lundi 25 août 2014

Histoire tarsienne de la Coupe du monde de football. Italie 1990. Une des pires.

Oui la Coupe du monde 1990 a été une des plus tristes à voir. Elle a consacré l'équipe qui a fait le plus de jeu mais franchement, c'était une compétition pourrie, avec très peu de matchs mémorables (un seul). L'Italie n'a pas réussi à remporter un quatrième titre mondial alors que l'Argentine escroqua sa place en finale. Enfin le côté boucher du football a eu sa place et pas seulement à cause de l'Uruguay.




Le contexte.

Rien de particulier si ce n'est l'Histoire qui s'inscrit. Ainsi la RFA inclut un joueur de la future ex-RDA (la réunification n'a lieu officiellement qu'en octobre), l'URSS fait sa dernière apparition, mais on ne le sait pas, tout comme la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie.

Ce qu'on sait, c'est l'absence de l'équipe de France, plombée par un début de parcours éliminatoire manqué, qui a coûté sa place à Henri Michel et ramené Michel Platini.

Quelques nouvelles têtes font leur apparition : l'Eire, le Costa Rica, les Emirats Arabes Unis, alors que l'Egypte et les Etats-Unis font leur retour après respectivement 56 et 40 années d'absence.

La formule de 1986 est reconduite avec ce système des meilleurs troisièmes.

Le premier tour.

Sensation dans le match d'ouverture : l'Argentine se fait encore surprendre par le Cameroun (0-1), sur une bourde du gardien et malgré deux expulsions chez les Camerounais. D'ailleurs, le président Biya a donné 3 jours fériés à la population. Les Lions indomptables passent le premier tour en tête en battant la Roumanie, devant l'Argentine. Seule l'URSS, qui a battu le Cameroun mais perdu les autres matchs, est éliminée.

Dans le groupe A, l'Italie passe avec 3 victoires sans aucun but encaissé : le héros s'appelle Toto Schillaci, l'improbable attaquant de la Squadra (qui n'a d'ailleurs rien fait après) : il libère le pays contre l'Autriche et la Tchécoslovaquie. Celle-ci est l'autre qualifiée du groupe.

Dans le groupe C, le Brésil passe sans écraser, avec 3 victoires. Mais la sensation vient du Costa Rica, qui décroche le deuxième billet, à la faveur de deux victoires contre l'Ecosse et la Suède.

Dans le groupe D, la RFA fait de loin la meilleure impression du premier tour  : 4-1 et 5-1 contre la Yougoslavie et les Emirats Arabes Unis et un petit nul contre la Colombie, qui sauve un des billets de meilleurs troisièmes.

Le groupe E donne aussi trois tickets : la Belgique laisse la première place à l'Espagne mais l'Uruguay se qualifie au troisième rang.

Enfin dans le F, un seul résultat est positif : l'Angleterre bat l'Egypte et tous les autres résultats sont des matchs nuls, ce qui profite à l'Irlande et aux Pays-Bas, bien décevants quand même en tant que champions d'Europe en titre.

Les phases finales.

Le Cameroun fait l'histoire de cette triste coupe du monde : il bat la Colombie en prolongation 2-1, avec encore un but du vieux Roger Milla, sur une gaffe du gardien Higuita. C'est le premier pays africain qui accède en quarts de finale.

Le Costa Rica n'a pas pesé lourd contre la Tchécoslovaquie (1-4) même si l'équipe n'a craqué que dans la dernière demi-heure.

L'Italie s'arrache contre une Uruguay retranchée en défense mais c'est quand même 2-0. L'Irlande passe aux tirs aux buts contre la Roumanie. Deux prolongations favorisent l'Angleterre contre la Belgique et la Yougoslavie, contre l'Espagne qui n'y arrive décidément pas en sélection.

Enfin le match Pays-Bas-RFA est marqué par de nombreux incidents et des expulsions. Et puis le match des champions du monde américains est gagné à contre-courant par l'Argentine (1-0). Branco, l'arrière brésilien, accuse les soigneurs argentins de l'avoir empoisonné en lui donnant une bouteille, qu'il ne donnait pas à ses partenaires. On a déjà un leader tricheur alors...

Les huitièmes de finale n'étaient pas jojo. Le seul quart de finale passionnant fut Angleterre-Cameroun. En 5 minutes, les Camerounais mènent 2-1 mais Lineker égalise sur pénalty et récidive en prolongation. C'est la dernière équipe anglais potable qui arrive en demi-finale.

Pour le reste : la RFA passe sur un pénalty contre la Tchécoslovaquie, Schillaci libère une Italie assez peu efficace contre l'Irlande (qui a atteint les quarts de finale sans gagner un seul match). L'Argentine joue aux tirs aux buts, à défaut de jouer au football.

Demi et finales.

Les deux demi-finales se sont jouées aux tirs aux buts. La RFA bat l'Angleterre à ce jeu (1-1) où Waddle rate son tir et permet aux Allemands d'être la première équipe à disputer trois finales de coupe du monde consécutives.

A Naples, Maradona est un dieu. Les Napolitains soutiennent leur dieu contre la Squadra. Schillaci ouvre le score et Caniggia (l'homme qui court et qui se jette) égalise. Les tirs aux buts sont favorables à l'Argentine.

A contre-coeur, l'Italie joue la troisième place et bat l'Angleterre. Schillaci a inscrit son 6è but avant de disparaître des radars.

La finale RFA-Argentine est une première pour beaucoup de choses : c'est la première qui est la revanche d'une autre affiche de finale, c'est aussi la première et seule fois qu'une même affiche a lieu lors de deux finales consécutives. C'est aussi la première finale sans qu'une des deux équipes marque un but, celle où il y a une expulsion (et même deux). Brehme marque un pénalty contesté mais qui concrétise la domination allemande, et surtout le fait que la RFA ait montré un meilleur visage qu'une Argentine frileuse, brutale et truqueuse. Maradona a pu chialer, j'ai bien rigolé sur ce coup-là.

L'Italie n'a pas de chance : comme en 1934, sa coupe du monde a été pourrie par le mauvais jeu et la violence. Et en plus elle n'est pas la première équipe à gagner deux coupes du monde à domicile. Mais c'est quand même mieux que le Mexique, la France et le Brésil ! Et aussi bien que l'Allemagne !

3 commentaires:

Gin Tonic a dit…

Une coupe du monde tellement pourrie que je n'en ai gardé quasiment aucun souvenir.

Tarswelder a dit…

Pas un grand souvenir non plus. Pas de matchs légendaires également.

Gin Tonic a dit…

En résumé, pas grand chose à retenir.