lundi 16 juin 2014

Les Kings roi de Los Angeles et de la glace.

Dans l'ombre des finales NBA, la Coupe Stanley s'est déroulée en même temps que la série ultime au basket. Opposant deux des franchises des mégapoles étatsuniennes, elle s'est terminée par la victoire des Kings de Los Angeles contre les Rangers de New York. Je vous propose un retour sur les playoffs de la NHL.


La saison 2013-2014 est celle de la réorganisation de la ligue : le retour d'une franchise à Winnipeg (les Jets) a posé des problèmes que la ligue a résolu, selon moi, d'une manière bancale : 16 équipes participent à la conférence Est et 14 à l'Ouest. On se croirait dans la MLB ancienne version.

Quoiqu'il en soit, les playoffs ont fait de nombreuses victimes : les franchises canadiennes. Sur les 7 engagées, une seule était du tournoi final, les Canadiens de Montréal.

Quarts de finale de conférence.

Le Canadien n'a d'ailleurs fait qu'une bouchée du Lightning de Tampa Bay : 4-0 pour l'unique balayage de ces séries. Les Montréalais savaient qu'ils auraient devant eux la meilleure équipe de la ligue, les Bruins de Boston, qui ont écarté les Red Wings de Detroit (de retour dans l'Est) en 5 parties. Autres favoris à passer, les Pingouins de Pittsburgh, qui ont éliminé un autre ancien pensionnaire de la conférence Ouest, les Blue Jackets de Colombus par 4 victoires à 2. Chose amusante : 5 des 6 matchs se sont décidés sur le même score de 4 à 3. Enfin la rivalité entre les Rangers de New York et les Flyers de Philadelphie tourne à l'avantage des premiers mais au 7è match et après avoir été rejoints 3 fois dans la série.

Dans la conférence Ouest, les équipes les mieux classées ont souffert. A part les Ducks d'Anaheim, vainqueur des Stars de Dallas en 6 parties, les autres sont sortis de manière plus ou moins incroyable :
- Après avoir perdu les deux premières rencontres, les Blackhawks de Chicago, champions sortants, éliminent les Blues de Saint-Louis en 6 rencontres
- Meilleure équipe de la conférence Ouest en saison régulière, l'Avalanche du Colorado retrouvait les playoffs après des années d'abstinence. Malheureusement, la chute a été rude contre le Wild du Minnesota (3-4) : défaite en prolongation au match 7 alors que l'Avalanche a mené 3 victoires à 2.
-Enfin la NHL nous gratifie de temps en temps de remontées historiques. Dans le duel californien entre les Sharks de San José et les Kings de Los Angeles, ces derniers ont gagné la série 4-3 en ayant perdu les 3 premiers matchs. A San José, playoffs se prononce encore et encore loser !

Demi-finales de conférence.

La série vedette était l'opposition historique entre les Bruins et les Canadiens. Grâce à un Carey Price énorme, les québécois ont réussi à renverser une situation défavorable : menés 2-3, ils gagnent les deux derniers matchs 4-0 et 3-1 pour éliminer la meilleure équipe de la saison.

Dans l'Est, les Rangers sont venus à bout des Pingouins en 7 parties. Menés 1-3, ils s'imposent dans les 3 parties suivantes en ne concédant qu'un but à chaque fois (5-1;3-1;2-1). Le portier Lundqvist a lui aussi été héroïque.

A l'Ouest, les Blackhawks l'ont emporté à l'expérience sur le Wild du Minnesota : ils gagnent les matchs 5 et 6 sur le score de 2-1. Enfin les Kings s'arrachent dans le derby angelino, contre les Ducks d'Anaheim. Vainqueurs des deux premières manches, ils perdent les trois suivantes mais leur solidité leur permet de se qualifier par les victoires dans les parties 6 et 7 (2-1 et 6-2).

Finales de conférence.

