dimanche 1 mars 2015

Mon XV bleu à moi

Je suis l'équipe de France de rugby depuis le début des années 1980. Autant dire un bail. Reprenant la chronique d'un journaliste gallois, qui avait composé sa plus belle équipe de France, je dessine à mon tour le meilleur XV que j'ai jamais vu jouer. Evidemment pas de Boniface, ni de Domenech, Prat, Mias, Gachassin, Darrouilh, Maso, Villepreux, ni les Spanghero, Astre, les frères Cambérabéro ou encore Alabaladéjo et j'en oublie. Mais le mien, je trouve n'est pas moche




Les avants

1. Christian Califano. Il y avait de la concurrence avec Ondarts (il jouait à gauche ou à droite), Garuet ou Marconnet mais je préfère un pilier d'une des meilleures équipes de France jamais vues : celle qui a tapé deux fois les Blacks chez eux.

T'as vu ma tronche ? Ben tu l'as vu aussi aux Blues !


2. Rafael Ibanez. Alors là aussi, entre Dubroca, Gonzalez et d'autres, le choix était aussi large mais l'actuel patron de l'UBB était quand même un gros monstre à son poste.

Moi aussi je sais faire le kamaté !


3. Peter De Villiers. Bien qu'il soit sud-africain d'origine et même impliqué dans une histoire un peu floue, il a été le meilleur pilier droit au monde au début des années 2000. N'en déplaise aux fans de Mas ou de Paparemborde

Moi je ne fais pas que pousser comme ce Languedocien traître de Mas, je sais aussi applaudir les percées d'Atonio !


4. Fabien Pelous. Difficile d'exclure le recordman de sélections en équipe de France, même si la fin a été moins brillante. C'était aussi un leader charismatique. Pas mon joueur favori mais les autres ne m'ont pas convaincu (sauf Lorieux contre l'Australie en 1987, monumental).

Le premier qui dit que j'aurai pu jouer Requin dans James Bond, je lui envoie un coup de mâchoire dans la tronche !


5.Abdelatif Benazzi. J'aurai pu le mettre en troisième ligne mais il y a déjà beaucoup de monde. Et Abdel a plutôt bien servi en deuxième ligne, où il n'était pas mauvais. A tous ceux qui crachent sur les étrangers qui sont en sélection, alors qu'on n'a pas les joueurs français pour, je rappelle qu'il est marocain, qu'il a été capitaine de l'équipe de France, qu'il était puissant, valeureux et qu'il a failli éliminer les sud-africains, si un malheureux pied de Saint-André et surtout la complaisance de l'arbitre gallois n'étaient pas passés par là.

Pascal Papé, ferme les yeux. T'as un joueur qui tient un ballon dans ses mains et qui ne le confond pas avec un parpaing !


6. Jean-Pierre Rives. Casque d'or n'était pas le joueur le plus brillant mais il était partout. On retiendra ce match mémorable à Auckland (il est au départ de deux des quatre essais français), celui où il se fait éclater l'arcade mais un leadership incontestable et une énergie sans pareille. Sinon, Eric Champ et éventuellement Dusautoir (que je trouve surestimé en raison de sa nullité en attaque) auraient été candidats.

Qui a eu l'idée de me peindre en rouge ? Ce n'est pas parce que je suis un artiste moderne qu'il faut balancer la peinture n'importe comment ! Et en plus, je suis sculpteur !

7. Olivier Magne. J'ai hésité avec Laurent Cabannes. Magne fait partie de ces troisièmes ligne hors du commun : dynamique, présent partout et doué avec un ballon, il est de ce genre de joueurs qui peuvent faire basculer des matchs (par exemple l'Ecosse en 1998) et qui apportent du talent à un poste essentiel dans l'attaque et dans la défense.

Je slalome, je raffûte et je marque. Oui oui, Thierry et Bernard, ça existe des joueurs de rugby !


8.Imanol Harinordoquy. J'aurai pu choisir le buffle Rodriguez mais j'ai choisi également un joueur polyvalent : mobile, agile et un bon bourrin comme on les aime. Joueur emblématique de l'ère Laporte, il est aussi le type du troisième ligne moderne (qu'on dit vraiment polyvalent).

Imanol 'Bruce Lee' ! Wazaaaaaa !


Les arrières.

9. Pierre Berbizier. Il peut y avoir débat. Les uns verront Galthié, 4 Coupes du monde mais 3 sans avoir été dans le groupe partant. J'aurai aimé qu'un Accoceberry ait une carrière plus longue. Mais j'ai vu assez peu Jérôme Gallion. Et surtout pas nos plaies du XXIè siècle, les demis de mêlée buteur. Sauf si Michalak était resté à la mêlée, ce qui devait être son meilleur poste.

Tu vois Morgan. Tout est dans la langue pour faire une bonne passe ! Elle doit être dans l'axe de la passe ! Et en plus, ça fait peur à l'adversaire qui implore la pitié (tout noir à droite) !


