mercredi 2 septembre 2015

Histoire de la Coupe du monde de rugby. Australie/Nouvelle-Zélande 1987. Un seul maître au monde


 Le rugby a longtemps voulu rester purement amateur. C’est pour cette raison que la création d’une compétition mondiale a été repoussée. Finalement, après des années de discussion, la Coupe du monde de rugby naît en 1987. La compétition devient alors le centre de gravité d’un sport qui va se transformer de fond en comble, à partir de cet événement. Et devenir une véritable obsession française aussi.
    





Le contexte.

C’est finalement en 1985 que l’IRB décide de créer une compétition internationale. Face à l’opposition des nations britanniques, l’idée française reçoit l’appui de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et même de l’Afrique du Sud –qui est écartée des tournées en raison des sanctions sportives contre le régime de l’Apartheid-. C’est en juin 1987 que la première coupe du monde se tient, sur invitation uniquement.

Tout le monde est là sauf, on l’a dit, l’Afrique du Sud. Seize nations se répartissent en quatre groupes de quatre. Les deux premiers se qualifient pour les quarts de finale et la finale se jouera à l’Eden Park d’Auckland.

Les favoris sont incontestablement l’Australie et la Nouvelle-Zélande, qui jouent chez eux. Les premiers ont vu leur équipe nationale émerger au début des années 1980 et ils ont battu les Blacks dans la Bledisloe Cup 1986. Les seconds sont toujours la référence du rugby. Les Européens font figure d’outsiders : même la France, qui a remporté le Grand Chelem, est au deuxième rang, même si une demi-finale est dans le viseur.

La compétition.

Soyons clair, c’est la Nouvelle-Zélande qui organise l’essentiel du tournoi : à part le groupe de l’Australie, les autres se jouent chez eux.

Dans le groupe A, l’Australie s’assure de la première place en battant d’entrée les Anglais (19-6). Ensuite, les deux nations s’imposent facilement contre les Etats-Unis et le Japon (malgré un 42-33 étonnant entre les Wallabies et ces derniers).

Dans le groupe B, le match décisif se dispute aussi dès le premier match : l’Irlande et le Pays de Galles s’affrontent, à l’avantage des seconds (13-6). Le Canada et le Tonga ferment le ban.

Le match d’ouverture se dispute pour le compte du groupe C, le 22 mai 1987. Il oppose la Nouvelle-Zélande à l’Italie. Au-delà du score écrasant des Blacks (70-6), on retient l’essai de 90 mètres de John Kirwan, qui lance la compétition. 




Ce groupe réserve néanmoins une surprise : car entre l’Italie, l’Argentine et les Fidji, ce sont ces derniers qui passent et qui créent la surprise générale. Les insulaires battent l’Argentine 28-9 et les Pumas battent l’Italie 25-16. La victoire italienne contre les Fidji (18-15) n’est pas suffisante : en effet, en cas d’égalité, c’est la différence de points entre les équipes qui fait la différence et les Fidji l’emportent. C’est la sensation du tournoi.

Enfin le groupe D oppose la France, l’Ecosse, le Zimbabwe et la Roumanie. Le match franco-écossais est encore un de ces matchs surprenants où les Français arrachent le match nul (20-20), notamment avec un essai de Blanco qui échappe à la caméra et un autre de Lagisquet que la vidéo aurait validé. La différence aux essais marqués (3 contre 2) étant à l’avantage des Bleus, ils finissent premiers car les deux nations battent largement les Roumains et les Zimbabwéens. Contre ces derniers, la France bat son record de points en match (70) et Didier Cambérabéro établit un record de points personnel qui n’est toujours pas battu (30).



Les phases finales.

