mercredi 3 juillet 2013

Les Indians à la mi-saison. Bilan encourageant mais...

Au 30 juin 2013, les Indians de Cleveland ont franchi la moitié de leur calendrier. Ils ont atteint ce cap en balayant une série de 4 matchs chez les White Sox de Chicago pour une première fois depuis … 1948 et ils en ont profité pour rejoindre les Tigers de Detroit en tête de la division centrale de la Ligue Américaine, avec un dossier de 44 victoires et 38 défaites. Faisons l'autopsie d'un début de saison qui a ressemblé aux montagnes russes.




Un parcours inconstant.

Le moins qu'on puisse écrire c'est que les Indians sont une équipe de séries, bonnes ou mauvaises. La première partie n'était pas grandiose (8-13) avec un temps frais, des difficultés à domicile et des prestations des lanceurs partants souvent médiocres et parfois catastrophiques (à voir la série contre les Yankees). Sans compter aussi quelques blessures qui pèsent sur l'effectif (Bourn, Kazmir). La défaite 0-9 contre les Royals de Kansas City un dimanche me faisait penser le pire. L'équipe de Francona n'a pas démarré.

Et puis... l'attaque s'est réveillée. Elle a commencé à frapper des coups de circuit à tout va, à l'image de Mark Reynolds, en feu en début de saison -plus maintenant- et d'autres se sont réveillés comme Jason Kipnis ou bien Ryan Raburn, qui claque 4 circuits en deux matchs contre les Phillies. La réussite est venue avec : un home run refusé aux A's en 9è manche qui aurait égalisé. Des renversements de situation à la pelle contre les Mariners... Et les performances des lanceurs ont suivi : Masterson réussi deux matchs énormes en 5 jours, les inconnus Zach McAllister et Corey Kluber réussissent des performances improbables au vu d'un pedigree peu réputé. Même Ubaldo Jimenez évite les coulages systématiques !

Fin mai, les Indians prennent 2,5 matchs d'avance sur les Tigers. Mais ils perdent la série de deux matchs à domicile et ils entament ensuite une longue tournée qui vire au calvaire, avec des défaites regrettables à Boston, d'autres sans appel à New York, un mauvais passage à Detroit. La fin se termine mieux avec une série gagnée au Texas contre les Rangers. Les Indians sont quand même repassés sous les 50 % de victoires.

Enfin à la mi-juin, l'équipe repart de l'avant avec un calendrier plus facile : après la série gagnée au Texas, le retour à la maison se traduit par deux séries gagnées contre les Twins du Minnesota et les Royals de Kansas City. Enfin la semaine dernière, les Indians vont égaliser une série de quatre matchs à Baltimore avant de balayer l'autre série de quatre à Chicago -dont un programme double de 8 heures vendredi-.

Si les Indians n'ont pas raté leur début de saison, il leur reste à ne pas rater la fin comme c'était le cas lors des deux années précédentes : au 1 er juillet, ils affichaient un bilan de 43-37 en 2011 et 40-38 en 2012. Mais ils ont échoué à 80 victoires en 2011 et 68 en 2012, loin, très loin des Tigers (15 et 20 matchs respectivement).

Faisons le point sur l'équipe pour savoir si les choses peuvent être différentes :

L'attaque :

