samedi 7 juin 2014

Histoire tarsienne de la Coupe du monde de balle au pied. Italie 1934. Mais non c'était pas truqué !

Deuxième épisode de notre récit décalé de l'histoire de la Coupe du monde de football. Après le triomphe du football artisanal en 1930, le football légèrement rude l'emporte en 1934 dans la première Coupe du monde utilisée à des fins politiques... par l'Uruguay !




Oui l'Uruguay car la Céleste n'a pas voulu participer en réaction à l'absence italienne de 1930. Dénions à l'Italie fasciste de vouloir utiliser un événement sportif comme vitrine. Le collègue nordique et moustachu de Mussolini l'a bien tenté deux ans plus tard en 1936 (NDLR. Attention il faut réfléchir).

La Coupe du monde 1934 est la première des deux éditions qui adopte un format exclusif de matchs à élimination directe.

Si la mauvaise foi nous dit que l'Uruguay a aussi lâché par peur de perdre, il y a eu des matchs de qualification. Seize équipes se retrouvent sur deux semaines (27 mai/10 juin 1934) dans un tournoi à 4 tours. L'Argentine, le Brésil, les Etats-Unis et l'Egypte sont les seules équipes non européennes qui font le voyage. La France, la Belgique et la Roumanie participent pour la deuxième fois à l'épreuve.

Les résultats du premier tour transforment la Coupe du monde en Coupe d'Europe : si la Hongrie sort l'Egypte 4-2, l'Italie pulvérise les Etats-Unis 7-1 alors que l'Argentine et le Brésil sont aussi éliminés (2-3 contre la Suède et 1-3 contre l'Espagne respectivement).

Pourtant, l'équipe favorite est l'Autriche du "Mozart du football" Mathias Sindelaar. Et pas de chance, l'équipe de France doit affronter la Wunderteam. Elle s'incline courageusement dans la prolongation 3-2, alors que l'arbitre accorde le deuxième but autrichien, entaché d'un hors-jeu. Le complot anti-uruguayen s'opère.

En quarts de finale, l'Allemagne, la Tchécoslovaquie et l'Autriche passent dans la difficulté (les trois rencontres se terminent par un écart d'un but). Le duel Italie-Espagne pourrait avoir des relents politique : d'un coté la grande nation fasciste, qui sert de modèle à toute une partie de l'extrême-droite européenne, de l'autre une république espagnole débarrassée du dictateur Primo de Rivera et d'une restauration monarchique éventuelle. Le match est un combat de rue, où participe Luigi Monti, qui représentait l'Argentine en 1930. Le premier match se termine par l'égalité 1-1 et l'Italie l'emporte le lendemain 1-0 dans le second match. Les Espagnols ont changé 7 joueurs et l'Italie 4. Le gardien espagnol Zamora a fait des prodiges mais il doit s'incliner sur un but de Meazza en début de match.

Les demi-finales se résument dont à un championnat de l'Europe centrale. Dans le mach Italie-Autriche, la Squadra Azzura l'emporte 1-0 malgré de nombreuses tentatives autrichiennes et même un arbitrage considéré comme douteux. La pluie n'a pas aidé la cause de l'équipe visiteuse. La surprise vient de l'autre demi-finale : la Tchécoslovaquie bat l'Allemagne 3-1 et se qualifie pour la finale.

La finale pour la troisième se résume à un Anschluss sportif réussi (au contraire de la première tentative de 1934) : l'Allemagne bat l'Autriche 3-2 après avoir pris l'ascendant en première mi-temps.

La grande finale se dispute dans une ambiance particulièrement excitée au stade du parti fasciste à Rome. Le public est composé de membres du parti et le match est serré. L'humiliation est même proche quand Puc ouvre le score à un quart d'heure de la fin pour les Tchécoslovaques. Cinq minutes plus tard, Orsi égalise pour les Italiens. On joue une prolongation. Angelo Schiavo donne la victoire à la 95è minute. L'Italie remporte la Coupe du Monde. Monti réussit ce qu'il n'avait pu faire quatre ans plus tôt. Et Mussolini peut exulter.

L'esprit sportif l'a emporté et le beau jeu caractérise toujours les Coupes du monde italiennes.


3 commentaires:

Gin Tonic a dit…

De retour de Paris.

Si en plus le lecteur doit réfléchir...

Une coupe du monde bien pourrie.

Tarswelder a dit…

Y'a pas à dire, le football d'avant c'était artisanal !

Gin Tonic a dit…

Limite bricolage !