagne la revanche de la finale de 2003 (12-10).

Et voilà le pays organisateur contraint de jouer son quart de finale à l'étranger. On ne donne pas beaucoup de chances aux Français contre les Blacks. Et le fait d'être menés 0-13 (et 3-13 à la pause) n'est pas réconfortant. Mais les Bleus foncés profitent d'une supériorité numérique pour revenir à 13-13 et de la négligence de l'arbitre sur une passe française, pour valider le deuxième essai des tricolores qui mènent 20-18. Mais au-delà de cette erreur d'arbitrage, les Blacks ont perdu par vanité, en recherchant l'affrontement physique, au lieu d'élargir ou de tenter un drop. Mais c'est ainsi. Pour la première fois, les Blacks sont éliminés avant les demi-finales.

Que dire d'Afrique du Sud-Fidji ? Que les insulaires se sont bien battus mais qu'ils sont tombés (20-37) contre plus forts qu'eux. Enfin le dernier quart de finale voit l'Argentine sortir l'Ecosse 19-13 à l'issue d'un match fermé.

Les demi-finales opposent les hémisphères entre eux. Une gaffe de Damien Traille coûte un essai d'entrée à la France contre l'Angleterre. Dans un match où Laporte a voulu jouer comme les Anglais, ce sont les Anglais qui l'emporte sur cet essai d'écart (14-9). La coupe du monde a été ratée, en dépit de l'exploit contre la Nouvelle-Zélande (et qui va encore masquer les insuffisances du jeu français).

Dans l'autre demi-finale, les Argentins ont voulu sortir de leur jeu restrictif et se sont faits punir par les Sud-Africains (37-13).

Pour la troisième place, l'Argentine châtie une France qui se décompose (34-10). Quant à la finale, elle a été d'une tristesse, comme l'Afrique du Sud et l'Angleterre savent nous les proposer. Dans un match décidé au pied, les Boks remportent un deuxième titre mondial (15-6). A noter que les deux équipes cumulent... un essai marqué pour 5 finales disputées. C'est dire.

3 commentaires:

Gin Tonic a dit…

Pas grand chose à retenir de cette édition.

En quart, les Blacks pèchent par vanité c'est vrai, mais en plus ils sont pas aidés par l'arbitre. Au delà de l'essai, camper dans les 22 français et ne pas avoir une seule pénalité...

Tarswelder a dit…

Ah bon ? L'arbitrage a été favorable aux Français ? Tu plaisantes j'espère ?

Gin Tonic a dit…

Oui bien sur....