10.Christophe Lamaison. Plus encore que le poste à la mêlée, celui d'ouvreur est un terrain glissant en équipe de France. Aucun joueur n'a joué plus de 40 fois à ce poste, ni aucun buteur n'a marqué 400 points en match international. Le meilleur reste pour moi Titou Lamaison, auteur d'énormes performances : 18 points en 1997 contre l'Angleterre pour un Grand Chelem, 28 points en 1999 lors de la demi-finale de la coupe du monde contre les Blacks. Buteur hors norme, Lamaison dépasse des joueurs qui n'ont pas eu toujours leur chance durablement. Christophe Deylaud ou Didier Cambérabéro par exemple ou évidemment Thomas Castaignède (que je ne retiens pas pour cause de trop petit nombre de prestations), dont les blessures l'ont privé d'une carrière monumentale. Ces joueurs pouvaient aussi jouer au centre.

Ce jour-là, Titou 'The House' réalisa un Full House (question quintus, qu'est-ce qu'un Full House au rugby ?)


11.Patrice Lagisquet. Ses essais de sprinteur avec des crochets destructeurs. Quel ailier il était. Comment ne peut-il pas déprimer lorsqu'il voit Yohan Huget ? PSA était un deuxième choix comme Dominici.

Tu ne m'attraperas pas ! Je suis pas Huget !


12.Yannick Jauzion. A ce poste, j'aurai pu retenir Didier Codorniou mais j'ai assez peu de souvenirs du Narbonnais. Jauzion était le baromètre de l'attaque française des années 2000. Un joueur qui faisait jouer derrière. Quant à Sella, il en a épuisé des centres qui ne sont pas restés dans les mémoires ! Sauf Denis Charvet et pas très longtemps.

Luke (McAlister), je suis ton compère (à Toulouse) !


13.Philippe Sella. Faut-il en discuter ? Premier joueur à 100 sélections, surtout à un pareil poste, auteur d'un grand chelem.

Mathieu et Wesley, je vais vous révéler un secret : le type, qui a le même maillot et qui est tout seul à côté de vous, est un coéquipier. Vous pouvez faire un bon geste et lui donner le ballon.


14.Vincent Clerc. 34 essais ça se récompense mais j'ai longtemps hésité avec Philippe Bernat-Salles. Deux gabarits normaux mais deux finisseurs hors pair. Ceux à qui on peut faire confiance pour finir les actions et pas toujours faire la même chose.

Vous moquez pas de moi hein ? Parce que j'ai le maillot sale mais j'ai la coupe de cheveux impec !


15.Serge Blanco. What else ?  39 essais en équipe de France et 39 kilos de plus aujourd'hui. Jean-Luc Sadourny était le numéro deux.

Voyez comme j'étais svelte et élancé. Je taulais tout le monde à la course. Mais ça c'était avant !


Et vous ? Quel est votre XV type, celui dont vous avez vu tous les joueurs ?

16 commentaires:

Gin Tonic a dit…

Privilège (???) de l'age, je la suis depuis la fin des années 60. Et l'un des premiers souvenirs qui me revient c'est le pack de 76/77/78, absolument monstrueux notamment lors du grand chelem de 77. Pas forcément les meilleurs de l'histoire chacun à leur poste, ne faisant pas souvent dans la dentelle (c'est le moins qu'on puisse dire...) mais quelle puissance ! Il faisait peur à tout le monde. Le 5 de devant contenait le 8 adverse permettant à la 3ème ligne de se consacrer au jeu. On avait la même domination au niveau national avec le pack de Béziers de 71 à 84.

Pour en revenir au XV bleu:

Même 1ère ligne, après avoir hésité avec Paco au talon.
2ème ligne: Pelous (après avoir hésité avec Dauga) et Walter Spanghéro (il était quand même assez énorme).
3ème ligne: Rives (mais je suis d'accord que Champ aurait été aussi un très bon choix), Magne et Rodriguez justement pour son coté buffle.
Mélée: Astre pour ses qualités : vitesse, vision du jeu à qui on a trop souvent préféré Fouroux qui était mauvais pour ses qualités de meneur d'hommes. Gallion était un second choix.
10: Lamaison aussi.
Au centre: Maso: un prince de l'attaque qui n'a pas eu la carrière qu'il méritait parce qu'il ne plaisait pas à ces Messieurs du comité de sélection (on lui a même reproché ses cheveux trop longs !!...). Combien de fois son nom était scandé dans les tribunes devant les pitoyables prestations du duo Dourthe/Lux. Et Sella bien sur. Codorniou aurait aussi mérité sa place.
Aux ailes: Lagisquet et Bernat-Salles, mais Clerc est au même niveau.
Arrière: ma plus grosse hésitation. Blanco, 39 essais ou Villepreux qui a révolutionné le jeu d'arrière en étant le premier à venir s'intercaler dans la ligne de trois quart pour créer le surnombre (c'était l'époque ou on savait faire autre chose que foncer tête baissée dans le buffet du gars d'en face) et qui a été l'un des premiers avec le Black Don Clarke à tenter et réussir des pénalités de 50 mètres. EN plus avec les ballons en cuir bien lourds de l'époque. Je choisis Villepreux.

