jeudi 31 octobre 2013

Les Red Sox champions !

C'est ce mercredi soir que la série mondiale 2013 s'est achevée. Par une victoire aussi large que dans la première manche, les Red Sox de Boston ont triomphé en 6 parties des Cardinals de Saint-Louis. Cette victoire est tout à fait logique si on regarde la physionomie de la série. Les Red Sox ont toujours été dans le coup lors des 6 rencontres alors que les Cardinals ont été nettement dominés et n'ont jamais réussi à inverser le score lorsqu'ils étaient derrière.







Match 1. Red Sox : 8 Cardinals : 1

Au Fenway Park de Boston, l'ambiance était monstrueuse et les Red Sox se sont déchaînés contre des Cardinals bien fébriles, commettant en particulier 3 erreurs défensives qui ont coûté 3 points.

Pour les Sox, John Lester est envoyé au monticule face à Adam Wainwright pour les Cardinals. Celui-ci entame mal la rencontre et la défense ne l'aide pas non plus : il accorde 3 points en première manche après un double de Mike Napoli qui vide les sentiers. En deuxième, les Sox inscrivent deux autres points, en profitant encore des buts remplis. 5-0 après deux manches, c'est quasiment rédhibitoire. En 7è, David Ortiz entame son show par un home run pour deux points et Boston porte la marque à 8-0 en 8è manche. Le circuit de Matt Holliday en 9è n'est qu'une consolation pour une défaite écrasante.

Match 2. Cardinals : 4 Red Sox : 2

Je l'avais écrit dans ma présentation : une grande partie de la série dépendra des prestations des lanceurs partants des Cardinals. Mike Matheny lance le rookie Michael Wacha, énorme depuis le début des séries (3-0 et 1 point mérité par match). Et le jeune lanceur des Cardinals tient bien le choc et limite l'attaque des Red Sox. Mais de leur côté, les Cardinals ont bien du mal à concrétiser les chances que John Lackey leur procure. Ils ouvrent néanmoins la marque sur une frappe optionnelle (une frappe qui roule vers un défenseur qui retire le frappeur mais qui permet aux autres coureurs d'avancer) de Yadier Molina (1-0).
En 6è, David Ortiz claque son deuxième circuit de la série. "Bip Papi" semble déjà devenir le "Bip MVP".

Match 3. Cardinals : 5 Red Sox : 4

La polémique de la série. Neuvième manche, les Cardinals ont deux coureurs sur les sentiers et un retrait. Jon Jay frappe vers le deuxième but, Dustin Pedroia, qui lance au marbre à Jarod Saltalamacchia qui retire Yadier Molina qui allait marquer. Mais ensuite, il lance au troisième but pour éliminer l'autre coureur des Cards, Allen Craig, qui fonçait vers la base ; mais le lancer est mauvais et le 3è but Middlebrooks plonge en vain. Cependant après être tombé, il accroche Craig en levant les jambes (volontairement ou pas, ce n'est pas la question). Craig se relève et tente d'aller marquer mais le relais l'élimine. C'est pourtant bien avant que l'arbitre au 3è but, Jim Joyce (déjà connu pour avoir privé un lanceur des Tigers d'un match parfait par une erreur d'arbitrage) signale avant la fin de l'action une interférence défensive. Du coup, l'arbitre au marbre valide le point marqué par les Cardinals.

Voici l'action litigieuse : L'action litigieuse.

Le règlement est clair et la conférence de presse l'a bien précisé : si un joueur empêche la progression d'un coureur, que ce soit intentionnel ou pas, alors l'arbitre signale une interférence défensive. Dans ce cas, le ou les coureurs avancent d'un but. Or, comme Craig partait du troisième but, il est considéré comme sauf au marbre puisqu'il avait passé le troisième.

Voilà pour la polémique. Autrement, les Cardinals ont laissé échapper l'avance par deux fois : après 2 points inscrits en première manche, les Red Sox marquent un point en 5è et 6è manche (2-2). Un double de Matt Holliday en 7è redonne encore deux points d'avance (4-2), que les Red Sox annulent en 8è (4-4), jusqu'à cette dernière action. Les Cardinals prennent alors l'avance dans la série : 2-1.

Match 4. Red Sox : 4 Cardinals : 2

Même si les frappeurs des Red Sox n'ont pas une grosse moyenne collective, ils frappent au bon moment. Ainsi, après l'ouverture du score par les Cards en 3è manche, ils égalisent en 5è (1-1). Johnny Gomes frappe la longue balle pour 3 points en 6è manche et les Red Sox mènent 4-1. Le point inscrit par Saint-Louis en 7è ne suffit pas car la relève des Red Sox préserve l'avantage (4-2).

