vendredi 13 juin 2014

Histoire tarsienne, donc insipide, de la Coupe du monde de balle au pied. France 1938... ou l'Italie bisse.

Troisième volet de l'histoire de la Coupe du monde, la première édition française est marquée par un ensemble de contextes qui ont pesé sur la compétition. Mais elle a contribué à la naissance d'un mythe : le football sans bas (ou samba) ni chaussures.




Le contexte.

1938 c'est l'Europe qui sent l'orage gronder. L'Espagne est forfait pour cause de guerre civile, qui tourne inexorablement en faveur des nationalistes. L'Autriche, qualifiée, disparaît de la scène politique avec l'Anschluss, réussi cette fois contrairement à il y a quatre ans. Mais cette Coupe du monde est aussi unique dans l'Histoire du football : la participation des Indes néerlandaises est l'unique d'une colonie, tous comme leur métropole les Pays-Bas, alors que la Palestine mandataire britannique a tenté de se qualifier.

D'autres pays ont préféré déserter les rangs. C'est toujours le cas de l'Uruguay et de l'Argentine, qui réclamait l'organisation de la compétition. Les deux pays ont protesté contre l'attribution à la nation de Jules Rimet l'organisation de l'épreuve. Le Brésil a dû sa participation à une loterie qui a financé le voyage. Il est vrai que les deux premières participations ont été limitées à une élimination au premier tour. Sur 16 participants, 13 sont européens, sauf les Britanniques évidemment (à noter que la jeune république irlandaise a participé à un match qualificatif).

Élimination.

Comment en 1934, le tournoi dure deux semaines, sur un système d'élimination directe intégral qui limite à quatre le nombre de tours.

Quatre sauf pour la Suède qui devait affronter l'Autriche. A Antibes, en quarts de finale, les Nordiques pulvérisent Cuba 8-0. Or les Cubains avaient créé la sensation de battre la Roumanie (3-3 et 2-1). Mais l'accumulation des matchs (3 en cinq jours) a payé contre une formation qui n'avait pas encore joué.

Parmi les autres faits marquants du premier tour, l'Allemagne sort de la compétition. Malgré l'annexion des joueurs autrichiens, la sélection germanique sort sur deux matchs contre la Suisse (1-1 et 2-4 après avoir mené 2-0 au bout de 20 minutes alors que la Suisse a joué à 10). L'Italie championne du monde s'arrache en prolongation contre la Norvège (2-1) alors que sa vaincue de la finale de 1934, la Tchécoslovaquie, attend la prolongation pour battre les Pays-Bas 3-0. Enfin la France écarte la Belgique 3-1. Le match le plus spectaculaire révèle la première grande star de l'histoire de la Coupe du Monde : le Brésilien Léonidas marque 3 buts contre la Pologne et le Brésil gagne en prolongation 6-5. Léonidas, pénalisé par la boue, a voulu enlever ses chaussures mais l'arbitre lui a refusé. C'est aussi la naissance du mythe brésilien.

En quarts de finale, la France tombe contre l'Italie (1-3). Le Brésil s'arrache contre la Tchécoslovaquie - qui disparaît quelques mois plus tard- dans un match d'appui (1-1 et 2-1 par deux buts en cinq minutes et après un premier match haché). La Hongrie écarte la Suisse et la Suède, on l'a dit, largue Cuba.

Arrogance.

Le jeu brésilien fascine les Européens mais l'entraineur Pimentel est beaucoup trop confiant : certain de battre l'Italie, il met au repos Léonidas et Tim. Mais les champions du monde gagnent la demi 2-1. La Hongrie, elle, continue de faire impression : après les 6 buts marqués contre les Indes néerlandaises, les 2 contre la Suisse, elle explose la Suède 5-1.

Le Brésil se contente quand même de la troisième place contre la Suède (pour une première confrontation entre ces équipes). Les Suédois mènent 2-0 mais les Blancs marquent un but avant la mi-temps, puis Léonidas inscrit un doublé et le Brésil l'emporte 4-2. L'attaquant sud-américain termine meilleur buteur et reçoit le surnom de "Diamant noir".

En finale, les Italiens dominent la Hongrie 4-2. Ces derniers ont dit plus tard qu'ils ont épargnés aux joueurs de la Squadra la fureur de Mussolini mais c'est peut-être un peu facile : les doublés de Colaussi et Piola sont les premiers marqués en finale de la Coupe du monde (contre Titos et Sarosi sans cas). L'Italie devient la première nation à gagner deux Coupes du monde, en plus consécutivement. Ce qu'elle ne sait pas c'est qu'elle doit attendre 44 ans pour attendre la prochaine victoire. Quant au trophée Abel Lafleur, il passe la guerre en lieu sûr.





21 commentaires:

Gin Tonic a dit…

N'ayant rien trouvé de mieux à regarder, j'avoue, à ma grande honte, que je suis en train de mater Espagne-Pays-Bas. Bon, avec le son coupé ! Parce que, CJP, faut pas déconner !

