samedi 4 avril 2015

MLB. La saison 2015 commence !


Dimanche 6 avril démarre la saison régulière de la MLB, par le match d’ouverture entre les Cardinals de Saint-Louis et les Cubs de Chicago. C’est l’occasion de dresser un rapide aperçu de la saison régulière.







L’intersaison a été assez mouvementée par ses transferts et ses contrats invraisemblables qui ont été signés : les Padres, les A’s, les deux équipes de Chicago, les Red Sox, les Astros ont été particulièrement actifs pour (re)construire des équipes compétitives. Dans le même temps, d’énormes contrats ont été signés : Giancarlo Stanton des Marlins de Miami a signé pour 325 millions de $ sur 15 ans, Max Scherzer quitte Detroit pour Washington et 210 millions sur 7 ans. Et puis les Cubains, qui risquent d’arriver encore plus en masse avec la normalisation des relations entre les Etats-Unis et Cuba, sont de plus en plus nombreux à signer des contrats jeunes. Bref tout change. Mais qui succèdera aux Giants de San Francisco ?

Ligue Nationale.

Division Est.

Avec l’arrivée de Scherzer, les Nationals de Washington sont largement favoris pour gagner la division. Ils disposent, sur le papier, de la meilleure rotation des majeures (qu’ils avaient déjà l’an passé) avec Scherzer-Strasburg-Zimmerman-Gonzalez-Fister. Leur point faible réside dans le manque de puissance en attaque : Bryce Harper peut changer de dimension mais ses appuis restent un peu incertains en raison de leur santé. Mais pas de souci pour les Nationals, étant donnée la concurrence.

Ensuite, les Mets de New York peuvent jouer leur carte pour décrocher, au moins leur wild-card. Ils récupèrent leur lanceur étoile Matt Harvey, absent en 2014. Ils signent le bon frappeur Mike Cuddyer. Mais la santé de ces deux joueurs, plus l’efficacité offensive de l’équipe sont des interrogations, surtout que la profondeur n’est pas importante. Certes, la rotation comptera aussi le rookie de l’année 2014, Jake De Grom, mais l’absence de l’autre espoir, Zac Wheeler (opération Tommy John qui l’écartera toute la saison), fragilise ce point fort. Mais l’équipe a des atouts.

Les Marlins de Miami ont accordé le plus gros contrat jamais signé à un sportif d’une ligue professionnel, au voltigeur Giancarlo Stanton. L’équipe tourne autour de lui, et de ce jeune trio de champ extérieur que Stanton forme avec Ozuna et Yelich. On a renforcé l’attaque avec de l’expérience (Prado et Morse). La rotation, elle, est intéressante mais elle attend le retour du rookie de l’année 2013, José Fernandez, qui reviendra en cours  de saison. C’est peut-être encore un peu juste pour les playoffs mais rien n’est exclu.

A Atlanta, les Braves ont fait le ménage. L’effondrement de la fin de la saison a incité les dirigeants à changer une bonne partie de leur équipe. Exit l’enfant du pays, Jayson Hayward, échangé à Saint-Louis. D’autres ont suivi comme Evan Gattis (Houston), Justin Upton (échangé à San Diego) mais son frère BJ (qui reprend son prénom de Melvin) reste car personne ne veut l’engager à son salaire. Les Braves misent sur leurs lanceurs mais je ne crois pas que cela suffira.

Enfin nous terminerons l’Est par les Phillies de Philadelphie. C’est le genre d’équipe qui ne peut pas vraiment reconstruire : personne ne veut des gros contrats car ils sont trop vieux, souvent blessés ou pas performants. Donc on ne peut pas les échanger pour des espoirs. La saison sera longue et sans espoir.

Division Centrale.

En ayant participé aux quatre dernières finales de la ligue nationale, les Cardinals de Saint-Louis sont un modèle de stabilité et de performance. L’équipe n’a pas de point faible structurelle : la rotation est très performante, la relève a été reconstruite mais elle est bonne, l’attaque est solide mais il faut plus de puissance et de vitesse. C’est la raison de la venue de Jayson Heyward. Difficile d’exclure les Cardinals des pronostics.

