jeudi 17 juillet 2014

Histoire tarsienne de la Coupe du monde de football. 1966 : il faut bien laisser les Anglais gagner.

De toutes les coupes du monde, celle de 1966 est celle où l'arbitrage a été le plus contestable et le plus favorable au pays organisateur. Après avoir méprisé la compétition, sans avoir jamais fait quoique ce soit, ni avant, ni après, l'Angleterre accueille l'édition 1966.



Le contexte.

Rien de particulier si ce n'est que le pays natal du football organise enfin une compétition dont la médiatisation va crescendo. Il n'y a pas de situation particulière, si ce n'est la présence pour la première fois de la Corée du Nord. Absente en 1962, la France élimine la Yougoslavie, demi-finaliste de l'édition précédente et peut prétendre à quelques ambitions. Sauf que...

Le premier tour

A Wembley, pour le match d'ouverture, l'Angleterre domine outrageusement la fierté bouchère uruguayenne. Mais les 15 corners n'y suffisent pas. Le football artisanal, devenu un football sans artiste, tient en échec les Anglais (0-0). Mais qu'importe : les deux équipes passent. Le show Nobby Stiles, le boucher anglais, s'est donne à coeur joie pour aider les Anglais à se qualifier. L'Uruguay passe à la faveur d'une victoire contre la France ; celle-ci est tiraillée entre les Stéphanois et les Nantais, entre les partisans du jeu avec ou sans libéro. Enfin le Mexique sort comme son gardien Carbajal, premier joueur de l'histoire à disputer 5 coupes du monde.

Le groupe B est celui d'une Allemagne solide : profitant de la sanction des deux meilleurs joueurs suisses par leur sélectionneur, ils explosent les Helvètes 5-0 alors qu'un jeune joueur marque 2 buts et entame une brève carrière de chanteur : Franz Beckenbauer. Après un nul contre l'Argentine, la victoire contre l'Espagne -championne d'Europe en titre- leur procure la qualification devant l'Albiceleste au goal average.



Dans la poule C, les champions du monde brésiliens étaient favoris. Mais voilà qu'après une victoire contre la Bulgarie, Pelé est littéralement l'objet de "contrats" de la part des défenseurs adverses, surtout portugais. L'arbitrage de l'Anglais Mc Cabe lors du match lusitanophone n'est donc pas innocent. C'est alors qu'émerge aussi l'équipe portugaise, inexistante sur le plan international, mais dont les succès de Benfica poussent enfin sur la scène : la perle noire défunte Eusebio, du Mozambique, assomme les champions du monde, les premiers à manquer la qualification. Enfin la Hongrie de Tichy passe aussi.

Le groupe D voit les protagonistes de 1962 se retrouver. Pas de bataille de Santiago bis mais la revanche de l'Italie sur le Chili (2-0). L'URSS semble au fait de sa gloire : elle bat tout le monde. Mais le match du tournoi reste la sensationnelle victoire de la Corée du Nord sur la Squadra 1-0 : Pak Doo-Ik inflige une des plus mémorables humiliations de l'histoire du football. Disciplinée, la Corée du Nord se qualifie pour les quarts de finale.

Les phases finales.

Pas de souci pour le quart des champions du monde : l'Allemagne ne fait aucun quartier à l'Uruguay (4-0). Un but rapidement marqué et trois autres inscrits dans le dernier quart d'heure. L'Angleterre bat l'Argentine 1-0 dans un match violent où l'arbitre allemand ne voit que les fautes argentines et exclue Rattin. L'URSS bat la Hongrie 2-1 et se qualifie pour les demi-finales. Mais l'autre match légendaire oppose encore la Corée du Nord au Portugal : deux équipes novices dans cette compétition nous offre un scénario incroyable. C'est d'abord les Coréens qui marquent 3 buts avant la 25è minute. Eusébio réduit le score à la 27è, transforme un pénalty juste avant la mi-temps, égalise puis marque un autre pénalty avant l'heure de jeu. 5-3 est le score final.

Les demi-finales, comme en 1934, n'opposent que des équipes européennes. A Liverpool, la RFA bat l'URSS 2-1. C'est aussi la même marque favorable aux Anglais contre le Portugal, dans le match le plus clair de cette Coupe du monde.

La finale pour la troisième place est raflée par le Portugal : Eusébio réussit son 9è but dont son 3è pénalty et donne la victoire 2-1 sur l'URSS.

La grande finale voit l'Allemagne en blanc contre l'Angleterre en rouge. Haller et Hurst marquent à leur tour en début de match (1-1). Peters donne l'avantage aux Anglais à la 78è minute. Bobby Charlton rate le KO et les Allemands égalisent par Weber après un coup franc contesté et une main de Schnellinger qui dévie le ballon vers lui. Les erreurs d'arbitrage n'ont pas fini.

Vient la prolongation et le but de Hurst. Impossible à vitesse réelle de savoir si le but est valable ou pas (il ne l'est pas) mais la sureté du juge de ligne soviétique est effarante. Les Anglais mènent 3-2. Le public commence à envahir le terrain lorsque Hurst réalise le premier et unique triplé de l'histoire d'une finale de Coupe du monde. Les Anglais ont gagné 4-2 avec un but non valable mais la prolongation aurait été évitée si la main de Schnellinger avait été sifflée.

Les Anglais peuvent célébrer... plus jamais ils ne le feront.

2 commentaires:

Gin Tonic a dit…

Beckenbauer a bien fait d'insister dans le foot...
Sans doute l'une des coupes du Monde les plus orientées question arbitrage avec celle de 78.
Enfin, ces pauvres anglais ont leur étoile...
Mais aussi un magnifique joueur avec Eusebio ! Ca change de CR7...

Tarswelder a dit…

A propos d'Eusébio : il a réussi 4 penalty, j'avais oublié celui marqué contre l'Angleterre.

Les Anglais avaient une bonne équipe mais vraiment la compétition a été bidonnée.