vendredi 29 août 2014

Histoire tarsienne de la Coupe du monde de football. Etats-Unis 1994. Expérience américaine.

Le monde du football a un rêve, celui de s'exporter aux Etats-Unis. Après l'échec de la ligue professionnelle dans les années 1970, cela semblait bien difficile de s'imposer chez les Yankees. La Coupe du monde organisée en 1994 est le point de départ du décollage du football aux Etats-Unis, qui se porte bien aujourd'hui. Cette coupe du monde rappelle aux bons souvenirs l'existence d'une belle équipe brésilienne, même si elle gagna la pire finale jamais jouée.




Le contexte.

Organisée aux Etats-Unis, la difficulté était d'attirer le téléspectateur à regarder un sport confidentiel là-bas, sans même avoir un championnat pro de bon niveau. En plus, la cavale d'OJ Simpson n'a pas donné une médiatisation supplémentaire. Et même Bill Clinton ne s'est pas déplacé pour remettre la coupe au vainqueur : c'était Al Gore.

Bref, cette coupe du monde est un pari pour la FIFA. C'est aussi un désastre pour plusieurs équipes : la France, sabordée par une élimination grotesque contre Israël (ou comment se suicider en sortant le champagne à la mi-temps) et la Bulgarie. L'Angleterre aussi et toutes les nations du Royaume-Uni (une première depuis 1950). Et même la Céleste, qui ne brille plus depuis des lustres. Quant au Danemark, champion surprise de l'Euro 1992, il a également échoué.

Par contre, le parcours du Cameroun en 1990 a poussé la FIFA à donner un troisième ticket à l'Afrique. Enfin la Grèce, le Nigéria, l'Arabie Saoudite font leur première apparition comme la Russie et même l'Allemagne unifiée (même si elle s'appelle toujours RFA). La formule employée reprend celle de 1990, avant l'expansion logique à 32 en 1998.

Le premier tour.

Sans convaincre, les champions allemands passent le premier tour. L'équipe est vieillissante mais devance l'Espagne qui se qualifie aux dépens de la Corée du Sud et de la Bolivie.

Pas de problème non plus pour le Brésil : il domine la Russie et le Cameroun avant de s'assurer de la première place par un nul contre la Suède. La Russie inflige le carton du mondial au Cameroun (6-1) avec un quintuplé de Salenko (fait unique en coupe du monde). Mais les Lions indomptables ont lâché l'affaire à cause de la mallette de billets qui avait "disparu" en traversant l'Atlantique. Tous les 20 ans c'est pareil !

Dans le groupe A, la Roumanie fait sensation avec Hagi, sauf en explosant contre la Suisse (1-4). Elle devance la Suisse et même les Etats-Unis, qui se qualifient comme meilleurs troisièmes. La victoire des Américains contre la Colombie élimine un des gros outsiders du mondial (elle avait pulvérisé l'Argentine 5-0 à Buenos Aires), puis entraîné l'assassinat du capitaine Andres Escobar, coupable d'avoir malencontreusement marqué contre son camp.

Rappelé pour la bonne cause, Diego Maradona donne une dimension supérieure à l'Argentine : deux victoires convaincantes contre la Grèce et le Nigeria place les vice-champions du monde en position de favoris. Mais voilà, le regard de Maradona était trop suspect : contrôlé à la cocaïne (je crois), le capitaine et tricheur argentin est exclu. L'Argentine perd contre la Bulgarie, sans conséquence pour sa qualification, mais aussi son âme. Dans ce groupe, le Nigeria et la Bulgarie passent aussi. Les trois qualifiés ont 2 victoires, la Grèce a servi de faire valoir.

Dans le groupe F, les Bénéluxiens ont fait la loi : Hollandais et Belges passent. Mais l'Arabie Saoudite aussi, notamment avec ce but insensé d'Al Oweiran contre les Diables Rouges.

Enfin le groupe E est unique en son genre : les quatre équipes sont à égalité avec 1 victoire, 1 match nul et 1 défaite, le tout par un but d'écart à chaque fois. A ce jeu, la Norvège, qui n'a marqué qu'un but, sort de la compétition alors qu'Italie-Irlande s'est joué au Giant Stadium, pour un remake footballistique de l'histoire de l'immigration américaine. Avec ces deux pays, le Mexique se qualifie également.