Les Pirates de Pittsburgh, eux aussi, sont régulièrement présents depuis plusieurs saisons. Le départ de Russell Martin pour son Canada natal est un coup dur mais l’équipe jouera encore les premiers rôles. La rotation est encore relativement jeune, l’attaque tourne autour d’Andrew McCutchen (MVP en 2013, 2ème en 2014). Tout semble aller mais les Pirates doivent franchir un cap.

Ce cap, les Cubs de Chicago se sont décidés à le franchir. Sous l’impulsion de Théo Epstein, ancien general manager des Red Sox, l’équipe a misé sur le marché des transferts pour renforcer une équipe prometteuse mais encore inexpérimentée et incomplète. John Lester débarque dans le nord de Chicago, tout comme le receveur Jesus Montero, le voltigeur Dexter Fowler ou le releveur venu des Cards Jason Motte. Beaucoup de gens voient les Cubs en playoffs, surtout qu’ils ont recruté l’ancien manager des Rays, Joe Maddon. L’équipe peut envisager de gagner la Série mondiale (qu’elle attend depuis 1908) mais pas cette année selon moi.

Les Reds de Cincinnati n’ont pas été épargnés par les problèmes en 2014 : le principal a été la blessure de leur base offensive, Joey Votto. Le Canadien sera de retour et on aura besoin de lui pour revigorer une attaque en berne l’année dernière. Je pense que les Reds feront fort s’il est de retour car ils ont du potentiel dans cette équipe.

Enfin les Brewers de Milwaukee restent sur une saison 2014 encourageante, même si l’équipe n’a pas été qualifiée pour les séries. Il manque à Milwaukee de la profondeur au monticule. On compte aussi sur un Ryan Braun plus inspiré, et plus en santé, sur le maintien du niveau du receveur Lucroy et sur l’amélioration de jeunes espoirs. Ce sera quand même dur dans une division qui n’est pas facile à déchiffrer.

Division Ouest.

Les Giants de San Francisco iront-ils enfin en playoffs en année impaire ? Les vainqueurs de la Série mondiale 2014 n’ont jamais confirmé après leurs victoires de 2010 et 2012. Cela risque d’être le cas en 2015. Pourquoi ? Parce qu’ils ont perdu Pablo Sandoval et qu’il n’a pas été remplacé d’une façon ou d’une autre. L’équipe manque singulièrement de puissance en attaque et même si le groupe de lanceurs n’a pas changé, il va falloir tout de même un peu de soutien offensif pour gagner 90 matchs. Ce sera compliqué selon moi.

Les Dodgers de Los Angeles ont le meilleur lanceur du monde : Clayton Kershaw, sauf en playoffs (où c’est le Giant Madison Bumgarner). MVP et Cy Young 2014, le gaucher des Dodgers sera encore la menace effrayante au monticule. La rotation est bonne mais pas assez profonde. La relève pose toujours des questions. Mais c’est sur le champ et en attaque que les Dodgers ont bougé : Jimmy Rollins a quitté Philadelphie pour jouer à l’arrêt-court. On est allé transiger aux Padres pour renforcer Yasmani Grandal et pour se débarrasser de Matt Kemp, trop cher et trop gourmand pour accepter un poste de remplaçant. Los Angeles est le favori de la division mais l’équipe ne franchit pas un cap en playoffs.

Une fois n’est pas coutume, les Padres de San Diego se sont signalés sur le marché des transferts hivernal, et pas pour vendre mais pour acheter. L’équipe se dote de James Shields (Kansas City), d’un champ extérieur tout neuf et prometteur (Kemp, Myers rookie de l’Américaine en 2013, et Justin Upton). Par contre, à l’intérieur, c’est plus suspect, notamment en attaque. Les Padres ont un groupe de bons lanceurs mais pour gagner des matchs, ils misent sur la puissance. Pourquoi pas ? Ils ont des ambitions légitimes pour aller en playoffs.

