jeudi 30 octobre 2014

Bumgarner, dans les étoiles, porte les Giants en Série Mondiale.

Il y a des jeux de mots foireux, qui pour une fois n'ont rien à voir avec un fleuve sud-américain. Mais force est de reconnaître que lorsqu'un lanceur est aussi écrasant que l'a été celui des Giants, Madison Bumgarner, on a le droit de faire des références. Et les Royals de Kansas City ne peuvent qu'en constater les dégâts avec amertume.

Quoiqu'il en soit, il a porté son équipe pour rafler sa 3è Série mondiale en 5 saisons, la 8è pour la franchise. La troisième aussi pour ce lancer âgé de 24 ans, plus jeune lanceur partant à avoir gagné un match de série mondiale.




Match 1. Bumgarner show épisode 1.

Les Royals de Kansas City ont l'avantage du terrain. Mais le match commence mal pour eux : James Shields, leur partant numéro un, confirme qu'il n'est pas solide en playoffs. Il accorde 3 points, dont un circuit à Hunter Pence, dès la première manche. Les problèmes qu'il accumulent en quatrième poussent son manager Ned Yost à le sortir mais c'est déjà 5-0 pour les Giants. En 7è manche, la marque passe à 7-0 pour San Francisco. Le coup de circuit de Salvador Perez réduit l'écart à 1-7 mais c'est le seul point des Royals qui s'incline sur cette marque.

Match 2. Et tout bascula en une manche (épisode 1 aussi).

Vainqueur des World Series avec les Red Sox de Boston l'année dernière, Jake Peavy a été transféré cet été aux Giants. Il affronte le lanceur rookie Yordani Ventura. Les clés du matchs sont l'efficacité des lanceurs partants chez les Royals (s'ils tiennent les Royals peuvent gagner) et celle de la relève des Giants (même chose).

Premier frappeur du match, Gregor Blanco envoie la longue balle pour les Giants (1-0) mais les Royals égalisent toujours dans la première manche, puis ils prennent l'avantage dans la deuxième (2-1). Un double de Belt égalise à 2-2 en quatrième. Le match bascule en sixième manche : Peavy est en difficulté et Bruce Bochy -le manager des Giants- a besoin de pas moins de 5 lanceurs pour terminer la manche. Pendant ce temps, les Royals ont inscrit 5 points, dont les deux derniers sur un coup de circuit d'Omar Infante. Les Royals égalisent dans la série par leur victoire 7 à 2.

Match 3. Les Royals s'accrochent.

A San Francisco, le propriétaire des Royals a acheté une centaine de billets pour ses employés et leur famille. Le duel oppose le vétéran, Tim Hudson, 39 ans. C'est le plus vieux lanceur partant de l'histoire des Séries mondiales. En face, pour les Royals, Jeremy Guthrie.

Les Royals prennent l'avantage dès la première manche contre Hudson. Un premier point est marqué. En sixième, Kansas City ajoute deux autres points pour mener 3-0. Mais dans la fin de la même manche, les Giants inscrivent deux points et reviennent à 2-3. La relève de Kansas City, considéré comme la meilleure de la MLB, tient le choc. Les Royals reprennent l'avantage du terrain et mènent la série 2 victoires à 1.

Match 4. Et tout bascula en une manche (épisode 2).

Le match 4 n'inquiète pas les Giants, même s'ils sont menés. Ils envoient au monticule l'expérimenté Ryan Vogelsong (Tim Lincecum blessé n'est apparu qu'une fois en relève). A Kansas City, Jason Vargas lui est opposé.

Comme ce sera le cas dans toute la série, le premier qui a marqué a gagné le match. Ce sont les Giants qui le font dès la première manche. Pourtant en troisième, les Royals prennent un avantage conséquent : ils malmènent Vogelsong, qui ne finit pas la manche, et marquent 4 fois. A leur passage suivant, les Giants réduisent le score à 2-4.

La cinquième manche signifie la fin de Jason Vargas : il est en difficulté et concède deux points. Il est remplacé alors qu'il n'a pas retiré un adversaire dans cette manche. La marque est alors de 4 à 4.

Comme je l'ai écrit plus haut, les Giants devaient attaquer durement la relève s'ils voulaient gagner les matchs serrés. C'est ce qu'ils ont fait dans les manches 6 et 7. Contre le rookie Brandon Finnegan, ils frappent durement en 6è manche : ils inscrivent 3 points pour mener 7-4. Limité à cause de l'utilisation rapide de ses releveurs (il en a utilisé 2 dans la 5è manche), Ned Yost laisse Finnegan sur la butte au début de la manche 7. Finnegan donne encore deux points et son successeur en donne deux autres. Le score final n'a pas changé : 11 à 4 pour les Giants qui égalisent.

Match 5. Bumgarner show (épisode 2). Quand il fait danser le Madison !

Le match 1 reproduit le duel du match 1 : Bumgarner contre Shields. Et le jeune lanceur des Giants est tout simplement énorme : il réalise un match complet, un blanchissage (0 point mérité) et n'accorde que 4 coups sûr aux Royals. C'est la première fois depuis 2003 qu'un lanceur partant réussit un blanchissage.