Les phases finales.

En huitièmes de finale, le parcours de l'Argentine s'arrête contre Hagi et la Roumanie (2-3). La Suède écarte l'Arabie Saoudite (3-1) sur un doublé de Kennet Andersson. L'Espagne écarte la Suisse (3-0) et l'Allemagne a beaucoup de réussite (et de l'aide de l'arbitre) pour vaincre des Belges frustrés (3-2).

Les Pays-Bas ont plié l'affaire contre l'Eire en une mi-temps (2-0) en ce 4 juillet. Ce coup, fête d'indépendance, voit les Etats-Unis affronter le Brésil. Dominés, les Américains résistent encore et encore mais ils s'inclinent finalement 1-0.

Les deux derniers matchs se décident en temps supplémentaire. Baggio sauve l'Italie d'une défaite contre le Nigéria : il égalise à 2 minutes de la fin et marque en prolongation. Mexique-Bulgarie se joue aux tirs aux buts. Encore une fois, les Mexicains échouent dans l'exercice.

Les quarts de finale voient l'élimination surprise des Allemands contre la Bulgarie : les miraculés du Parc des Princes plantent deux buts en trois minutes pour renverser un match menés 1-0 par les Allemands à la pause. Autre qualifiée du groupe de la France, la Suède a eu besoin des tirs aux buts pour éliminer la Roumanie, après un bon match.

Enfin Italie-Espagne se finit dans la bagarre : les Baggio marquent et les expulsions tombent aussi (Je crois que c'est Tassotti qui prend 9 matchs). Il reste que le match du mondial reste Brésil-Pays-Bas. 0-0 à la pause mais une deuxième mi-temps incroyable avec 5 buts dont 3 pour le Brésil, où Bebeto popularise la célébration en pouponnière. Une vraie révolution intellectuelle. Le FIFA 95 qui sort, est à ce titre une révolution dans le jeu vidéo.

En demi-finales, le Brésil sort la Suède 1-0. Et c'est encore Baggio qui marque les deux premiers buts du match pour permettre à la Squadra de gagner 2-1 contre la Bulgarie. Pas mal de se ridiculiser contre les 3è et 4è du  mondial.

La Suède, plus motivée et moins fatiguée, a facilement raison de la Bulgarie de Stoichkov, qui ne finira pas seul meilleur buteur (6 buts avec Salenko).

La finale, commentée d'une manière insipide par Cantona, est ennuyeuse. Un poteau sauve Pagliuca mais pour la première fois, il n'y a pas de but et la finale se jouera aux tirs aux buts. Le remake de 1970 accouche d'une souris. Alors que Baresi a déjà manqué son tir, Baggio envoie le sien dans les airs. Le Brésil remporte sa 4è coupe du monde. Mérité mais pas pour la finale.


6 commentaires:

Gin Tonic a dit…

Si je me rappelle bien, c'est à cette coupe du monde qu'il y avait un Mexicain qui, pour dribbler, faisait un saut de kangourou avec le ballon coincé entre les deux pieds. Et ça avait marché plusieurs fois.

Un beau parcours de la Bulgarie, du grand Baggio malgré son péno loupé en finale, finale d'ailleurs complètement pourrie. Sans doute la plus laide de l'histoire.

La 2ème mi-temps de Brésil-Pays Bas: magnifique.

Et le regard halluciné de Maradona à la caméra ! Cocaïne en effet je crois.

Tarswelder a dit…

Je croyais que c'était plus tard mais ça ne m'a pas beaucoup marqué.

Une finale jouée en plein après-midi sous la chaleur, c'est pas pratique. Mais vraiment pourrie et la seule sans but.

Gin Tonic a dit…

Je sais qu'il a joué 2 tournois, donc il l'a peut être refait en 98.
Mais je suis presque sur pour 94.

Gin Tonic a dit…

Suis allé voir: tu as raison, il s'agit de Cuauhtémoc Blanco et c'était en 98. Et il l'a refait en 2002.
Et il a joué un 3ème tournoi en 2010.

Tarswelder a dit…

C'est pas lui qui débordait les doigts dans le nez le "meilleur arrière du championnat anglais" lors de Mexique-France en 2010 ?

Gin Tonic a dit…

C'est possible, mais comme j'ai boycotté 2010, je peux pas te dire.