Les Diamondbacks de l’Arizona ont eu beaucoup de problèmes l’an passé : un début de saison calamiteux, la perte de leur frappeur Goldschmidt et de leur lanceur étoile Corbin. Ça fait beaucoup. L’équipe s’est un peu renforcée mais pas assez pour espérer briller dans cette division.

Enfin les Rockies du Colorado ont la pire rotation des majeures et une des meilleures attaques, lorsque les vedettes Tulowitzki et Carlos Gonzalez ne sont pas blessées. Mais comme les lanceurs ne sont pas bons, surtout dans un stade en altitude, on verra les matchs des Rockies pour voir des points, pas les victoires.

Ligue Américaine.

Division Est.

La division est assez ouverte. Aucune équipe ne se dégage vraiment.

Les Orioles de Baltimore sont allés en finale de ligue mais ils ont perdu deux joueurs importants : Nelson Cruz, le meilleur frappeur de HR, parti à Seattle, et Nick Markakis, parti à Atlanta. L’équipe a encore de la puissance en attaque mais la rotation me semble tout de même un peu fragile. Si elle répète la saison 2014, ça peut passer.

Les Red Sox de Boston ont animé le marché des transferts en signant Halney Ramirez (ex-Dodgers) et Pablo Sandoval (ex-Giants). L’impact du second n’a pas été si terrible par rapport au contrat qu’il a signé mais Boston mise sur une puissance offensive impressionnante. Au monticule, le recrutement a été décevant : les Red Sox espéraient faire revenir John Lester mais ils ont dû se contenter de quelques échanges et du retour de l’ancien Indien Justin Masterson. L’attaque leur fera gagner la division et si les Red Sox sont bien lunés, ils peuvent créer l’exploit de 2013 mais c’était déjà illusoire puisqu’ils ont fini derniers en 2014.

Les Blue Jays de Toronto ont de l’ambition. Ils ont constitué un trio de frappeurs impressionnants : outre Jose Bautista et Edwin Encarnacion, ils ont transigé avec Oakland pour récupérer Josh Donaldson au troisième but. Le trio a frappé 99 circuits en 2014. Plus l’expérience de Russell Martin, Toronto a une attaque spectaculaire. Mais le monticule est quand même moins rassurant : ils ont perdu leur numéro un Marcus Stroman, ils ont deux bons lanceurs mais vieillissants (Dickey et Buehrle). Au Canada on y croit, moi pas.

Les Yankees de New York n’ont pas été très actifs mais ils essayent d’améliorer une équipe plombée par les gros contrats et les joueurs vieillissants. Alex Rodriguez revient de sa suspension et il jouera frappeur désigné. C.C. Sabathia revient de blessure. Didi Gregorius a été acquis de l’Arizona pour combler le poste d’arrêt-court, laissé par la retraite de Derek Jeter. Si les vieux des Yankees évitent les blessures en étant un peu efficaces, si le Japonais Tanaka ne se blesse pas (le risque est grand), si la rotation est meilleure que prévue, alors New York évitera une nouvelle désillusion. Mais ça fait beaucoup de si.

Enfin les Rays de Tampa Bay ont perdu leur manager Joe Maddon, au profit de l’ancien coach des lanceurs des Indians Kevin Cash. On reconstruit même sur les espoirs mais les blessures plombent la rotation de partants. L’attaque, elle, est vraiment faible. A Tampa Bay, on parle plutôt de déménagement et de nouveau stade, qu’on refuse pour l’instant.

Division centrale.

Dominateurs depuis un paquet d’années, les Tigers de Detroit vont voir leur suprématie très contestée. Le départ de Max Scherzer est un coup dur et même si l’attaque s’est renforcée, il manque de la profondeur au monticule, en relève notamment. Detroit gagnera la division si Justin Verlander retrouve son niveau d’il y 3-4 saisons et si Miguel Cabrera et Victor Martinez restent en bonne santé. L’attaque des Tigers est une des meilleures de la MLB.