C'est clairement le point qui a le plus progressé. Même si Nick Swisher (0,235 ; 8 HR ; 29 RBI en 68 matchs) n'a pas apporté toute sa mesure, Michael Bourn (0,299 ; 2 HR ; 15 RBI en 56 matchs seulement) est au niveau attendu tout comme Mark Reynolds (0,233 ; 15 HR ; 46 RBI). Mais ces joueurs ont libéré les jeunes de l'équipe : après un formidable mois de juin, Jason Kipnis (0,299 ; 12 HR ; 51 RBI) est l'homme de base de l'atttaque, Carlos Santana (0,269 ; 10 HR ; 34 RBI) a beaucoup progressé dans l'approche (0,378 de présence sur les sentiers). Seul Asdrubal Cabrera est en retrait : mais il a été blessé mais surtout il n'est pas vraiment un frappeur de puissance. En fait, la force des Indians en attaque vient de son collectif : 4ème de la ligue pour les points, 5ème pour les circuits et 1 er pour les buts volés (63 en 79 tentatives). Si aucun joueur ne fait partie des meilleurs frappeurs de la ligue, 11 joueurs ont produit vingt points et plus. A ce propos, l'apport des remplaçants est vraiment intéressant : Aviles (0,258 ; 6 HR, 26 RBI), Raburn (0,262, 9 HR, 10 doubles en 37 coups sûrs et 26 RBI) et Yan Gomes (0,284 ; 6 HR et 20 RBI en 116 présences) ont beaucoup de présences utiles.

Jason Kipnis et sa façon si particulière de se préparer à frapper. Grâce à un mois de juin énorme (il a d'ailleurs été élu le meilleur joueur du mois dans l'Américaine), le deuxième but des Indians est devenu le joueur offensif numéro un de la franchise.


Les lanceurs partants.

Point faible de l'équipe, le monticule a progressé au fil de la saison, même si la moyenne de points mérités (4,28) est une des plus mauvaises de la ligue. Les difficultés en début de saison plombent la statistique. Justin Masterson (10-6 ; 3,48 ERA et 3 blanchissages) est le lanceur star de la franchise. Ubaldo Jimenez (6-4 ; 4,63 ERA) a élevé son niveau depuis un mois et demi et il arrive à se sortir régulièrement des situations difficiles dans lesquelles il se met parfois. Les deux affichent 9 strikeouts par 9 manches, ce qui est excellent. L'élévation de leur niveau de jeu est une condition de la réussite des Indiens cette saison mais les performances des autres partants n'étaient pas attendues aussi bonnes : Zach McAllister (4-5 ; 3,43 ERA) est blessé mais il a offert des prestations convaincantes. Scott Kazmir (4-4 ; 4,83 ERA) est en train de relancer sa carrière à Cleveland même si ses performances sont encore inconstantes. Enfin Corey Kluber (4-5 ; 4,16 ERA) sort quasiment de nulle part : promu cinquième partant après la blessure de Brett Myers, Kluber a réussi à être élu joueur de la semaine récemment. Derrière, les autres partants en arrachent pas mal : Carlos Carrasco (0-3 en 5 départs) en arrache entre les suspensions et les sorties très irrégulières. A sa décharge, il faut rappeler qu'il sort d'une saison blanche à cause de l'opération Tommy John. Brett Myers est blessé et il est en train de mener son programme de réhabilitation ; sa tentative de redevenir un lanceur partant tourne à l'échec. Enfin Trevor Bauer, l'espoir numéro un de la franchise, souffre de problèmes de contrôles à l'image de sa sortie désastreuse de vendredi (malgré une victoire 19-10) où il a donné 5 points en 2/3 de manche.

Justin Masterson, ici contre les White Sox de Chicago. Le lanceur des Indians mène les ligues majeures pour les blanchissages (match complet sans accorder de point) avec 3. Il retrouve la forme de 2011.


La relève.

Point fort de l'équipe, elle n'a pas connu que des bons moments mais elle est là quand on l'attend, dans les matchs serrés. Pourtant, les Indians n'affichent que 16 sauvetages (mais c'est la meilleure équipe des majeures en prolongation) mais ils affichent un dossier de 17-7 dans les matchs décidés d'un point soit le meilleur bilan des majeures en pourcentage et deuxième en victoires (L'Arizona affiche 18-12). Il a fallu aussi jongler avec les blessures : Vinnie Pestano puis Chris Perez se sont blessés (ce dernier a en plus quelques soucis judiciaires) mais les arrivées de Brian Shaw et Matt Albers (3,79 ERA en 38 manches et 2,22 ERA en 28 manches 1/3), la confirmation de Joe Smith (2,08 ERA et 1 sauvetage en 30,1 manches) et l'émergence de Cody Allen (2,16 d'ERA en 33,1 manche) a donné de la stabilité. Il reste encore le problème des releveurs gauchers : Rich Hill ( 6,75 ERA en 21,1 manches) a connu des soucis en mai, Scott Barnes (7,27 ERA) et Nick Hagadone (5,40 ERA) font des allées et venues entre le AAA et le niveau majeur.

