mercredi 3 septembre 2014

Histoire tarsienne de la coupe du monde de football. France 1998. Il paraît que les locaux ont gagné...

Pour le footix de base, comme pour le journaliste moyen et le sélectionneur basque, le monde est né en 1998. Oui, tout est arrivé, même des victoires improbables en apparence mais pas totalement imméritées non plus. 60 ans après avoir organisé le mondial, la France reçoit encore le privilège de participer à la coupe du monde, après deux absences. Malgré un stade sans âme, qui a bouffé la moitié des dépenses des travaux de rénovation des stades existants, mal géré, les Bleus ont même fini par gagner des matchs comme on les aime... maintenant !



Le contexte.

Rien de particulier si ce n'est l'extension du nombre d'équipes de 24 à 32. Finies ces troisièmes qualifiées n'importe comment : 8 poules qualifient deux équipes point final.

Tout le monde est là, même l'Angleterre mais ni la Russie, ni l'Uruguay, ni la Suède (3è en 1994) ni la République Tchèque (vice-championne d'Europe). Par contre, l'Afrique du Sud, la Jamaïque et le Japon font leur première apparition alors que le tirage au sort a inclus dans un même groupe les Etats-Unis et l'Iran.

Les phases de poule.

Des buts il va y en avoir au début. Le Brésil, champion du monde, commence la compétition par deux victoires mais perd contre la Norvège sur un pénalty. Vilipendé par la presse, l'arbitre qui a accordé cette sanction est sauvé par une caméra de télévision. Cette victoire qualifie les Nordiques aux dépens du Maroc et de de l'Ecosse

Dans le groupe B, Italie et Chili s'accrochent 2-2 dans un bon match et passent ensuite en battant l'Autriche et le Cameroun

Reversée dans le groupe C, la France s'impose 3 fois contre l'Afrique du Sud, l'Arabie Saoudite et le Danemark. Les paillassonneries de la future idole du peuple contre les Saoudiens ont failli coûter cher mais pas son ballon d'or. Les Danois finissent tranquillement deuxièmes.

Le groupe D envoie au tapis les deux nations européennes. La Bulgarie est vieillissante et l'Espagne se fait surprendre par le Nigéria, puis accrocher par le Paraguay, avec la complicité de son gardien de but (une tradition devenue séculaire en Espagne, qui tranche avec le prestige de Zamora). Vainqueurs des Européens, les Nigérians terminent premiers devant le Paraguay, qui se qualifient en les battant dans le dernier match.

Dans le groupe E, la Belgique est éliminée en faisant trois matchs nuls. Cela profite aux Pays-Bas et au Mexique, qui ont battu la Corée du Sud et annulé entre eux.

L'Allemagne domine le groupe F devant la Yougoslavie. L'événement est le match Etats-Unis Iran à Lyon. Le symbole est fort et l'Iran fait de sa victoire une gloire. Mais le match Allemagne-Yougoslavie introduit le hooliganisme dans la Coupe du monde, qui avait réussi à s'en préserver un peu. L'agression d'un CRS par deux voyous allemands marquent les opinions publiques française et germanique.

Dans le groupe G, la Roumanie et l'Angleterre se qualifient. Là aussi des incidents à Marseille suivent le match Angleterre-Tunisie. La victoire roumaine sur les Anglais a failli coûter cher aux trois lions mais ils se sont sauvés en battant la Colombie.

Terminons enfin par le groupe H. Argentine et Croatie passent : les Argentins font une belle prestation devant la Jamaïque. Le Japon termine dernier d'un groupe sans le moindre match nul.

Les matchs de la mort.

L'Italie se défait de la Norvège 1-0 comme en 1938. Comme en 1938, elle retrouve la France en quarts de finale mais les Bleus doivent à Laurent Blanc d'éviter de perdre aux tirs au but contre Chilavert et le Paraguay.

Le Brésil est sans pitié contre le Chili (4-1) et joue le Danemark en quarts, qui a pulvérisé le Nigéria sur le même score.