Finalistes de la Série mondiale et champions de la ligue américaine en titre, les Royals de Kansas City ont perdu gros cet hiver : James Shields est parti, Nori Aoki et Billy Butler aussi. Du coup, on mise sur la qualité de la défense, sur une rotation solide mais peu cotée, sur une relève exceptionnelle et sur une attaque qui devrait avancer si les joueurs sont plus constants. Il ne faut pas exclure les Royals des pronostics.

Les Indians sont les facteurs X de la division et j’en reparlerai après.

Les White Sox de Chicago ont animé le marché des transferts : ils recrutent Jeff Samardzjia au monticule, avec l’ancien releveur des Yankees David Robertson, Adam LaRoche au premier but. Ca fait pas mal, surtout que les Sox auront un excellent trio de lanceurs partants et un frappeur de choc avec José Abreu (rookie de l’année et 2ème au classement du MVP en 2014). Mais il manque clairement de la profondeur au monticule, la relève notamment. L’attaque mise sur 3 joueurs : Abreu, LaRoche et Melky Cabrera qui vient d’arriver. C’est trop peu à mon goût.

Enfin les Twins du Minnesota n’ont pas une bonne rotation. C’est rédhibitoire malgré une bonne attaque. Difficile de bien faire dans une division, qui sera une des attractions de la saison.

Division ouest.

Meilleure équipe de la ligue américaine en saison régulière, les Angels de Los Angeles se sont effondrés contre les Royals de Kansas City, en perdant plusieurs matchs en prolongation. La franchise californienne n’a pas beaucoup bougé cet hiver. L’équipe misera sur le meilleur joueur de champ au monde, Mike Trout (MVP en 2014) comme base de l’attaque. Albert Pujols, bien que déclinant, sera toujours un appui et on compte sur un retour de Josh Hamilton –qui échappe à une lourde suspension après avoir pris de la drogue pendant l’intersaison-. On se dit qu’il pourrait manquer quelque chose, surtout que les Mariners, eux, se sont renforcés.

Les Athletics d’Oakland n’ont pas fait dans la demi-mesure : après l’échec de la fin de saison, l’alignement a été chamboulé avec le départ de 7 des 9 titulaires en début de saison dernière. Et encore, les deux restants sont même absents pour le début de saison. Bienvenue à Billy Butler (Kansas City), Ben Zobrist (Tampa Bay), Ike Davis (New York) ou Brett Lawrie (Toronto). Quant aux lanceurs, ils n’ont pas trop changé : le cinq de partant restera le même et se renforcera des retours de Jarrod Parker et A.J. Griffin, absents la saison dernière. En relève, c’est l’ancien joueur de Washington, Tyler Clippard, qui débarque au poste de closer. Les A’s ont fait un gros pari et les changements de masse réussissent rarement ces dernières années, surtout qu’ils ont perdu leurs gros frappeurs.

Les Seattle Mariners apparaissent comme les favoris de la division. Ils ont encore ajouté de la puissance offensive cet hiver en recrutant Nelson Cruz (40 HR en 2014, le meilleur de la MLB). L’ancien joueur de Baltimore n’en frappera pas autant dans un stade favorable aux lanceurs, mais il aidera la cause de Robinson Cano, la star offensive de l’équipe. Sans compter Kyle Seager et même Mike Zunino (dont on attend qu’il frappe un peu plus souvent), les Mariners ont de quoi faire parler. Il reste que c’est le monticule qui reste le point fort de l’équipe. Felix Hernandez est un des cinq meilleurs lanceurs de la MLB et la rotation globale est excellente. La relève est aussi très solide et il va falloir frapper dur pour battre les Mariners. Incontestablement, l’équipe a le statut du début des années 2000, à savoir la capacité à gagner la division.

