lundi 28 juillet 2014

Histoire tarsienne et insipide de la Coupe du monde de football. 1974 : orange mécanique, orange pressée, puis roulée dans la bière.

Continuons cet interminable récit en entrant dans les années 1970. Deux ans après les Jeux Olympiques, comme le Mexique, la RFA organise la Coupe du monde de football. Si la force du football germanique n'est plus à démontrer, elle révèle au monde entier qu'un petit pays, inexistant jusque-là sur la planète ronde, peut gagner l'épreuve. Grâce à une génération exceptionnelle et à un système de formation qui fera ses preuves, les Pays-Bas sortent du néant.



Le contexte.

La FIFA fait du neuf : le trophée d'Abel Lafleur est définitivement donné au Brésil et une nouvelle coupe, l'actuelle, est désormais donnée au vainqueur.

Le contexte politique est bien présent : pour la première fois, les deux Allemagne participent à une phase finale (c'est d'ailleurs la seule participation de la RDA), qui plus est dans le pays. L'URSS, qui a éliminé la France, déclare forfait pour le match de barrage contre le Chili. La rencontre était prévue quelques jours après le putsch de Pinochet, l'URSS refuse de jouer dans un stade qui a abrité des prisonniers politiques.

Enfin, Haïti et le Zaïre participent pour la première fois à l'épreuve. C'est une première pour un pays d'Afrique noire.

L'épreuve change encore de formule. Après le premier tour, le second est constitué d'une poule de quatre, dont le vainqueur est en finale et le deuxième disputera le match de classement.

Le premier tour.

Reversé dans le groupe 2, le Brésil n'est plus celui de 1970. Il est accroché 0-0 par la Yougoslavie dans le match d'ouverture. Il se qualifie quand même malgré un autre nul contre l'Ecosse et une victoire contre le Zaïre ; la différence de buts sauve les champions du monde devant les Britanniques et derrière les Yougoslaves, qui ont infligé aux Africains un 9-0 historique.

Dans le groupe A, les deux Allemagne assurent leur billet pour le second tour. Le 22 juin, elles s'affrontent et c'est Sparwasser qui donne la victoire aux orientaux. Mais si on implique les services de la RDA, cette défaite ne dérange pas la RFA car elle évite l'épouvantail de la compétition.

L'épouvantail est néerlandais. Nation inexistante du football, elle apparaît grâce aux succès de l'Ajax au début des années 1970 : la génération Cruyjff, Neeskens, Rensenbrink, Rep et les Van de KErkhof brothers, impressionne toute l'Europe. Malgré un nul contre la Suède, qui finit deuxième, les nettes victoires sur l'Uruguay (figurante) et la Bulgarie l'envoient au deuxième tour.

Reste le groupe 4. Une autre nation décolle elle-aussi : la Pologne de Lato. Elle est championne olympique sortante. Elle marque 12 buts en 3 matchs dont 7 contre les Haïtiens. Ceux-ci brisent l'incroyable invincibilité du gardien italien Dino Zoff (1142 minutes sans encaisser de but en sélection). Mais les vice-champions du monde ne font pas assez la différence contre Haïti : c'est à la différence de but que les Azzuri sont éliminés par l'Albicéleste.

Le deuxième tour.

Le groupe A est une balade de santé pour les Pays-Bas : 3 matchs, 3 victoires, 8 buts marqués, aucun encaissé. L'Argentine en prend 4, la RDA et le Brésil 2. Les Brésiliens parviennent à terminer deuxième en battant Allemands et Argentins. Les Orange pratiquent le football total, c'est une mécanique apparemment imparable, menée de main de maître par Cruyjff.

Dans le groupe B, la RFA -qui est championne d'Europe-, écarte la Yougoslavie et la Suède (2-0 et 4-2). Puis contre la Pologne, ce match (comme Pays-Bas -Brésil) fait figure de demi-finale sans porter le nom. Le terrain est détrempé à Münich et ce sont les Allemands qui s'en sortent par une victoire 1-0.

La finale.

Lato marque l'unique but du match pour la troisième place et récompense la Pologne pour son jeu séduisant. Le Brésil, malgré Rivelino, n'a plus la magie de 1970.

La finale ? Elle oppose les deux puissances du football européen de l'époque. La RFA a son hymne, son Beckenbauer, son buteur hors pair (Müller). Les Pays-Bas ont leur génie (Cruyjff), une équipe extraordinaire qui l'entoure et leur football collectif au sens plein.

Les Allemands n'ont pas touché le ballon que Hoeness pousse Cruyjff dans la surface de réparation. Neeskens transforme le pénalty et marque le but le plus rapide de l'histoire d'une finale de la Coupe du monde (1ère minute). Les Allemands laissent passer l'orage. Breitner, l'électron libre de la Mannschaft, égalise également sur un pénalty à la 25è minute. Puis à la 43è, Bohnof centre, Müller marque : 2-1.

Les Pays-Bas sentent-ils que le match leur échappe ? Cruyjff s'accroche avec l'arbitre et reçoit un carton jaune à la mi-temps. Ensuite, les tentatives bataves se heurent à Sepp Maier.

Vingt ans après leur victoire en 1954, les Ouest-Allemands remportent un titre mondial. Le football est leur vie, comme l'illustre cette perle de la chanson d'outre-Rhin.




5 commentaires:

Gin Tonic a dit…

L'Ajax et la Hollande (c'est quasiment la même équipe) de cette première moitié des années 70 est l'une des plus belles équipes que j'ai vu jouer.
En plus des joueurs que tu cites, il y en avait aussi 2 autres très important dans le système de jeu: Krol et Haan.

Cette défaite en finale avait été pour moi une vraie déception. Cruyjff avait raté son match, bien muselé par Vogts.

Tarswelder a dit…

D'une manière générale, les milieux défensifs axiaux ont un rôle important dans la construction du jeu.

Vogts a lâché une fois Cruyjff dans ce match, c'était pour le pénalty.

Gin Tonic a dit…

En plus, les deux marquaient des buts, notamment Krol qui avait une énorme force de frappe.

Tarswelder a dit…

Haan aussi. Je reviendrai sur sa tatane monumentale contre l'Italie.

Gin Tonic a dit…

De mémoire, il doit y avoir pas loin de 35 mètres.