Avec Chris Perez et Vinnie Pestano, Joe Smith constitue la "Bullpen Mafia", un des trios de releveurs de 8-9è manches les plus dominants de la MLB. Smith est le moins coté des trois mais c'est le plus constant. Spécialiste de la 8è manche, il a été crédité de son premier sauvetage en carrière cette saison.


La défense.

Elle était une des plus mauvaises en 2012. Les erreurs se sont réduites : 47 depuis le début de la saison soit le 5è rang de l'Américaine (0,984 de jeu sans erreur). On pourra relever les progrès d'Asdrubal Cabrera à l'arrêt-court : il avait fini dernier parmi les titulaires du poste dans l'Américaine, il n'a commis que 3 erreurs en 56 matchs. Par contre, les spécialistes de la batte comme Mark Reynolds (8 erreurs) sont plus faibles mais Reynolds a souvent joué au 3è but, poste plus délicat pour lui que le premier. Toujours dans la catégorie défensive, les progrès contre le vol de buts sont assez nets: avec 24 % de coureurs attrapés en vol de buts, les Indians sont dans la moyenne (25%) alors qu'ils n'affichaient que 21 % d'élimination en 2012.

Le management.

La différence se fait ici et surtout là. Terry Francona n'est pas Manny Acta et les résultats le prouvent : par deux fois les Indians ont connu des séries de défaites mais ils ont réagi par des périodes de succès. Francona a aussi d'autres moyens que son prédécesseur mais il utilise intelligemment son banc et il gère prudemment ses lanceurs. Mais il va demander du renfort au monticule : il manque un gros lanceur partant pour que les Indians aillent en playoffs. Le problème est que Cleveland n'a pas de prospects à offrir en retour à Matt Garza pour les Cubs et il n'est pas question de démanteler l'équipe même si les joueurs comme Reynolds n'ont signé que pour un an. Reynolds est trop important pour le moment.

Il paraît que mâcher rend plus intelligent. En tout cas, Francona exploite du mieux possible le potentiel de ses lanceurs.


Peut-on espérer une autre fin pour les Indians ?

Oui car le contexte n'est pas le même, sauf pour l'affluence qui reste faible. Cleveland est une ville de football américain mais les Browns ont encore moins de résultats que les Indians ! Oui parce que les joueurs n'ont pas tous montré leur meilleur niveau et que les blessures ont pénalisé l'équipe, contrairement à 2012. Oui parce qu'on a vu des progrès sur la saison au monticule.

Mais non parce qu'on est à Cleveland et qu'on n'y croit pas par nature. Non parce que l'équipe est trop limitée chez les lanceurs partants, non parce que le spectre d'un effondrement est présent et reste envisageable. Mais Francona ne restera pas aussi passif que l'a été Acta lorsque l'équipe a connu le pire mois de son histoire en août dernier (5-24).

L'avenir nous le dira et la série contre Detroit en fin de semaine nous donnera déjà un élément de réponse.

4 commentaires:

Gin Tonic a dit…

Allez, je parie pour un bilan positif à la fin de la saison.

Tarswelder a dit…

Sans doute. Mais pas de playoffs, étant données les équipes à l'Est et à l'Ouest. Je reste sur les 85 victoires. Sauf si on tape durement les Royals, les Twins et les White Sox. Là, ça peut se faire avec une deuxième partie de calendrier moins difficile que la première.

Gin Tonic a dit…

Les PO seront peut-être pour une prochaine saison.

Tarswelder a dit…

L'année prochaine davantage.