Les Astros de Houston ont réussi une bonne saison 2014 par rapport à leur effectif. Ils sont ambitieux et espèrent demeurer compétitifs en 2015. Avec le meilleur frappeur de la MLB en 2014, José Altuve (34.1% de moyenne) et quelques gros bâtons (Chris Carter, Evan Gattis, le jeune George Springer ou Colby Rasmus), on devrait avoir du spectacle. Mais la moyenne au bâton de l’équipe reste faible, en dépit d’Altuve. Au monticule, les choses vont mieux que prévu chez les partants mais c’est loin d’être une grosse assurance. La relève s’est renforcée mais il va manquer beaucoup de choses à Houston, notamment de la profondeur.

Terminons ce tour d’horizon par la plus mauvaise équipe de la MLB en 2014, les Rangers du Texas. Depuis son double échec en Série mondiale en 2010 et 2011, la franchise a décliné doucement. Mais l’an passé, les blessures en cascade ont décimé l’équipe, qui a procédé à des échanges massifs. On repart de zéro mais la saison est déjà compromise : en effet, Yu Darvish, le lanceur numéro un de l’équipe, a subi une opération Tommy John il y a un mois et ratera la saison. Sans profondeur chez les partants, c’est très difficile. Les Rangers espèrent que l’attaque procurera quelques victoires, pour éviter les 100 défaites : absent pendant la majeure partie de la saison, Prince Fielder semble de retour mais on attend qu’il retrouve sa puissance. L’exercice 2015 se résumera à un état des lieux de la situation avant d’espérer mieux après.

Et les Indians ?



Ce n’est pas une blague : les Indians sont vus très hauts cette année. A Sports Illustrated, on les voit battre les Nationals en série mondiale. A ESPN, ils reçoivent presque 50% des votes pour gagner la division, devant Detroit et Chicago. Mais comment expliquer ?

Tout d’abord, il faut revenir sur 2014. Avec une équipe affaiblie et remaniée constamment, les Indians ont réussi à gagner 85 matchs et à rester dans la course aux playoffs jusqu’au dernier week-end de la saison. Tout ça en ayant échangé leur lanceur numéro un (Masterson), leur arrêt-court (Cabrera), en ayant trois joueurs clés blessés/diminués/sous-performants (Kipnis, Swisher, Bourn). Terry Francona, le manager qui avait ramené la Série mondiale à Boston après 86 ans d’absence, est un génie : il a remodelé sa rotation, relancé des joueurs, refait sa relève et soutenu des joueurs en perdition en début de saison (Carlos Santana et Carlos Carrasco). Tout ça en ayant le meilleur lanceur de la saison (Corey Kluber vainqueur du Cy Young) et Michael Brantley, 3ème au classement du MVP. Bref, c’est un effort collectif qui a permis tout ça et malgré la nullité défensive de l’équipe (pire formation au nombre d’erreurs).
Alors bien entendu, on peut être optimiste. Les Indians n’ont pas été actifs sur le marché des transferts : ils ont signé Gavin Floyd mais l’ancien lanceur d’Atlanta s’est encore blessé et il ratera la saison. Ils ont échangé avec Oakland pour dénicher Brandon Moss : le gaucher était énorme en début de saison mais une blessure à la hanche a ralenti sa production à la fin. La présaison semble indiquer que ses pépins physiques sont dépassés. L’équipe de Cleveland a juste un énorme potentiel, dont on a du mal à cerner les limites. C’est pour ça qu’elle est appréciée très haute : ses progrès sont constants.


Terry Francona. Le manager des Indians a prolongé de deux saisons son contrat avec la franchise. C'est l'homme de la reconstruction. Vrai meneur d'hommes, il sait parfaitement optimiser l'effectif des Indians.


