samedi 17 octobre 2015

Histoire insipide de la Coupe du monde. Australie 2003. Le monde à l'envers (ou à l'endroit)

La cinquième édition de la Coupe du monde se déroule à l'automne 2003 en Australie. Elle se termine par la victoire de l'Angleterre, première -et seule- nation de l'hémisphère nord qui a décroché ce trophée.




Une nouvelle formule, qui n'a pas été changée depuis, est inaugurée lors de cette édition. Le problème vient du nombre d'équipes participantes (20), qui complique la désignation des quarts de finalistes (voir les barrages de 1999 où aucun des vainqueurs n'a atteint les demi-finales). Du coup, quatre poules de cinq sont constituées.

Chose étonnante aussi -et jamais observée pour la Coupe du monde de soccer- : le pays organisateur est aussi le tenant du titre, l'Australie.

Les poules.

Plus encore que lors des éditions précédentes, les écarts de niveau se traduisent par des cartons spectaculaires : ainsi l'Australie passe 142 points à la Namibie et 90 à la Roumanie. Mais la victoire des Wallabies dans cette poule A est des plus réduites contre l'Irlande (17-16) pour terminer en tête. Ces mêmes Irlandais terminent deuxièmes au profit d'une victoire similaire contre l'Argentine (16-15) lors de l'avant-dernière journée.

Dans la poule B, la France se ballade littéralement dans un groupe faible : les Fidji en prennent 60, les Ecossais (deuxièmes du groupe) perdent 51-9, le Japon en prend aussi 51 et les Etats-Unis 41. Les Scottish arrachent la deuxième place lors du dernier match de la poule en battant les Fidji 22-20.

Dans la poule C, 6 des 10 matchs ont vu une équipe marquer au moins 40 points. Les Anglais terminent en beauté contre l'Uruguay (111-13). Mais c'est surtout la démonstration contre l'Afrique du Sud (succès 25-6) qui impressionne du côté de la rose. L'Afrique du Sud se contente de la deuxième place, sans histoire.

Enfin dans la poule D, les Blacks gagnent en marquant 70 points par match en moyenne mais le match de la compétition les opposent aux Gallois, qui les regardent dans les yeux. Au terme d'un match époustouflant, la Nouvelle-Zélande remporte la poule (53-44) contre les quinze poireauté.

Les phases finales.

Les quarts de finale n'ont pas réservé beaucoup de suspens. Les Anglais massent tranquillement les Gallois (28-17) et c'est la plus petite victoire de ces quarts : l'Australie gagne 33-16 contre l'Ecosse, la Nouvelle-Zélande 29-9 contre l'Afrique du Sud, qui s'est écroulée. Et la France maltraite l'Irlande 43-21 (avec un essai d'Harinordoquy impressionnant).

Les demi-finales opposent les nations du Nord et du Sud entre elles. Le samedi, les Australiens font prévaloir leurs qualités défensives et battent la Nouvelle-Zélande 22-10 (plus petit total de points marqués par les Blacks en coupe du monde depuis 1991). Le lendemain, la pluie noie la France et Michalak : le jeune ouvreur rate ses tirs et les Anglais épuisent les Français à coups de packs, de pénalités et de drops de Jonny Wilkinson, qui casse littéralement le rugby français (ça prendra l'idée à The door de copier le jeu anglais et d'insister uniquement sur le bourrinage).

Les Blacks terminent troisièmes de la compétition : ils surclassent la France 40-13. La finale, elle, est une course : les Australiens marquent les premiers mais les Anglais mènent 14-5 à la pause.  Les Wallabies arrivent à égaliser et on atteint la prolongation.Et à ce jeu, Wilkinson assassine l'Australie par un drop à la dernière minute du match. Pour la première fois, le pays organisateur perd en finale.

L'Angleterre remporte la coupe du monde par un jeu très physique mais très difficile à contrer (il faut voir comment elle a battu les Blacks en tournée) mais c'est aussi le début des pépins de Wilkinson, qui enchaînera dans les années suivantes les blessures.

6 commentaires:

Gin Tonic a dit…

La Coupe du Monde de Wilkinson. Et d'un gros pack.
Pas forcément très beau à voir, mais efficace.

On pourra toujours se demander ce qui ce serait passé avec d'autres conditions de jeu lors de la demi-finale.

Tarswelder a dit…

C'est clair. Après l'équipe de 1995, l'EDF de 2003 était de celles qui avaient les meilleures chances de gagner.

Après, les Anglais avaient gagné leur tournée en NZ et rien que ça montre qu'ils étaient forts.

Gin Tonic a dit…

Qualités rugbystiques mises à part, je pense qu'elle avait même de meilleurs chances que celle de 95.
Il n'y avait pas "l'histoire" à vaincre.
Mais, c'est vrai que les Anglais étaient forts.

Gin Tonic a dit…

Et qu'est ce que ce Brive-Toulon peut être chiant à voir !

Tarswelder a dit…

Après les Anglais avaient gagné le GC, gagné en NZ et en Australie. Et pendant que nous ramions pour les battre en amical, on en prenait 40 au match retour.

Et je repense à cet extra-terrestre qu'était Jason Robinson dans cette équipe !

Anonyme a dit…

http://www.lequipe.fr/Rugby/Actualites/L-ancien-entraineur-des-all-blacks-graham-henry-afflige-par-un-top-14-ridicule/599979

http://www.lequipe.fr/Rugby/Actualites/Xv-de-france-le-bilan-de-philippe-saint-andre-en-chiffres/599876