Encore une fois, le Mexique échoue contre l'Allemagne et pourtant il menait 1-0. Les Allemands marquent deux buts dans le dernier quart d'heure. La Croatie élimine la Roumanie sur un pénalty de Suker.

Enfin le dernier quart oppose les Pays-Bas, qui ont éliminé la Yougoslavie (2-1) dans les arrêts de jeu, à l'Argentine, qui a sorti l'Angleterre aux tirs au but.


Les quarts de finale commencent par une séance de tirs au but. L'Italie pensait bien faire subir le même sort à la France qu'en 1938 mais la Squadra perd encore dans l'exercice après un match sans but. On commence alors à voir des gens sortir de chez eux pour célébrer la victoire.

Le soir même le Brésil bat le Danemark 3-2 malgré un génie de geste défensif foireux de Roberto C(h)arlos, qui profite à Laudrup.

La revanche de la finale de 1978 est favorable aux Néerlandais, qui gagnent à la limite sur un exploit de Bergkamp mais la sensation vient de la déroute de l'Allemagne vieillissante contre la Croatie (0-3).


La demi-finale Brésil-Pays-Bas se joue aux tirs au but. Malgré une fantastique génération, les Bataves prolongent leur réputation de loser.

Enfin l'autre demi-finale est marquée par la bonté divine qui frappa Monsieur Pieds Carrés, le donneur de leçons de racisme, qui dénonce des comportements qu'il pratique (merci à Pieds Carrés Devant pour le lui avoir rappelé), après avoir été incapable de s'aligner en défense.

La Croatie truqueuse prend la troisième place.

Enfin la finale, on ne revient pas dessus. Trois buts, 2 coups de boule de la part d'un spécialiste et un troisième sur un contre. La victoire d'un football pragmatique, d'une équipe sans attaquant (5 buts marqués par des attaquants et aucun en matchs éliminatoires, 4 par des défenseurs et 5 par des milieux de terrain, plus un but contre son camp). Le problème de la victoire de Jacquet ? Les leçons qui en ont été tirées et le fait que Jacquet soit resté à la tête de la DTN. Pour y imposer une philosophie frileuse, physique, sans talent, qui pollue les esprits et le jeu français depuis 10 ans.

12 commentaires:

Gin Tonic a dit…

Pas grand chose à rajouter.
Le "désastre" hollandais une fois de plus.
Et une étoile qui aura surtout préparé une belle victoire à l'Euro 2000.
Pour le reste, de toute façon, tout a été dit.

Tarswelder a dit…

Sans compter les illusions qu'on a vite perdu en interprétant la victoire de façon politique.

Aloïs 06 a dit…

Le début de la fin pour le football Français !
Jurisprudence Jacquet oblige, les médias ne remettent plus en cause les entraineurs et leurs tactiques foireuses (Santini, "gros sourcils", Blanc...) mais rendent coupable les joueurs. kysna en est le parfait exemple. Les média n'en ont jamais cherché les causes, ils ont juste descendu les joueurs !

Tarswelder a dit…

Les joueurs sont les coupables parce qu'ils agissent. Pour le reste, c'est ce que je sous-entend clairement.

J'ai failli écrire comme titre, le début de la fin, mais comme il y a eu l'Euro 2000, qui a été plus abouti que la coupe 1998, c'était un peu dur.

Gin Tonic a dit…

A la limite on peut trouver comme excuse le QI de certains joueurs.

Sinon, oui pour la jurisprudence Jacquet.

Aloïs 06 a dit…

Les gonzes sont bon dans leur club donc je ne suis pas certain que remettre en cause leur QI foot soit justifié. De toute façon quand tu as le gros Menez ou bien Duluc, qui ont perdu 20 kg la dernière fois qu'ils ont tenté de faire une longueur de terrain , tu ne peut pas attendre autre chose qu'une analyse de pilier de bar. Nasri en est le parfait exemple. Aucuns entraineurs ni coéquipiers ne s'est jamais plein de son comportement ni de son implication et pourtant il se traine une sale réputation juste parce qu'il a demander à Duluc de fermer sa gueule !