Voici à quoi devrait ressembler l’effectif qui va commencer la saison lundi à Houston :

Les frappeurs

1.Michael Bourn (Centre extérieur). Les pépins physiques ont ralenti Bourn depuis qu’il est à Cleveland. C’est loin des attentes qu’on a de lui, qui doit faire parler sa vitesse. Apparemment il va mieux mais je suis dubitatif.

2.Jose Ramirez (Arrêt-court). Son arrivée dans l’effectif en milieu de saison a permis de stabiliser la défense. Ramirez a une carte à jouer en attendant que l’espoir numéro un de la franchise ne soit rappelé : Francisco Lindor. Il doit frapper avec un peu plus de puissance s’il veut conserver son poste.

3.Michael Brantley (Extérieur gauche). C’est un modèle de progression, qui doit sa réussite à son travail acharné. Brantley n’est pas un joueur puissant mais il a frappé 20 HR et 43 doubles. Il est très efficace avec des coureurs devant lui. C’est le joueur d’équipe.

4.Carlos Santana (1er but ou frappeur désigné). Finalement muté au premier but, il est un des gros bras. Patient face aux tirs adverses, Santana est un joueur dangereux. Si la réussite lui sourit dès le début de la saison, ça peut faire très très mal.

5.Brandon Moss (extérieur droit, premier but ou frappeur désigné). La principale recrue hivernale est un joueur dangereux. Il peut claquer plus de 30 HR s’il n’a pas de pépins physiques. Un vrai plus pour une attaque parfois en rade.

6.Yan Gomes (receveur). Un des meilleurs à son poste, en attaque comme en défense. Le Brésilien a confirmé le bien qu’on pensait de lui. Il est un des rares droitiers dans l’alignement de gauchers. C’est un plus lorsqu’on sait que les Indians souffrent beaucoup contre les lanceurs gauchers.

7.Jason Kipnis (2ème  but). Un des bides de la saison dernière. Blessé, Kipnis a complètement perdu ses repères et ses qualités, qui avaient fait de lui un All-star en 2013. Les problèmes musculaires se sont résorbés, il nous doit une revanche. S’il retrouve son niveau d’il y a deux saisons, ça peut faire mal.

8.David Murphy (extérieur droit, frappeur désigné). Il occupera le poste de frappeur désigné en l’absence de Nick Swisher. Candidat à l’échange, Murphy doit rebondir après une saison 2014 décevante.

9.Lonnie Chisenhall (3ème  but). Le candidat par défaut au poste le plus faible en défense à Cleveland. Chisenhall avait bien démarré la saison mais la fin a été moins bonne. On a besoin de lui mais il ne sera titulaire que contre les lanceurs droitiers.

Les réservistes. Importants, surtout qu’ils sont principalement droitiers. Mike Aviles (joueur polyvalent et utile), Ryan Raburn (un joueur qui peut faire la différence contre les gauchers), Roberto Perez (la doublure de Gomes). A noter que Nick Swisher (qui doit finir son programme de réhabilitation) et Zach Walters (blessé) devraient rejoindre l’effectif un peu plus tard.

Les lanceurs partants.

1.Corey Kluber. Le vainqueur du Cy Young a explosé les compteurs en 2014. On attend aussi bien en 2015. Question : il n’a pas signé de prolongation (Il a signé une prolongation de 5 ans la nuit dernière).

2.Carlos Carrasco. Relancé par Francona après un début de saison catastrophique, il s’est révélé comme le meilleur lanceur des ligues majeures en septembre. Il avait été relégué en relève puis a saisi sa chance. Dominateur quand il est en forme, je crains son début de saison.

3.Trevor Bauer. Un des joueurs dont on attend beaucoup. Il progresse mais il doit franchir un cap cette saison.

4.Zach McAllister. Sa bonne présaison lui a permis de décrocher un poste de partant. Comme beaucoup de ses collègues à Cleveland, il n’est pas constant sur une saison.

5.T.J. House. Le seul gaucher du cinq de la rotation a été une révélation l’an passé. Prévu pour faire quelques départs, il a terminé la saison en prenant de l’assurance.