Et bien des joueurs que je n'ai pas vu jouer régulièrement "en direct": ceux que tu as cité mais aussi Dupuy, Danos, Crauste, Moncla, Martine, Vannier et bien d'autres.

Tarswelder a dit…

C'est vrai que le pack de la fin des années 1970, c'était un monument de poésie automnale : la saison des marrons était avancée.

Les problèmes des pardessus de Ferrasse et consort ont posé des problèmes pour constituer une équipe assez régulière. Et ça continue car la culture n'a toujours pas changé, même si les joueurs sont devenus professionnels.

Gin Tonic a dit…

J'étais au Parc pour la finale Béziers-USAP de 77. Ils venaient de faire le grand chelem et j'ai le souvenir d'une action (hors caméras pour avoir revu le match bien après) ou Palmié fait un détour loin du ballon juste pour mettre un pain à Imbernon qui est encore à terre !
Je sais pas ce qui a pu se passer avant et après sur les mêlées fermées...

Gin Tonic a dit…

Sur les mêlées ouvertes non plus d'ailleurs...

L'époque des gros pardessus à la fédé a été un grand moment !

Tarswelder a dit…

Ce qui se passe dans les mêlées reste dans les mêlées ! C'est pour ça que c'est impossible à arbitrer objectivement, surtout à l'époque je pense.

Les avants biterrois étaient plus connus pour leur côté tontons flingueurs (Vaquerin au propre comme au figuré= que pour leur côté artiste ! Ils en ont bien joué.

Gin Tonic a dit…

A l'époque, l'arbitre laissait un peu faire. C'est en tout cas l'impression que j'en retiens.
Le pack biterrois c'était: Vaquerin (et son frère), Martin, Hortoland, Paco, Estève (la bête de Béziers !), Senal, Palmié, Buonomo, Saisset et j'en oublie !
Ils faisaient pas qu'en jouer !

Tarswelder a dit…

Papé aurait été un poète à côté ! Champ et Ondarts n'étaient pas mal non plus paraît-il !

Gin Tonic a dit…

Comme d'hab, l'USAP éclate son adversaire à Aimé Giral !
Faudrait vraiment se mettre à gagner à l'extérieur.

Sinon, le pack de Toulon des années 70/80 était pas mal dans le genre avec les frères Herrero, Sappa, Hache (le bien nommé...), Gruarin, Champ, etc...

Tarswelder a dit…

Et les neuneus de Bègles en 1991 ! Ils auraient pu tous se faire expulser contre l'Angleterre !

Aloïs 06 a dit…

Étant dans une situation semblable à celle du PN, ma selection serait sensiblement la même. J'aurais quand même cité Betsen en 3ème ligne aile, Mis Gallion à la place de Berbizier et parlé de Patrick Esteve (j'adorais ce joueur). Je mets également une mention à Sébastien Chabal et Vincent Moscato qui, même s'ils n'étaient pas les meilleurs à leur poste, étaient de formidables catalyseur, capable de faire basculer un match sur une action.

Tarswelder a dit…

Moscato a terminé sa carrière internationale à sa 4è sélection, après la baston contre les Anglais. Comme les deux autres piliers de Bègles.

Estève était un formidable ailier mais il a gâché un essai !

Aloïs 06 a dit…

Je sais que Moscato n'a eu que 4 sélections, je lui ai mis une mention parce que ce gars en club étais capable de faire basculer un match sur une action. Esteve, j'avoue, je ne suis pas partial.

Tarswelder a dit…

Oui mais il faut lire l'article insipide. On parle des joueurs sous le maillot tricolore !

Aloïs 06 a dit…

Je l'ai lu, sinon comment j'aurais fait pour voir que tu avais omit de citer Serge Betsen et que tu avais osé mettre Berbizier devant Gallion ? De plus Moscato a porté le maillot de l'équipe de France, donc j'ai le droit de le citer.

Tarswelder a dit…

Franchement, Betsen est en-dessous des 3è ligne que j'ai cité.

Comme je l'ai dit, je n'ai connu qu'un tout petit peu la période Gallion, qui a été fâché avec Fauroux. Je me réfère aux matchs que j'ai vus, pas à ceux d'avant. Sinon, j'aurai cité Codorniou, Gallion voire Averous pour le match du 14 juillet 1979 ! Mais je ne l'ai pas vu en direct.

Donne ta sélection crédible. Moscato n'a rien fait en EDF. Tu as le droit de mettre Philippe Bérot, Guy Laporte, Chadebèque, Olivier Merle, Arnaud Costes, Yohan Huget, Rémi Talès et Poitrenaud aussi !

Gin Tonic a dit…

Patrick Estève avait un gros défaut: il jouait chez les Gavatxs....