lundi 30 septembre 2013

Les Indians en playoffs

Dimanche soir vers 23 h. Dernière manche du match Twins-Indians. La Tribu mène 5-1 alors que les Twins n'ont personne sur les sentiers et qu'ils ont deux frappeurs éliminés. Le dernier frappeur défie Jusitn Masterson : il frappe, la balle échappe de peu à Nick Swisher mais Jason Kipnis est en embuscade et l'attrape. Il la lance à Masterson qui file au premier but pour faire le troisième retrait. C'est fini. Les Indians s'imposent et décrochent leur premier billet en playoffs depuis la terrible finale de ligue perdue en 2007. Je lève les bras vers le ciel.






Dimanche 28 avril. Premier des deux matchs du programme double que les Indians disputent à Kansas City contre les Royals. C'est une véritable boucherie : 9-0 pour les locaux. J'exprime mon dépit sur Facebook. Avec un dossier de 8-13, la saison commence en galère. Rien ne va : le pitching est désastreux, comme on le craignait, et l'attaque est en panne. Ce que j'ignore alors, c'est que les Indians ne seront plus jamais sous la barre des 5 victoires sous la moyenne. Une semaine plus tard, le 4 mai, les Indians réussissent une première série de 7 victoires, concluant au passage la première d'une séquence de 7 séries de 4 matchs balayées (du jamais vu depuis les Cardinals de 1943).

Tout semble se remettre en ordre avec une attaque revigorée avec le réchauffement climatique. Les lanceurs sont encore erratiques mais ils sont mieux disposés. Quelques victoires extrêmes donnent le sentiment que l'équipe repart de l'avant. Au 20 mai, les Indians sont en tête de la ligne et disposent d'une avance de 2,5 matchs sur les Tigers. Mais l'équipe de Detroit est la bête noire des Indians (15 victoires en 19 matchs cette saison). Et puis une série de 7 défaites au début du mois de juin semble ramener l'équipe de Cleveland sur terre (30-33). Le 18 juin, les Indians battent les Royals 4-3 et ils repassent au-delà des 50% (36-35). Plus jamais l'équipe ne quittera un bilan positif.

Les Indians continuent d'avancer en outsiders. On ne croit pas tellement en leurs chances même si on apprécie leur parcours. Le problème, c'est que les Tigers viennent toujours briser leur dynamique et au 30 août, une nouvelle défaite 10-5 condamne leurs chances de remporter la division (6 matchs de retard) alors qu'ils affichent un déficit de 4,5 matchs sur la deuxième wild-card. Le 1er septembre, les Indians brisent leur signe et battent en prolongation les Tigers (4-0). Tout reste possible. Après tout, les Cardinals et les Rays de 2011 ont remonté 9 matchs de déficit en septembre pour se qualifier. Le calendrier n'est pas défavorable aux Indiens, qui n'ont que peu d'équipes au-dessus des 50% de victoires à affronter (les Royals).

Et l'équipe fait le meilleur mois de septembre de son histoire (21-6). En pulvérisant les White Sox (17-2 sur la saison), les Indians se rapprochent doucement des Rays et des Rangers, qui lâchent la course à la division. A une semaine de la fin de la saison régulière, les Rays sont devant les Rangers et les Indians.

La dernière semaine est palpitante : les Indians se sauvent avec une victoire miraculeuse contre les White Sox mardi : en retard 3-4 en 9ème manche, ils gagnent sur un missile du vétéran Jason Giambi, qui vaut deux points. Contre les Twins, Chris Perez s'envoie en l'air dans le match du vendredi, laissant les Twins revenir de 1-6 à 5-6. Il est remplacé et les Indians se sauvent encore. Mais dans ce mois de septembre, les lanceurs partants font un excellent boulot, à l'image de Scott Kazmir et d'Ubaldo Jimenez (6-0, 1.09 ERA en septembre). L'attaque souvent erratique, profite du réveil tardif mais crucial de Nick Swisher (22 HR dont 8 en septembre) et d'Asdrubal Cabrera. Le vendredi soir, les Rays perdent à Toronto : les Indians les rattrapent au sommet de la course pour la wild-card, juste devant les Rangers. Le samedi, Cleveland passe devant après une nette victoire contre Minnesota et la défaite des Rays à Toronto. Le dimanche, c'est fini.

Jason Kipnis lève le bras au ciel, après avoir assisté le dernier retrait. Nick Swisher lève les bras : le natif de l'Ohio a réussi son pari. Envoyer les Indians en playoffs.


Pour la première fois depuis 2007, les Indians se qualifient pour les playoffs. Ils finissent par une séquence de 10 victoires (record de franchise pour terminer une saison) et ils sont l'équipe en forme de la fin de la saison. Après 2007, les Indians ont affiché un triste et pénible bilan (81, 65, 69, 80, 68 victoires entre 2008 et 2012).