Match 5. Red Sox : 3 Cardinals : 1

C'est le troisième et le dernier match disputé à Saint-Louis. Les Cardinals jouent la série sur cette rencontre car si une victoire leur donne une chance réelle de gagner la série mondiale, une défaite les mettrait dans une situation impossible. Et les Red Sox prennent encore les devants avec un double de David Ortiz, énorme dans cette série : 1-0. Matt Holliday est le seul joueur des Cards à apporter un peu de puissance : son circuit en quatrième égalise. La rencontre bascule en 7è manche sur deux points marqués par les Red Sox contre Adam Wainwright. John Lester remporte une deuxième décision contre le lanceur étoile des Cardinals.

Match 6. Red Sox : 6 Cardinals : 1

Menés 2-3, les Cardinals ont une mission très difficile à accomplir : ils doivent gagner les deux derniers matchs à Boston. Ils misent encore sur Michael Wacha, 22 ans, exceptionnel depuis le début des séries. Mais tout à une fin : les Red Sox assomment le jeune lanceur lors des manches 3 et 4. Trois points sur un triple de Shane Victorino (3-0) puis trois autres dans la manche suivantes dont un circuit de Stephen Drew et un autre point produit par Victorino. Wacha ne finit pas la 4è manche. La réplique des Cards vient en 7è manche avec un simple de Carlos Beltran. C'est par cette victoire 6 à 1 que les Red Sox remportent leur 8è série mondiale, 6 ans après la dernière (2007), 9 ans après avoir battu les Cardinals et vaincu la malédiction. C'est le troisième titre des Red Sox en 10 ans, eux qui ont connu une disette de 86 années et c'est le premier des trois derniers célébré à domicile.

David Ortiz a été fort logiquement élu MVP, même si John Lester (2-0, 1.54 ERA en 15 manches 1/3) aurait mérité la récompense. Le frappeur désigné des Red Sox a affiché une moyenne ahurissante de 0.688 (11/16), 2 HR, 6 points produits et 7 marqués. La forme d'Ortiz était telle que les Cardinals ont préféré lui donner des buts sur balles lors du match 6 (4), à l'image de ce qu'on faisait pour Barry Bonds.



La victoire des Red Sox vient surtout d'un homme : John Farrell, le manager de l'équipe. Il a repris en main une équipe à la dérive (69 victoires en 2012), traumatisée par l'échec de 2011 et le mauvais management de son prédécesseur, Bobby Valentine, qui s'est fâché avec toute l'équipe. Farrell a pu remettre sur les rails une équipe pétrie de joueurs de grand talents (Pedroia, Ortiz, Ellsburs, Buchholz, Lester), complétée par des joueurs incisifs (Napoli, Victorino).

Qu'est-ce qui a fait la différence ? L'attaque des Red Sox a été plus puissante tout simplement. L'impact de David Ortiz a été crucial même si ses statistiques en circuits et points produits ne sont pas si impressionnantes que d'autres MVP comme Pablo Sandoval (2012) ou David Freese (2011). Les Red Sox ont su frapper aux bons moments et être meilleurs au monticule que les Cardinals, dont c'est le point fort. Enfin les Cardinals ont manqué de cette fameuse puissance : s'ils ont de bons frappeurs, ils n'ont pas souvent trouvé la longue balle ou frappé des doubles qui produisent les points. A l'inverse, les Sox ont frappé dur avec des coureurs sur les sentiers et ils ont exploité les erreurs et les largesses de l'adversaire, quand celui-ci ouvrait la porte. Le réalisme a été la clé de la série.

Bravo aux Red Sox, sans doute l'équipe de baseball la plus populaire aux Etats-Unis, qui ont retrouvé leur rang. Sans doute aussi, les joueurs ont été surmotivés par l'effet de l'attentat sur le marathon, qui s'est produit le jour même d'un match des Red Sox. Ils ont été plus forts, plus solides, plus efficaces que les Cardinals, qui ont quand même réalisé une très belle saison.

Place maintenant à l'hiver et aux transactions. Dans ce domaine, les Red Sox ne seront pas passifs. Les Indians devront aussi se bouger, eux qui risquent de perdre Ubaldo Jimenez et peut-être Scott Kazmir, deux revenants qui ont fait le succès des Indians en 2012. Mais rassurez-vous, Cleveland vainqueur ce n'est pas pour demain mais c'est plus proche pour les Indians que les Browns voire les Cavaliers !



3 commentaires:

Gin Tonic a dit…

J'avais bon pour mon prono du vainqueur.

Tarswelder a dit…

Oui mais il n'y avait pas de concours. C'est ballot !

Gin Tonic a dit…

Oui, mais j'ai gagné quand même...