vendredi 22 novembre 2013

Sprint Cup. JJ rafle un sixième titre.

Ce dimanche à Homestead, dans la banlieue de Miami, la Sprint Cup, championnat majeur de la NASCAR, rendait son verdict. Sans surprise, car nanti d'une avance de 28 points, Jimmie Johnson a remporté le titre au terme d'une saison qu'il a globalement dominée. Il remporte un sixième titre devant Matt Kenseth et Kevin Harvick. Je vous propose un petit retour sur la saison 2013 qui avait aussi commencé en Floride, à Daytona Beach.






Rappelons le fonctionnement de la saison de la Sprint Cup. Elle se déroule sur 36 courses entre février et novembre, pratiquement toujours sur des circuits ovales dont la taille reste variable -à part deux circuits routiers-. 43 voitures sont engagées à chaque course. La saison régulière se termine à la 26è course, à Richmond : les 10 premiers du classement général et les deux pilotes, classés entre la 10è et la 20è place, qui ont remporté le plus de courses sont qualifiés pour les playoffs, le Chase. Les douze (enfin normalement) se voient attribués un total de 2000 points et chaque victoire rapporte 3 points à son titulaire, sauf pour les deux rattrapés qui n'en reçoivent aucun.

 Le nombre de points est attribué de la façon suivante :
- Le vainqueur marque 43 points, le second 42 et ainsi de suite jusqu'au dernier qui marque un point.
- Le vainqueur de l'épreuve marque aussi 3 points supplémentaires au titre de la victoire
- Chaque pilote qui a mené au moins un tour marque un point supplémentaire et celui qui a mené le plus de tours sur une course en est crédité d'un autre. Ainsi, le vainqueur peut rafler 48 points s'il a mené le plus grand nombre de tours en course.


Johnson dominateur.

Vainqueur de la Sprint Cup entre 2006 et 2010, Jimmie Johnson (Hendricks Motorsports/Chevrolet) avait dû laisser le titre à Tony Stewart en 2011 et Brad Kezelowski en 2012 (voir article consacré). Le quintuple champion était attendu à la relance et il n'a pas tardé à rappeler qu'il était toujours aussi motivé : il s'impose dès la première épreuve à Daytona Beach, là où Danica Patrick -la seule femme engagée dans la Sprint Cup et la première à avoir terminé une saison complète- réussit la performance de terminer 8è, ce qui sera son meilleur résultat de la saison.

Johnson trouve néanmoins un grand rival : Matt Kenseth, qui avait remporté le championnat en 2003. Celui-ci remporte deux victoires et il montre une grande capacité d'adaptation car il a changé d'équipe à l'intersaison, pour piloter pour la Joe Gibbs Racing (NDLR. Joe Gibbs est aussi connu pour avoir été un grand entraîneur en NFL).  Cependant, les problèmes de fiabilité de sa Toyota empêcheront Kenseth de rivaliser avec Johnson pour la première place en saison régulière.

JJ impose encore une fois sa régularité et sa domination dans les short tracks (ces circuits ovales d'un demi-mile) comme à Martinsville. Son avance atteint 72 points à la fin du mois de juin et jamais un pilote n'avait autant dominé la saison que lui (en prenant en compte les classements et les anciens systèmes de comptage. des points).La voiture 48 de Johnson triomphe aussi dans la All-Star Race à Charlotte, qui est la capitale de la NASCAR.

Pourtant, les choses se dérèglent à la fin du mois de juillet. Johnson cumule 4 résultats catastrophiques (au-delà de la 30è place) : sa voiture se dérègle, il a des difficultés dans les restarts (il a été pénalisé lors d'un restart et cela l'a marqué pendant longtemps), le moteur Chevrolet casse et en plus, on soupçonne que le pilote est moins concerné -il attend pour la fin du mois d'août un heureux événement-. Sans qu'il soit menacé pour le Chase, Johnson laisse la première place de la saison régulière à Carl Edwards mais c'est Kenseth et ses 5 victoires qui mène le Chase au classement, devant Johnson et Kyle Busch.

Élimination.

La saison régulière a fait trois grosses victimes dont deux par accident. La première victime est Denny Hamlin : le vice-champion 2010 paie un accident avec Joey Logano. Blessé aux vertèbres, Hamlin doit manquer 4 courses, ce qui est rédhibitoire pour se qualifier. Hors du Chase, Hamlin finit bien la saison et remporte la course de Miami pour sauver l'honneur (et une 6è saison consécutive avec une victoire au moins).
L'autre victime est Tony Stewart : champion en 2005 et en 2011, le pilote de son écurie (Stewart-Haas Racing) se fracture le tibia et le péroné dans une course annexe en août. Fin de saison, qui était déjà décevante, et on attend qu'il soit de retour pour la saison prochaine.
L'autre victime est Brad Kezekowski. Le champion 2012 paie un mauvais passage à partir du mois d'avril et son absence de victoire en saison régulière. Une pénalité de 25 points pour des infractions réglementaires ne l'aide pas. Kezelowski n'a pas réussi à assumer son nouveau statut et même s'il a gagné une course dans le Chase, il doit se contenter du 14è rang, le premier des non-qualifiés.

"Clint, t'as le coude qui te gratte".

