samedi 3 octobre 2015

Histoire insipide de la coupe du monde de rugby. Europe 1999. L'Australie bis

Huit ans après sa victoire à Twickenham, l'Australie l'emporte à Cardiff au Millenium. C'est la première équipe à gagner deux coupes du monde. Cette édition 1999 est marquée par un exploit incroyable et des records improbables.




Le Pays de Galles a donc changé de stade. L'Arm's Park a rendu les armes et le Millenium s'ouvre au millénaire. La nouveauté de ce stade est de se doter d'un toit rétractable. Et puis, on est loin de l'ancienne ambiance, celle du match des Barbarians contre les Blacks en 1973.


L'édition 1999 accueille de nouveaux venus : l'Espagne, l'Uruguay et la Namibie. C'est aussi la première édition à accueillir 20 équipes, réparties en 5 poules de 4. La formule sera suffisamment foireuse pour qu'on ne l'expérimente pas une autre fois.

D'ailleurs, dans le groupe A, l'Uruguay dispute et gagne son premier match contre l'Espagne ; c'est aussi le seul succès de l'équipe rioplatense. Autrement, l'Afrique du Sud, championne du monde, et l'Ecosse passent tranquillement : les premiers battent les seconds 46-29 et terminent en tête du groupe.

Dans le groupe B, la Nouvelle-Zélande écarte l'Angleterre et termine première devant l'équipe rosée. D'ailleurs, la dernière journée de la poule est marquée par une performance : Anglais et Néo-zélandais marquent 101 chacun (au Tonga et à l'Italie, qui n'en rendent que 10 et 3 respectivement). Dur dur pour la Squadra, qui intègre quelques mois plus tard le tournoi des Six nations, avec 3 défaites à la clé.

La France avait un boulevard dans le groupe C. Le Canada, les Fidji et la Namibie ne sont pas des adversaires suffisamment solides pour inquiéter les tricolores. Mais en dépit des trois victoires, la manière n'y est pas (en tout cas l'écart). Pour la deuxième fois de leur histoire, les Fidjiens accèdent aux quarts de finale, en battant le Canada 38-22 lors de la journée 2 (et en ne perdant que 19-28 à Toulouse contre la France)

Enfin dans le groupe D, les Gallois battent l'Argentine 23-18 dans le match d'ouverture du tournoi. Ils s'assurent de la première place : les Pumas décrochent la seconde à la faveur de leur victoire contre les Samoa. Et pourtant, ces derniers battent les Gallois 38-31 lors de la troisième journée. Les Gallois étaient assurés de se qualifier mais encore une fois, les insulaires du Pacifique les ont malmenés (après la défaite historique de 1991).

Dans la poule E, l'Australie et l'Irlande sont passés sans encombre. La victoire 23 à 3 donne aux Australiens une première place attendue : ils n'ont concédé qu'un seul essai en trois matchs (aux Etats-Unis).

L'heure des barrages

La réforme des poules a entraîné une inégalité flagrante : si les premiers de groupe étaient qualifiés, on retenait aussi les deuxième et le meilleur troisième pour des matchs de barrage, des sortes de huitièmes de finale.

Ainsi, les Samoa, troisième de la poule D, se qualifiaient.

Dans ces matchs, l'Angleterre a largement battu les Fidji (45-24), l'Ecosse en fait autant avec les Samoa (35-20). Par contre, la victoire de l'Argentine contre l'Irlande (28-24) est une petite surprise. 

Les phases finales.

Comme on pouvait le craindre, les barragistes ont payé le prix de leur effort.

Dans le seul match des vainqueurs de groupe, l'Australie a massé le Pays de Galles (24-9). La Nouvelle-Zélande bat l'Ecosse 30-18, la France montre enfin des signes de réveil en battant l'Argentine nettement par 47 à 26. Enfin, le match Afrique du Sud-Angleterre entre dans l'histoire. Jamie De Beer réussit 5 drops et les Springboks s'imposent par 44 à 21.

Les demi-finales présentent deux scénarii opposés : entre l'Australie et l'Afrique du Sud, on a un duel de buteurs. La stratégie du drop ne marche pas cette fois contre les Wallabies, qui s'imposent par 27 à 21.

Enfin l'autre demi-finale entre dans l'histoire du sport français. J'ai déjà pondu un article dessus, il y a plusieurs années, et la France plante 33 points en 30 minutes (donc 26 points en 20 minutes) aux Blacks et derrière un Lamaison en état de grâce, les Bleus explosent les vice-champions du monde 44-30.


Les Blacks, traumatisés, ne font pas grand-chose dans le match de classement, assez ennuyeux. Encore une histoire de drops (2 pour l'arrière Montgomery) fait basculer la victoire chez les champions du monde 1995, pour la revanche de la finale précédente.

En finale, la France tient un peu plus longtemps qu'une mi-temps, avant de flancher contre l'Australie. La victoire wallabie, par 35 à 12, est la plus large constatée en finale. Les Bleus n'avaient plus rien dans les corps et dans les esprits (il suffit de les entendre chanter "on est presque champions" au pied de la tour Eiffel à leur retour). En même temps que l'Australie est la première équipe à gagner deux coupes du monde, la France est la première équipe à perdre deux finales.



3 commentaires:

Gin Tonic a dit…

Depuis, la France a amélioré son record de finales perdues...

A part la demie bien sur, les 5 drops de De Beer est l'image que je garde de cette Coupe du Monde.

Tarswelder a dit…

D'une manière générale, les Coupes du monde européennes sont pourries et la météo n'arrange pas vraiment ça !

Gin Tonic a dit…

Cette année, la météo nous fout la paix. En tout cas, pour l'instant.