Les Giants ont pu marquer tranquillement : le shortstop Brandon Crawford produit 3 points. Un premier dans la manche 2, un autre en quatrième et un autre en huitième, juste après que le remplaçant Juan Perez ait produit deux points sur un double. Score final : 5-0 et les Giants reprennent l'avantage dans la série avant d'aller finir à Kansas City.

Match 6. Et tout bascula en une manche (épisode 3).

Dos au mur, les Royals n'ont pas une pression excessive pour autant ! En effet, Bumgarner ne sera pas partant lors des deux derniers matchs. Et puis l'histoire est avec eux : en 1985 - leur dernière apparition en playoffs avant cette année-, ils avaient remonté un déficit de 1-3 et ils ont gagné la série contre les Cardinals de Saint-Louis en gagnant les 3 dernières parties. La tâche était moins dure : il faut en gagner deux !

Et le duel du match 2 reprend entre Ventura et Peavy. Le match est rapidement plié : en deuxième manche, les Royals marquent 7 points et chassent Jake Peavy, qui a réalisé une série catastrophique. L'attaque des Giants est muette contre Ventura et sa relève. Un point en 3è, un autre en 7è et un dernier en 8è concluent le score par 10 à 0. C'est la plus large victoire depuis...  le match 7 de 1985 et la victoire des Royals contre les Cards 11 à 0 ! L'histoire repasse les plats !

Match 7. Bumgarner show en relève (épisode 3).

Bumgarner ne peut lancer que 50-60 tirs déclare Bruce Bochy. Deux jours de repos c'est peu mais si le score est serré, on le verra lancer.

Pour ce dernier match de la saison, le dernier match 7 en Série mondiale depuis l'excellent Cardinals-Rangers de 2011, Hudson et Guthrie se retrouvent.

Les Giants marquent deux fois en deuxième manche. Mais dans la même manche, les Royals égalisent. Craignant un effondrement de son partant, Bruce Bochy sort Hudson et le remplace par Jeremy Affeldt, qui est un excellent releveur en playoffs. On est à deux partout. En quatrième, Guthrie connaît encore des problèmes : Mike Morse frappe un simple et envoie Pablo "Kung Fu Panda" Sandoval (MVP de la Série mondiale 2012) marquer le troisième point. Ned Yost sort Guthrie et le remplace par Herrera mais c'est 3-2 pour les Giants.

Puis en cinquième manche, Bochy remplace Affeldt par Madison Bumgarner. La forme exceptionnelle du lanceur permet de conserver l'avantage : en cinq manches lancées, il ne donne que deux coups sûrs. Jamais les Royals n'ont l'occasion de marquer et les Giants remportent ce match 7.

Logiquement, Bumgarner est élu MVP : il a 2 victoires en 2 départs, 1 sauvetage et sa moyenne de points mérités est de 0.43 !!! Soit un seul point en 21 manches ! Ce qui est incroyable c'est que Bumgarner est fantastique dans l'ultime série : il a gagné ses 4 départs en série mondiale depuis 2010, plus son sauvetage et il n'a donné qu'un point en 36 manches ! Enfin durant ces playoffs, ses statistiques sont énormes : 4 victoires, 1 défaite en 6 départs. Un sauvetage et une moyenne de points mérités de 1,03 ! Ses adversaires n'ont réussi à frapper en lieu sûr qu'à 15,3% (2 fois sur 13 environ). Sur les 6 points mérités qu'il a accordés, trois l'ont été sur des circuits.

Les Giants ont aussi brisé le signe indien (pas des Indians je vous rassure). Pour la première fois depuis 1979 (Les Pirates de Pittsburgh) et après 9 échecs, l'équipe qui se déplaçait dans un match 7 a gagné. Et les Giants avaient eux-mêmes échoué en 2002 contre les Angels d'Anaheim ! D'ailleurs, la série Royals-Giants est la seconde après celle Angels-Giants qui a opposé deux équipes, qui se sont qualifiées pour la wild-card.

En tout cas, c'est bien dommage pour les Royals, qui ont certainement laissé passer leur chance de gagner le titre. Pour des petits marchés comme à Kansas City, la fenêtre de réussite est souvent serrée car l'équipe n'a pas les moyens de conserver l'essentiel de son effectif. Mais gageons que les Royals seront compétitifs l'année prochaine. Bon un peu moins que les Indians, qui jouent dans la même division, mais quand même. Sortir les Tigers ce serait pas mal !

Un trophée bien mérité pour Madison Bumgarner. Et encore, les statistiques lui ont donné le sauvetage du match 7 après lui avoir donné la victoire.

3 commentaires:

Gin Tonic a dit…

Maintenant, faudrait un doublé des équipes Giants !

Tarswelder a dit…

Au Japon, les Giants ne seront pas champions alors au foot US c'est encore plus mal parti !

Gin Tonic a dit…

C'est sur que ça serait une très grosse cote !