Mais le scandale de la saison se produit lors de la dernière course de la saison régulière à Richmond.
Il reste une quinzaine de tours à courir et Clint Bowyer (vice-champion 2012, Michael Waltrip Racing) commet un écart inexplicable qui provoque un drapeau jaune. Cette interruption profite à son coéquipier Martin Truex Jr, qui se qualifie pour les playoffs. Dans la même course, Brian Vickers se voit intimer l'ordre de rentrer au stand. Cet arrêt profite à son équipier, Joey Logano, qui sauve sa place pour le chase.

Mais voilà, en écoutant les conversations, on découvre la supercherie. Le code grossier (J'ai le coude qui me gratte de Bowyer) est l'annonce d'une sortie de route volontaire. La NASCAR décide de frapper fort : Bowyer est pénalisé de 50 points en saison régulière (pas très grave car il était facilement qualifié pour le chase) et Martin Truex aussi. L'écurie Michael Waltrip est aussi lourdement sanctionné et le sponsor de la voiture de Truex, NAPA, décide de se retirer, condamnant d'ailleurs Truex (qui a trouvé une autre équipe). Mais dans l'affaire, on s'aperçoit qu'il y a un dindon de la farce : l'homme au chat noir, Jeff Gordon, quadruple champion. Gordon est éliminé pour un point par Logano et la NASCAR n'a pas les mêmes arguments pour disqualifier Logano après l'arrêt de Vickers. Cinq jours après la course de Richmond, les responsables décident de rattraper Gordon et de le qualifier pour le chase. De douze on passe à treize.

Un chase maîtrisé.

Le début du chase est dominé par le leader au classement général, Matt Kenseth (les 13 qualifiés se voient attribués 2000 points plus 3 points par victoire en saison régulière, sauf les 11è, 12è et 13è). Le pilote de la Joe Gibbs Racing remporte les deux premières courses et il réalise la meilleure saison statistique de sa carrière (7 victoires en tout). Mais deux hommes s'accrochent : son coéquipier Kyle Busch et Jimmie Johnson. Johnson rattrape son retard et impose progressivement sa domination, à l'instar de son écrasante domination au Texas, antépénultième étape. Il passe devant. Le chase est un championnat par élimination : Dale Earnhardt Jr et Casey Kahne, coéquipiers de Johnson, perdent toute chance dès le début. Quant à Jeff Gordon, il réalise son meilleur chase depuis longtemps et il s'impose même à Martinsville. Kyle Busch sort de la course et c'est Kevin Harvick qui s'incruste dans la lutte.

La décision se fait à Phoenix, à l'avant-dernière course, comme l'an passé. Matt Kenseth souffre énormément et sa course vire à la catastrophe : pénalité pour vitesse excessive dans les stands, stratégie défaillante, arrêts trop longs, voiture difficile à conduire. Johnson possède 28 points d'avance avant la dernière course à Miami sur Kenseth. Il doit finir au pire 23è pour être champion.

Malgré quelques frayeurs sur certains restarts, JJ termine 9è relativement tranquillement. Matt Kenseth a dominé la course mais il n'a pas gagné ; Denny Hamlin, son partenaire, le devance mais de toutes façons, le titre était joué. Au classement final, 18 points séparent Johnson de Kenseth, Kevin Harvick, qui a raté sa course, finit 3è au général. Dale Jr termine 4è au général après avoir fini en force le chase, même sans victoire.


Johnson, dit 5-pack, devient 6-pack et se rapproche du record de titres de Richard Petty et Dale Earnhardt Sr (7). Et il bat des records de précocité pour ces victoires. Petty pense même que JJ gagnera entre 8 et 10 titres.

Un petit mot sur les deux rookies, compagnons dans la ville : Ricky Stenhouse Jr devance Danica Patrick, qui n'a pas pu confirmer son excellente course de Daytona. Sans faire une saison calamiteuse, elle a surtout beaucoup appris sur des ovales qui ne lui sont pas favorables. Son équipe aussi. Elle aurait pu bien faire au Texas mais une erreur lui a coûté un tour, alors qu'elle pouvait espérer faire un Top-10.

La saison prochaine reprendra le 23 février à Daytona Beach. La chasse au Johnson est déjà ouverte. Elle risque d'être infructueuse même si Kenseth, Kezelowski, Harvick et consort affûtent leurs armes.


6 commentaires:

Gin Tonic a dit…

Le système des points est quand même un peu compliqué.

Bon,il semble qu'il va battre le record de titres.

Tarswelder a dit…

C'est plus simple qu'avant paraît-il.

Une place gagnée un point marqué mais on peut gagner beaucoup de bonus.

Les 2000 points pour le chase sont assez élevés pour éviter qu'un non-qualifié se rattrape.

Après, ce n'est pas plus compliqué que les points de bonus du Patop 14.

Gin Tonic a dit…

Ce qui est assez étonnant, c'est que sur toute une partie de la saison, une majorité de pilotes courrent en sachant qu'ils ne gagneront pas le titre.

Tarswelder a dit…

Ils y en a même beaucoup qui ne finissent pas les courses et qui le savent mais ils touchent aussi de l'argent.

Gin Tonic a dit…

C'est vrai qu'il y a l'argent.

Mais ça me parait plus logique que le titre se joue entre tous les pilotes pendant l'ensemble de la saison.

Tarswelder a dit…

Le chase a été créé en 2004. On voulait donner de l'importance aux dernières courses.

Mais je suis d'accord, il y a un côté un peu absurde avec les chasers et les non-chasers. Mais il y a des victoires et des sous à gagner. Sans compter le classement propriétaires.