samedi 12 juillet 2014

Histoire tarsienne donc insipide de la Coupe du monde de soccer. 1962 : Chili boucherie

Quelle idée d'organiser la Coupe du monde de football dans un pays comme le Chili ? Pas mauvaise car le pays a sué sang et eau pour relever le défi. Grand organisateur de l'épreuve, Carlos Dittborn n'a jamais vu son bébé exister : il meurt un mois avant le début de la compétition.

La Coupe du monde chilienne est celle du doublé brésilien (oui, même le peuple brésilien l'oublie) et une des pires jamais jouées en terme de jeu et de violence.




Le contexte.

L'Argentine aurait été un candidat naturel mais le pays n'a finalement pas présenté de candidature. Le Chili porte la sienne et malgré les réticences, parvient à ses fins. La compétition se déroule sur 4 stades.

Parmi les absents, la Suède et la France (éliminée par la Bulgarie dans un match de barrage après une défaite à cause d'un but non valable). Deux équipes sud-américaines sont qualifiées d'office, un fait unique dans l'histoire de la Coupe du monde : le Chili et le Brésil. Les Chiliens ne sont pas tête de série.

La Coupe du monde 1962 a vu réapparaître Ferenc Puskas, pour les couleurs de l'Espagne. Le regretté Di Stefano aurait dû lui aussi participer à son unique Coupe du monde mais il se blesse juste avant. Les blessures sont d'ailleurs légion dans cette compétition.

Enfin pour la première fois, on départage les équipes à égalité et on supprime les matchs d'appui.

Le premier tour.

Championne d'Europe, l'URSS est favorite de ce groupe. Pourtant elle se fait secouer : contre la Colombie, elle mène 4-1 mais Yachine, "l'araignée noire" connaît un passage à vide et concède le match nul. L'autre fait marquant est l'agression de Mujic sur Dubinski lors d'URSS-Yougoslavie. Blessé, l'arrière latéral soviétique va développer une maladie (un sarcome) qui l'emporte 7 ans plus tard. Les deux nations s'en sortent, aux dépens de la Colombie et de l'Uruguay fantomatique

Le groupe B (Italie, RFA, Suisse, Chili) est le plus relevé. Le Chili se qualifie en enfonçant les deux verrous, suisse et italien. Le match Chili-Italie est une infâmie où l'arbitrage à domicile sanctionne durement les Italiens et laisse les Chiliens se déchaîner. La RFA sort devant le pays organisateur.

Dans le groupe C, le Brésil commence en fanfare : Pelé martyrise la défense mexicaine mais il se blesse contre la Tchécoslovaquie. En danger contre l'Espagne, l'équipe championne du monde se découvre un héros : Amarildo, le remplaçant de Pelé, qui réussit un doublé. Cette défaite condamne l'Espagne, au profit de la Tchécoslovaquie qui termine deuxième du groupe.

Enfin dans le groupe D, la Hongrie du tandem Albert-Tichy fait écrouler les défenses adverses (2-1 Angleterre et 6-1 Bulgarie) avant d'assurer la première place contre l'Argentine. Pas de chance pour l'Albiceleste : elle devait gagner pour se qualifier. C'est l'Angleterre, qui l'avait battue, qui se qualifie.

Les phases finales.

Survoltés, les Chiliens surprennent les Soviétiques 2-1 et se qualifient pour la première fois pour une demi-finale de Coupe du monde. L'URSS connaît une énorme déception, elle qui faisait partie des favoris légitimes. La Tchécoslovaquie élimine la Hongrie 1-0 et doit sa qualification aux exploits de son gardien Schroif. Puis le Brésil bat l'Angleterre 3-1. Pelé blessé, c'est l'autre génie, Garrincha qui prend les choses en main : il marque un doublé et Vava achève le score. Enfin le traditionnel quart entre la RFA et la Yougoslavie (3è fois d'affilée que les deux équipes se retrouvent à ce stade de la compétition) tourne enfin en faveur des Yougoslaves, qui marquent à la 85è minute.

En demi-finale, il n'y a pas 6000 personnes pour assister à la victoire des Tchécoslovaques sur les Yougoslaves 3-1. Tout le Chili a les yeux rivés sur la radio pour écouter Chili-Brésil. Les Brésiliens l'emportent 4-2 (doublés pour Garrincha et Vava) mais les deux équipes s'accrochent : Garrincha est même expulsé mais il est blanchi car la FIFA estime qu'il a répondu à une provocation chilienne. Comme quoi les temps changent mais pas le manque de transparence.

Quoiqu'il en soit, le Chili joue le match pour la troisième place et bat la Yougoslavie en toute fin de match. La finale oppose le Brésil de Garrincha et Amarildo à la Tchécoslovaquie de Schroif. Contre toute attente, Masopust trompe Gilmar au quart d'heure de jeu (1-0) mais l'égalisation rapide d'Amarildo évite que le doute ne s'installe. Le Brésil attaque encore et encore mais Schroif repousse tout, jusqu'au but de Zito. Puis Schroif gaffe sur un centre anodin et laisse Vava (qu'on oublie souvent dans cette équipe légendaire) marquer le troisième but. Le Brésil, sans Pelé, réussit le doublé et l'unique sur deux continents.

Cette Coupe du monde a été moche en terme de jeu et moins offensive : les meilleurs buteurs n'ont inscrit que 4 buts (pire total depuis 1934). Le football change mais c'est encore la meilleure équipe qui gagne. Quant à Amarildo, il mena une carrière en Italie mais il n'a été qu'une belle comète dans la nuit chilienne (il ne disputa que 22 matchs avec le Brésil).

5 commentaires:

Gin Tonic a dit…

La France éliminée par la Bulgarie ???
Pas possible...

De ce que j'ai lu, la coupe du Monde la plus violente. Et sans l'Uruguay... Les traditions se perdent...

Tarswelder a dit…

Si l'Uruguay était présente (groupe A) mais sa présence était anecdotique tant elle resplendissait !

Tarswelder a dit…

Au fait je viens de revoir les images de France-Brésil 1958. Il y a bien attentat sur Jonquet, qui fait moins de cinéma que nos pleureuses actuelles. Vava met la semelle en avant alors que Jonquet était bien placé.

Gin Tonic a dit…

L'Uruguay était au firmament....

Tarswelder a dit…

Et c'était pas la pire équipe bouchère. La Yougoslavie, le Chili ont été pas mal. Un joueur expulsé contre le Brésil avant la sortie de Garrincha (on ne voit pas pourquoi il est expulsé mais c'est le juge de touche qui l'a signalé).