A revoir. Danny Salazar : muté dans les mineures après un match horrible en présaison. Il devrait arriver dès qu’un des partants se trouve en difficulté. Josh Tomlin : l’homme qui donne un circuit par match manquera la moitié de la saison en raison d’une blessure à l’épaule. Un peu comme Carrasco la saison dernière. On risque de ne le voir qu’en septembre.

La relève.

Closer. Cody Allen. S’est imposé à un poste où les précédents titulaires n’ont pas répondu présents. Il donne des gages de solidité mais tiendra-t-il le choc ?

Setups (lanceurs de 8è manche). Brian Shaw. Peu connu mais très solide, un lanceur utile pour conserver un avantage. Scott Atchison : le vétéran a eu une bonne saison.

Lanceurs de milieu et longue relève. Marc Rzepczynski, le spécialiste contre les gauchers est un homme de base de la relève. Nick Hagadone : l’autre releveur gaucher a progressé la saison dernière. Kyle Crockett. Encore un gaucher mais c’est une recrue qui sera à voir pour les années à venir. Austin Adams : débarqué dans les majeures cette année, Adams s’est taillé une place dans les 25 élus de l’effectif en début de saison. Anthony Swarzak : on le verra en longue relève. Invité au camp, il a été solide pour se tailler la place pour lancer 2-3 manches.

A voir. Les vétérans Bruce Chen et surtout Shaun Marcum. Il n’est pas encore décidé de leur maintien dans l’effectif. Chen ne devrait pas rester mais Marcum peut représenter une alternative, modeste certes.

 Personnellement, je pense que les Indians peuvent gagner la division. Après, imaginer ce qui se passe en playoffs me paraît exagéré. Mais il faut remplir plusieurs conditions :

- Réussir le mois d'avril. Les Indians n'aiment pas la fraîcheur mais prendre du retard sur les autres n'est pas une bonne idée : un 50% est déjà un bon résultat.

- Bien réussir contre les rivaux comme Detroit et Kansas City. En 2013, Cleveland avait pris un 4-15 contre Detroit mais fini à une victoire des Tigers.

- Que les partants soient constants. A part Kluber, personne ne me paraît vraiment capable d'avoir un haut niveau de performance sur la saison. Heureusement qu'une certaine profondeur peut aider.

- Que la défense progresse. Je n'attend pas d'avoir la meilleure de la MLB mais une défense qui évite de commettre trop d'erreurs et de mettre inutilement la pression sur les lanceurs -qui ont besoin de confiance-.

- Que les Moss, Santana, Gomes puissent bien frapper. Ils claquent au moins 20 HR par saison. Ils doivent mettre la pression sur les lanceurs adverses, en les obligeant à ne pas les zapper intentionnellement. Ce qui veut dire qu'il faut exploiter l'efficacité d'un Brantley pour le faire marquer.

- Que les gros salaires répondent à l'appel. Bourn et Swisher touchent plus de 14 millions cette année. On n'attend même pas des stats qui avaient justifié leur recrutement mais qu'ils soient assez bons pour aider l'équipe.

- Que le banc réponde à l'appel. Ca c'est possible : on a des joueurs polyvalents. Si Raburn échappe aux blessures comme l'an passé, il peut redevenir le meilleur remplaçant de la MLB comme en 2013.

Tout cela n'est pas impossible pour célébrer le centenaire du nom de la franchise. Et ce serait bien pour commémorer Al Rosen, décédé récemment, qui avait été un des piliers de la conquête de la Série mondiale de 1948.



2 commentaires:

Gin Tonic a dit…

Beaucoup trop de si pour les Yankees !

Ca va être intéressant pour les Indians.

Tarswelder a dit…

Tu diras, il y a des "si" aussi pour les Indians mais les 'si' sont moins conditionnels que les Yankees. On n'a pas besoin de toutes les conditions pour gagner.

Mais les Indians ont rénové leur stade, ils ont avancé certains matchs pour avoir plus de public.