jeudi 29 mai 2014

Histoire tarsienne, donc insipide, de la Coupe du monde de balle au pied. Uruguay 1930. Le complot n'a pas réussi à écraser la pente.

Promesse électorale tenue (oui car moi je les tiens), je vous propose le premier épisode d'une longue série insipide consacrée à la Coupe du monde de football. Je tiens à préciser pour les âmes sensibles que, le football artisanal n'est pas le fruit d'une construction de la rue en pente inversée et que je m'appuie sur des faits totalement objectif, ponctuée d'une analyse de contre-mauvaise foi.

Tout binational dessinateur habitant dans le pré cantilien a donc été averti.





C'est donc le 13 juillet 1930 que commence la saga du football mondial. Les Jeux Olympiques ne mettant pas assez en valeur le football, malgré l'IMMENSE équipe uruguayenne qui a gagné deux étoiles au guide Michelin, Jules Rimet proposa l'organisation d'une compétition spécifique. Je laisse aux uns et aux autres le soin de s'écharper sur les modalités du choix de l'Uruguay pour organiser la Coupe du Monde en 1930. Je resterai sur des faits objectifs : la crise économique touche l'Europe et l'absence de moyens financiers, sans compter l'éloignement géographique, pousse de nombreux pays à déclarer forfait, l'arrogance britannique pense toujours dominer la planète ronde, alors qu'elle méprise profondément la formation en baby-football rioplatense ; enfin le Conte Verde, le voyage à rallonge vers Montevideo et tout le reste. Sans compter le stade qui n'est pas fini au début de la compétition. Mais c'est un complot franco-brésilien, pour décrédibiliser l'organisation, alors que le voisin va en faire autant.

Revenons à la compétition.

Est-ce le complot franco-brésilien qui place la France dans le seul groupe à 4 de la compétition ? Contre 3 nations américaines dont l'Argentine, vice-championne olympique ? Est-ce même complot qui fait que les Tricolores jouent leurs trois matchs en 5 jours ?

Oui bien sûr. Réduits à 10 contre le Mexique (Alex Thépot le gardien est mis KO d'entrée), ils ouvrent le compteur glorieux des buts par Lucien Laurent. Ils s'imposent 4-1. Contre l'Argentine, ils s'inclinent 1-0 sur un coup franc du boucher Luis "Luigi" Monti et le complot orchestré par l'arbitre brésilien fait arrêter le match 7 minutes avant la fin. Ce même complot entraîne l'élimination du 11 français après une défaite contre le Chili. L'Argentine passe, à la faveur de trois victoires dont un match à 5 pénalties contre le Mexique.

Les autres groupes sont, curieusement, de trois équipes. L'Uruguay, la Yougoslavie (qui élimine le Brésil, ce qui accrédite le complot anti-uruguayen) et les Etats-Unis (qui éliminent la Belgique notamment sur un but litigieux accordé par l'arbitre uruguayen) se retrouvent avec l'Argentine en demi-finales.

Rien à dire sur ces deux demies. L'Argentine gagne le premier set 6-1 contre les Yankees. Le lendemain, la Yougoslavie ouvre le score d'entrée contre l'Uruguay mais en 5 minutes, la Céleste marque 3 fois puis ajoute 3 buts en deuxième mi-temps pour gagner là aussi 6 à 1.

On ne saura jamais ce qu'il en est du match de classement... sauf qu'il n'a pas eu lieu. La FIFA a décidé de donner la troisième place aux Etats-Unis devant la Yougoslavie.

La finale était celle tant attendue au bord du Rio de la Plata. Les deux meilleures équipes du monde, finalistes aux Jeux d'Amsterdam en 1928 dans une finale rejouée, se retrouvent au Centenario.

La rivalité est historique puisque c'est la 101è confrontation (si j'ai bien compté) entre les deux sélections depuis 1903. Sans compter l'histoire entre les deux pays (L'Uruguay fut alliée à l'Argentine contre le Brésil avant de se séparer de l'Argentine en 1828 et d'adopter une constitution en 1830).

Devant 90 000 personnes, e 30 juillet 1930,  la rivalité se trouva même jusque dans le choix du ballon. L'arbitre belge Langenus décida que chacun utilisera son ballon pour une mi-temps. Puis il sonna le coup d'envoi.

Le ballon argentin fut favorable aux Célestes qui ouvrent le score par Dorado mais Peucelle et Stabile (qui marque son 8è but de la compétition) donnent l'avantage aux Albicélestes et l'Argentine mène 2-1 à la pause. Le changement de ballon est finalement décisif ; c'est lui qui fit échouer plusieurs tentatives argentines, qui auraient pu tuer le match ou égaliser plus tard. Cea égalise à la 58è, Iriarte donne l'avantage aux siens 10 minutes après alors que le manchot Hector Castro porte la marque à 4-2 pour l'Uruguay.

Nanti d'une nouvelle victoire, l'Uruguay pouvait tout simplement bouder et afficher une supériorité que seules les statistiques, les résultats et les manants franco-brésilo-anglais pouvaient refuser d'admettre.


2 commentaires:

Gin Tonic a dit…

Excellent !

Le coté obscur de la pente a gagné cette première coupe du monde.

Tarswelder a dit…

Ça manquait de pédalos.