Malheur au vaincu. Le deuxième de la poule D devait affronter la Nouvelle-Zélande et l’Ecosse tombe largement contre des Blacks irrésistibles (30 à 3).
Le lendemain, l’Australie écarte nettement l’Irlande (33-15). Elle affronte la France qui écarte les Fidji sur un score flatteur (31-16) : contre ces magiciens du ballon, les Bleus ont souffert et ils s’en sont remis à leur pack, emmené par un Laurent Rodriguez surpuissant. Et encore ! Les Fidjiens n’ont pas de buteur et ils ont gâché bêtement un essai.

Enfin le dernier match est qualifié de pire de la compétition : les Gallois battent les Anglais 16 à 3.

Les demi-finales sont presque celles attendues même si la présence des Gallois n’a rien d’une surprise. La légende de la Coupe du monde ouvre son livre le 13 juin 1987 lors de la confrontation entre l’Australie et la France. Malmenés par les Wallabies mais surtout par l’arbitrage (qui va donner des pénalités généreuses et refuser un essai aux Français en première mi-temps), les Bleus sont menés 0-9. Mais l’essai de Lorieux ramène les siens dans la partie avant la mi-temps. Ensuite, la deuxième mi-temps est une course-poursuite entre les deux équipes, avec des essais remarquables (bon, si on oublie l’essai discutable des Australiens). Le score est de 24-24 alors que les arrêts de jeu se profilent.  La suite est évidemment bien connue…




Le lendemain, les Néo-zélandais écrasent le pays de Galles 45 à 6. Sans pitiée.
L’Australie ne s’est pas remise de sa défaite contre la France et elle s’incline 21-22 contre les Gallois pour le match de la 3è place.

Quant aux Blacks, ils dominent largement (29-9) la France en finale. Les Bleus étaient rincés par une demie éprouvante et, sans doute, se sont-ils contentés d’avoir battus les Wallabies chez eux. Mais la différence réelle était déjà bien grande. David Kirk peut soulever pour la première fois la coupe William Webb Ellis. La Nouvelle-Zélande est sur le toit du monde, sans contestation aucune. Ce qui paraît incroyable c’est qu’il faudra 24 ans et une nouvelle compétition chez elle pour qu’elle remporte une autre coupe, alors qu’elle est presque systématiquement la grande favorite.




9 commentaires:

Gin Tonic a dit…

Coté français, on est pas près de revoir un essai comme ça....

Les Blacks avaient un super 3ème ligne aile, Jones, qui n'avait pas joué la finale pour raisons religieuses (c'était un dimanche).

Je voyais moi aussi les Blacks avoir signé un bail pour le titre. Faut dire que l'EDF, à défaut d'avoir gagné une Coupe, les aura bien emmerdés. Et on attendra ton article pour parler de 95.

Tarswelder a dit…

Je vais faire du politiquement incorrect pour 1995. Je n'ai jamais voulu voir Invictus.

Sinon Michael Jones était effectivement énorme. L'équipe d'Ecosse était aussi très belle avec John Jeffrey en 3è ligne. C'était une équipe qui a sacrément emmerdé la France dans les années 1980-1990. Murrayfield était imprenable avec Gavin Hastings.

Pour revenir à l'essai, ben oui c'était l'intuition et la folie (comme Lorieux percute Campese) et on cherchait à faire la passe avant le contact (voir l'essai de Lasgiquet).

Tarswelder a dit…

Lagisquet, le type qui a le même nom que l'entraineur des 3/4 de l'EDF.

Gin Tonic a dit…

Ben... je n'ai jamais vu Invictus non plus...

Gin Tonic a dit…

Probablement pour les mêmes raisons.

Tarswelder a dit…

Avant 1995 je vais dire du mal de l'édition 1991, c'est déjà ça !

Gin Tonic a dit…

Il y a de quoi dire !

Tarswelder a dit…

En 1987, c'était un arbitre écossais qui avait tenté de voler les Français. En 1991, c'est un Irlandais qui est complice et en 1995 c'est un Gallois. Etonnant non ?

Gin Tonic a dit…

Que des Celtes !
Mais qu'est ce qu'ils foutent les Anglais ???