Tarswelder a dit…

Un type comme Nasri sait que s'il dérape en Angleterre, il dégage. Le club est plus fort que le joueur alors qu'en France, c'est le contraire parce qu'on n'a pas de culture historique dans le football et qu'on ne peut pas faire peser l'histoire sur des comportements.

Pour moi, les problèmes du foot français viennent de cette inculture manifeste. Quand tu visites les musées des équipes, tu comprends tout. J'ai été à celui du Real madrilène et là, tu comprends que tu ne peux pas faire ton kéké comme dans ton médiocre club de ligue 1.

Gin Tonic a dit…

J'allais faire une réponse dans le sens de Tars. Il me semble qu'en France, Nasri ne s'était pas tenu autant à carreau qu'en Angleterre.

Pour le QI, quand on entend parler certains, on peut se poser la question....

Aloïs 06 a dit…

Je parle du QI foot. Les mecs sont performants dans leur club respectif, et dès qu'ils arrivent en équipe de France il sont mauvais ! C'est bien qu'il y a un problème au niveau de l'encadrement ! Même si cela est de moins en moins le cas ces derniers temps. Nasri n'avait pas mauvaise réputation à l'époque ou il jouait à l'OM ! Ce sont les médias (dont les deux piliers de bar cités plus haut) qui ont fait un amalgame avec Kysna. C'est depuis cette époque qu'il a mauvaise réputation alors qu'il n'était même pas dans les 23. Je pourrais aussi parler de M'Vila qui s'est fait descendre en flamme pour être sorti en boîte 3 jours avant un match! Comme si c'était le seul à le faire! Mais bon il faut bien trouver des coupables et comme la fédération refuse de se remettre en cause et que les médias leur lèche le cul, les coupables sont tout trouvés !

Tarswelder a dit…

Etant donnée la qualité de la formation des entraîneurs français, qui reste largement à désirer, à cause de Jacquet en grande partie, c'est évident qu'il y a un souci de compétence technique.

Mais Nasri s'est pourri tout seul sa carrière internationale, alors qu'il avait la porte grande ouverte. Il s'est cru intouchable et il a fait sa starlette.

Après, l'assimilation à Knysna relève du racisme ordinaire qui ressort de notre société, qui cherche des boucs-émissaires, et de préférence ceux qui n'étaient pas là.

Virer définitivement le neuneu bavarois, la pleureuse à gauche et 2-3 autres n'était pas possible. Le seul qui a assumé son geste est Toulalan, qui a refusé de revenir

Dans un tel contexte, c'est clair que ceux qui s'écartent du droit chemin paient le prix fort. Mais je rappelerais que Griezmann a été attrapé dans la virée nocturne. Il a été le seul à ne pas faire appel de sa suspension d'un an, et elle a été plus longue que les autres. Mais lui est en EDF, pas ses partenaires.

Il y a aussi une question d'intelligence, de maturité, de sens des responsabilités.

Je pense que personne n'est incontestable, sauf lorsqu'il démontre qu'il est incontestable. A ce titre, bien des joueurs ont failli dans leur prétention.

C'est là où il y a une claire défaillance dans le système de formation en France, qui cherche à gagner un maximum de fric en vendant les joueurs jeunes, sans leur donner le bagage culturel et intellectuel nécessaire.

Gin Tonic a dit…

Comme je ne suis plus le foot depuis pas mal d'années, j'avoue ne pas être au fait de tout.

Au delà de ce que dit Tars (et je suis assez d'accord), on a des joueurs qui sont des bons joueurs de club (mais parmi d'autres) qui se prennent pour des stars en EDF.

Alors, même si l'encadrement est loin de tout reproche, les joueurs ont toutes leurs responsabilités.

Et puis, faut pas comparer une situation en club et celle en sélection.
Je l'ai vécu à mon petit niveau, et il y a un gouffre.

Gin Tonic a dit…

Sinon, Montpellier est en train de cartonner Castres sévère.