La victoire de l'équipe.

Pour expliquer ce succès, qui dépasse mes espérances (je voyais l'équipe à 85 victoires), il faut considérer ce résultat à plusieurs échelles :

- La victoire des dirigeants. Chris Antonetti est allé chercher un manager pour gagner. Sans doute lassé de voir un stade déserté pour regarder une équipe médiocre, ayant signé un gros contrat télévisé avec FoxSports qui améliore les revenus de l'équipe, le general manager s'est mis en tête de construire une équipe pour faire venir les gens au stade. On en est encore loin (14ème affluence de la ligue américaine) mais les gens ont fini par venir au stade sur la fin la saison. Mais avec l'arrivée de Francona, on a intéressé des free agents (Swisher et Bourn) qui ont enlevé de la pression aux jeunes de l'équipe.

- La victoire de Terry Francona. L'ancien manager des Red Sox et des Phillies n'est pas venu à Cleveland pour reconstruire avec une équipe médiocre. On l'a recruté pour remettre dans le bon chemin une franchise qui a de bons joueurs mais qui manque de leadership et d'un chef d'expérience. Francona a façonné cette équipe. Lui et son équipe d’entraîneurs ont fait progressé les lanceurs partants et ils ont parfaitement géré l'effectif, en donnant beaucoup de matchs à jouer aux remplaçants.

- La victoire de l'équipe. Aucun joueur ne figurera dans le classement du meilleur joueur de la saison. 2 joueurs, Nick Swisher et Carlos Santana, ont frappé 20 circuits et plus mais aucun n'a produit 100 points. et pourtant, on parle de la 4è meilleure attaque de la ligue en points. La cause, une efficacité nettement amélioré pour faire marquer les coureurs qui sont en position de le faire. D'autre part, la gestion globale de l'effectif a permis de donner leur chance à des joueurs qui relançaient leur carrière. C'est le cas de Ryan Raburn : 87 matchs joués, 243 présences officielles au bâton, 16 HR, 18 doubles, 55 RBI. Pas mal pour un remplaçant !

- La victoire du banc. Comment ne pas affirmer que le banc des Indians est le meilleur de la MLB. Avec Raburn, Yan Gomes (un receveur remplaçant meilleur que le titulaire en défense et aussi dangereux en attaque), Mike Aviles et Jason Giambi, on a un groupe qui a apporté son écot à l'attaque (45 HR pour les quatre).

- La victoire de la justesse. A la limite des transactions, les Indians n'ont pas démonté l'équipe : ils sont allés chercher Marc Rzepczynski, le releveur gaucher qui manquait tant aux Indians depuis des années. En sortant des mineures Danny Salazar, Francona a pu avoir un 5ème partant qui a remplacé de manière intéressante Corey Kluber et Justin Masterson, qui s'étaient blessés.

- La victoire de l'improbable. Comment penser à la résurrection d'Ubaldo Jimenez, surtout après son terrible mois d'avril ? Comment penser que Scott Kazmir pourrait retrouver une grande partie de ses sensations en septembre, après avoir coincé au mois d'août ? Comment penser que Ryan Raburn serait ressuscité après avoir été débarqué des Tigers, suite à une saison calamiteuse ? Comment penser que Zach MacAlister et Corey Kluber seraient des lanceurs dominants alors qu'ils n'étaient qu'en lutte pour une place de cinquième partant à l'entame de la saison ? Voilà la réponse.

La victoire de l'équipe est celle aussi d'une formation qui a manifesté beaucoup d'envie. L'enthousiasme était patent lorsque les joueurs marquaient. Le rôle des vétérans a été crucial : Nick Swisher n'a pas fait une grande saison mais il est un des leaders de l'équipe. Jason Giambi a plusieurs fois joué un rôle décisif malgré son faible nombre de présences et sa moyenne basse. Mais il a été aussi un de ceux qui a servi de relais entre Francona et les joueurs, notamment après les défaites contre Detroit fin août.

Finalement, cette équipe a été cherché une qualification inattendue mais méritée. Méritée parce que cette équipe a progressé tout au long de la saison. Elle a progressé dans ce qui est au coeur du jeu : le lancer. Sans ce progrès, les Indians n'auraient pas pu se qualifier et forcer la sortie des Rays ou des Rangers (qui s'affrontent cette nuit), ni les recevoir mercredi.

Quant à espérer gagner la série mondiale, il y a un pas que je ne franchirai pas. Mais la confiance peut soulever beaucoup de choses. Qui sait, en cas de qualification mercredi, les Red Sox se profilent, avec un gros sentiment de revanche pour 2007.

Ailleurs.