Sinon, 38, encore un tournoi moisi.

Tarswelder a dit…

J'ai craqué aussi après 8 années d'abstinence La deuxième mi-temps et boum la Hollande fait son match de génie.

Gin Tonic a dit…

Quand ils veulent, ils sont irrésistibles.

Mais le problème de la Hollande a toujours été son inconstance.

Gin Tonic a dit…

Les Blacks ne sont pas à la fête.

Gin Tonic a dit…

Victoire des Blacks 28-27.

Tarswelder a dit…

Victoire 28-27 avec encore un jaune pour assurer le succès. Ces Anglais-là sont vraiment étonnants et ils mériteraient de gagner un match. Ils sont bien placés pour gagner chez eux en 2015.

Pour revenir à hier, ce qui m'a surpris c'est l'effondrement psychologique des Espagnols, qui ont été incapables de réagir après le 2è but.

Ils doivent battre le Chili et même sans doute par un bon écart car ça ne pourrait pas suffire.

Gin Tonic a dit…

Les Anglais seront dur à battre, c'est sur. Surtout, ils ne lâchent rien.

Les Espagnols semblent un peu en fin de cycle (un peu comme le Barca cette saison): faudra voir la suite.

Tarswelder a dit…

Ils sont surtout cramés. On a appris la pendaison de Tonton avec les tripes de Maestria qui s'est fait hara-kiri !

Gin Tonic a dit…

Lol !

J'imagine bien le tableau !

Gin Tonic a dit…

Bon, on ne devrait pas prendre 50 points aujourd'hui.

Gin Tonic a dit…

0-0 à la pause: score assez rare aujourd'hui.

Tarswelder a dit…

Ah oui en défense ça marche lorsqu'on a cette équipe d'Australie qui ne sait pas changer de rythme.

Par contre au niveau de la passe, je peux toujours postuler au niveau international quand je vois les qualités de Parra ou Talès.

Gin Tonic a dit…

Talès a été retenu pour ses coups de lattes (même s'il ne sait pas buter), et pas pour sa qualité de passe.

Pour Parra, ben... Parra quoi....

Gin Tonic a dit…

6-0 pour les Australiens....

Tarswelder a dit…

6-0 pour l'Australie dans un match d'épiciers. Parra est un buteur on le sait : mais il a confondu les poteaux de rugby aux poteaux du footy !

Match nul. Avec une meilleure qualité de passe, ça gagnait. Mais on ne peut pas se contenter de perdre comme ça. On joue pour ne pas prendre de taule, pas pour gagner. La comparaison avec les Anglais est dramatique parce que eux perdent 2 tests à cause des cartons jaunes.

Gin Tonic a dit…

Le risque, c'est de prendre une deuxième grosse rouste le WE prochain.

Tarswelder a dit…

J'avoue que j'ai pas compris pourquoi McKenzie n'a pas titularisé Beale au centre. De toutes façons, courte défaite ou pas, ça n'avance pas, il n'y a pas de progrès dans les secteurs du jeu où on est faible.

Gin Tonic a dit…

Ca fait des années qu'on stagne.

Un coup d'éclat par ci par la, et sinon, le néant.

Avec notre soi disant meilleur championnat du monde et de l'univers on est en train de devenir au rugby ce qu'est l'Angleterre au foot.

Avec en plus une formation à la ramasse...

Tarswelder a dit…

Je persiste à penser que la plus grande équipe française de l'histoire est celle de 1994-1995. Sans l'arbitrage, on tapait les Sudafs et je pense aussi les Blacks (malgré les démonstrations des matchs précédents).

Habana a planté deux essais avec les Boks cet après-midi contre les Gallois. Il est officiellement licencié au RCT.

Quand on n'envoie jamais la balle aux ailiers, pas la peine d'en former des bons (Huget et Médard, je suis désolé mais c'est pas la crème mondiale).

Et le championnat des - de 20 ans semble confirmer le plongeon dramatique dans lequel le rugby français s'enfonce. Alors, on va encore plus recruter des étrangers, jusqu'au jour où l'inflation salariale sera telle qu'elle ruinera les 3/4 des clubs du Patop 14 et ne rendra plus le dernier quart compétitif.

Gin Tonic a dit…

C'était un autre temps, mais celle de 58 qui va gagner la série de tests en Afrique du Sud, ce qu'aucune autre sélection n'avait réussi à faire auparavant (sauf erreur de ma part) était pas mal aussi.

Tarswelder a dit…

Je suis d'accord sur le fait que les Français sont se faire tauler pour le troisième match. Ils ne savent pas faire deux trucs en même temps et au même niveau élevé.

"On a bien défendu dans ce match mais on a été à chier en attaque".
"Bon on attaque alors ?". Non parce qu'on s'en prend cinquante.

On défend ? Non parce qu'on marque zéro.

On fait quoi ? Ben on pousse ! (Mas)