A l'Est on a du neuf et du vieux. Le vieux avec le duel Canadiens-Rangers, deux des six équipes fondatrices de la NHL. Mais c'est du neuf puisque ces deux équipes n'ont jamais atteint la finale de la Coupe Stanley depuis 20 ans. Et leur présence depuis à ce stade de la compétition est rarissime.
La série s'est sans doute jouée dans le match 1, quand Carey Price prend l'eau et se blesse pour toute la série. L'humiliation 7-2 à Montréal est suivie d'une autre défaite à domicile 3-1. Le Canadien donne tout ce qu'il a pour survivre avec une victoire 3-2 en prolongation, suivi d'une défaite sur le même score et en temps supplémentaire. Enfin dans le match 5, Montréal s'impose 7-4. Mais l'attaque canadienne est totalement impuissante dans le match 6, perdu 1-0 avec seulement 18 tirs tentés. Encore une fois, il n'y aura pas de successeur aux Canadiens de 1993, dernière franchise d'outre-lac à avoir gagné la Coupe Stanley.

A l'Ouest, la finale oppose les deux derniers vainqueurs de la Coupe Stanley : les Blackhawks de Chicago et les Kings de Los Angeles/ Les 'Hawks' raflent la première manche 3-1 mais les Kings montrent que leurs performances ne se limitent pas au seul gardien Jonathan Quick et à sa défense (victoire 6-2 dans le match 2). A LA, ils remportent les deux parties suivantes (4-3 et 5-2). Les joueurs de Chicago survivent dans le match 5, gagné en double prolongation par 5 à 4. Le 6 est aussi remporté par 4 à 3. Mais c'est un but en prolongation qui décide encore de la série dans le match 7 : les Kings le marquent et gagnent 5-4.

Coupe Stanley.

Les matchs de playoffs sont souvent serrés en NHL. La série finale ne semble pas avoir réservé de suspens, si on s'en tient au score de 4 victoires à 1. Sauf que 4 des 5 parties se sont joués d'un but et 3 en prolongation. Les Kings l'emportent 3-2 et 5-4 de la sorte dans les deux premiers matchs à domicile. Les 32 arrêts de Quick dans le match 3 lui assurent le blanchissage et la victoire des siens 3-0. Les Rangers, qui attendent une Coupe Stanley depuis 1994, sauvent l'honneur par une victoire 2-1 dans le match 4 mais c'est encore une double prolongation (comme dans le match deux) qui décide de la victoire des Kings dans le match 5.

Survivants depuis le début des séries, les Kings ont encore triomphé. Ils remportent leur deuxième Coupe Stanley en 3 ans, sur les mêmes bases qu'en 2012 : leur gardien, l'exceptionnel Jonathan Quick, même si sa défense a été moins bonne qu'en 2012. Une équipe solide mais un peu plus inspirée en attaque. Les Rangers ont fini lessivés, comme c'est toujours le cas. Surtout que la saison a été entrecoupée par le tournoi olympique, qui l'a rallongée. Une dynastie se crée-t-elle à Los Angeles, dans le sport le moins médiatique de la ville ?

Justin Williams, l'attaquant des Kings de Los Angeles, porte la Coupe Stanley. Il a aussi remporté le trophée Conn Smythe, qui récompense le meilleur joueur des playoffs : il a marqué 9 buts et délivré 16 assistances en 26 matchs.

8 commentaires:

Gin Tonic a dit…

Les Kings reviennent de loin.

Une victoire acquise avec les tripes.

Tarswelder a dit…

Les tendances ne sont jamais aussi définitives au hockey qu'en basket. L'avantage de la glace est plus relatif. Et la hiérarchie est vraiment très mobile même si on retrouve souvent les mêmes. C'est la conséquence du contrôle de la masse salariale.

Les niveaux sont plus homogènes et les équipes peuvent moins vivre dans la durée, puisqu'il faut payer plus de joueurs et que peu de franchises veulent payer l'amende pour le dépassement du plafond salarial.

Gin Tonic a dit…

Je suis moins le hockey que d'autres sports, mais au moins, ça maintient le suspense.

Gin Tonic a dit…

Sinon, les Anglais ont rousté les Croisés !

Tarswelder a dit…

Le bon vieux temps des tournées de deux mois avec des matchs contre les provinces.

Gin Tonic a dit…

Comme tu dis, le bon vieux temps.

Gin Tonic a dit…

J'aimais bien ces tournées. Y avait de belles histoires.

Tarswelder a dit…

Et puis les équipes se construisaient là-bas. Elles s'amélioraient au fil des matchs. On le voit bien par exemple en 1979 en NZ.