Il n'y a pas que les losers de Cleveland qui ont brisé le signe indien. C'est le cas des Pirates de Pittsburgh, qui se qualifient pour les playoffs et réussissent une première saison positive depuis 1992 (record sports collectifs confondus). Bravo à eux, ils l'ont bien mérité. Par contre, la honte viendra pour les Californiens : les Giants de San Francisco ont fait une saison minable sans qu'on comprenne pourquoi et les Angels de Los Angeles ont payé une politique de recrutement qui n'est pas la bonne selon moi. Du désastre californien, je sauve les A's d'Oakland, vainqueurs de leur division et modèles de réussite pour un petit marché. Enfin les Dodgers de Los Angeles ont largement remporté une division alors qu'ils affichaient un dossier de 30-42. Ils finissent avec 92-70.

Pour les performances individuelles, je saluerai les 53 home runs de Chris Davis des Orioles de Baltimore. Mais le titre de MVP pourrait encore échoir à Miguel Cabrera, qui échoue de relativement peu pour une deuxième triple couronne consécutive.

Enfin je terminerai par l'incroyable exploit de Wladimir Balentien. Le Néerlandais de Curaçao a brisé le mythique record de home runs dans la NPB, la ligue de baseball japonaise. Bien qu'il ait manqué les 12 premiers matchs de la saison, Balentien a réussi 58 HR, soit 3 de mieux que la légende Sadaharu Oh, Tuffy Rhodes et Alex Cabrera. En leur temps, les joueurs étrangers s'étaient vus privés d'un record par l'attitude des Japonais, qui refusaient qu'on détrône Oh. Mais les temps ont bien changé et la reconnaissance du baseball majeur à l'égard des Japonais (Ichiro Suzuki et ses 4000 coups sûrs en carrière le prouvent) ont eu raison d'un nationalisme toujours exacerbé au pays du Soleil Levant.





13 commentaires:

Gin Tonic a dit…

Bravo pour cette qualif !

Maintenant, quelles sont leurs chances en PO ?

Tarswelder a dit…

On attendra le match de ce soir entre les Rays et les Rangers pour savoir qui ira à Cleveland.

Les Indians peuvent passer mais après ce seront les Red Sox de Boston. Difficile mais jouable. Après tout, une équipe qui finit la saison en trombe accumule un paquet de confiance et ça peut marcher avec les Indians.

Gin Tonic a dit…

Bon, ça peut donner quelque chose d'intéressant.

Tarswelder a dit…

Tout est possible. J'ai du mal à croire que les Indians peuvent aller au bout mais je ne croyais pas qu'ils iraient en playoffs.

Gin Tonic a dit…

Un bon coach, une équipe homogène, un bon banc et une bonne dynamique: tout est possible.

Tarswelder a dit…

Je pense que l'équipe est un peu trop juste car il manque sans doute un clutch player comme l'ont d'autres équipes comme Detroit et Boston.

Evidemment, je ne cracherai pas sur une série mondiale et je m'achèterai même la tenue complète si les Indians gagnent !

Gin Tonic a dit…

Et la, faudra faire des photos !

Tarswelder a dit…

C'est sur. Je vous narguerai tous !!!

Tarswelder a dit…

L'Ohio sud n'est pas passé (Cincinnati) mais le Nord est en force ce soir !

Seb a dit…

Victoire des Rays hier 4-0.

Un haut de lineup défaillant côté Indians :

Bourn, Swisher et Kipnis cumulent à 0-12 avec 4 K's et 12 LOB... Gomes et Chisenhall en bas d'alignement finissent à 2/4 et 3/4 mais n'ont pas pu rentrer à cause de ca.

Derrière les Rays ont fait le boulot. Cobb lance 6 manche 2/3 sans encaisser de points, gros hits de Young (HR), Jennings (2/3, 2 RBI's) au bon moment.

Je me suis complètement fourvoyé ds mes pronos d'avant-saison (j'avais parié sur une finale Giants-Angels je crois :-)), par contre les Royals m'ont comme prévu surpris et on va encore entendre parlé d'eux en 2014.

Côté Giants la grosse défaillance a été la rotation partante : à part Bumgarner et un no-hit de Lincecum en juillet, le reste... Cain fait une saison merdique, Zito la saison de trop. Ajouté à ça quelques blessures (Pagan en mai ou juin notamment)...

Niveau playoffs, je vois bien les Rays continuer dans la lancée et battre les Red Sox, Detroit passera contre les A's, la finale AL verra les Rays passer en série mondiale. Côté Nationale je pars sur un Cardinals-Braves en finale de ligue. Série Mondiale Braves-Rays, victoire des Rays !

Tarswelder a dit…

Pour moi les Tigers ne rateront pas leur coup cette année. On devrait avoir un remake de 2006 mais avec le résultat inversé. Les Tigers battent les Cardinals.

Gin Tonic a dit…

Partie remise pour l'an prochain pour les Indians.

Tarswelder a dit…

C'est quand même une saison très positive. Les Indians seront très dangereux l'année prochaine et surtout en 2015 avec le déclin des Tigers.