mardi 25 juin 2013

Qui ne stagne pas recule !

Chaque année depuis désormais une bonne décennie, l'équipe de France prend son habituelle série de défaites dans l'hémisphère sud -à quelques exceptions près-. Cette fois, chez les All Blacks, trois défaites (13-23, 0-30, 9-24) ont marqué la fin de saison d'une équipe qui ne cherche même plus ce qu'elle ne sait même pas trouver.

"J'ai encore un bout de chorizo qui me colle au doigt, c'est pour ça que je n'envoie pas bien mes pizzas ! Ouais et en plus tu les fais mal parce que quand j'ai mangé la feuille sur le 3 contre 1, j'avais aussi les doigts collés".


Trois défaites mais pas trois taules.

On pourra se consoler comme ça. On est loin de la soixantaine de points que les Irlandais ont pris il y a un an au troisième test, on est loin aussi des belles raclées de l'ère Laporte où Chabal cassait du Tout Noir et les Tous Noirs cassaient la défense française. Les trois défaites sont globalement sévères mais elles sont aussi impitoyables. On ne commet pas d'erreurs contre les Néo-zélandais.

Physiquement, les Français ont plutôt bien tenu le coup. Ils avaient tendance, comme beaucoup d'équipes du Nord, à flancher dans les dernières minutes de la mi-temps mais si c'était le cas lors des matchs 2 et 3, c'était plus par des tentatives désespérées de marquer, qui ont été châtiées, que par un écroulement massif des réserves physiques.

Dans les regroupements, les Bleus ont été bons, faisant jeu égal avec les Blacks. Ils ont pu sauver quelques essais en provoquant la faute sur leur ligne.

Inconstants, des constances.

A l'inverse, la touche et la mêlée ont subi les foudres de l'inconstance bleue. Szarczewski a certainement perdu une grande partie de son crédit de titulaire en se croyant dans une pizzeria, surtout que Kayser s'est montré à son avantage dans le match 3. Nicolas Mas a apporté de la stabilité en mêlée mais c'est aussi bon qu'encourageant car il n'y a pas vraiment de solution alternative (Ducalcon peut-être).

La constance a été évidemment la nullité offensive française. Un essai, sur un exploit personnel de Fritz qui sert Fofana, des occasions bouffées : Picamoles rate la passe-chaussette de Fritz dans le match 1 alors que les Français pouvaient égaliser, la séquence de plus de 20 phases qui se termine par un drop contré de Michalak et l'essai en contre dans le match 2. Ou bien encore l'icône Dusautoir, incapable de jouer une supériorité numérique dans le match 3, qui aurait mis les Blacks dans l'embarras. N'oublions pas aussi les grands moments de n'importe quoi, à l'image du coup de Maestri, exclu pour la fin du match 3, alors que la France n'était menée que 9-14. Les Toulousains ont parfois été grandioses, malgré les pleurnicheries de Guy Novès.

La charnière ? On n'a pas avancé d'un pouce et peut-être même on a reculé. Le choix s'est élargi mais personne ne s'impose, ni à la mêlée, ni à l'ouverture. A part Camille Lopez, le moins mauvais à l'ouverture ; Talès s'est éteint dans le match 3 et Michalak s'est pété l'épaule en plus de prendre la marée noire.

Improvisation... et encore c'est gentil !

En même temps, est-ce que c'est contre la Nouvelle-Zélande qu'il faut expérimenter une, non deux charnières inédites et novices ? Faut-il vraiment mettre tous les handicaps de son côté pour ensuite se mettre à faire des interviews pleurnichardes en parlant de 3 turn-overs, 3 essais !

PSA ne fait pas mieux que ses deux prédécesseurs, incapables de concevoir quoique ce soit et surtout d'avoir la moindre stratégie d'évolution sur la durée.

A Laporte, on pouvait reprocher de faire du copier-coller sans imagination, c'est-à-dire appliquer un système de jeu sans savoir si on avait les joueurs pour ça. A Lapin menteur, tout faire à l'envers avant de ne plus rien faire et de démissionner littéralement de sa fonction de technicien. PSA revendique le pragmatisme. Mais le pragmatisme c'est l'adaptation à l'évolution de la situation par rapport à un schéma défini au départ. Or, chez Saint-André, il n'y a plus rien de schéma défini. On est dans l'improvisation générale et peut-être même pire, le n'importe quoi : dire que Michalak a des réflexes de 9 et le titulariser en 10, alors qu'il n'est plus que 9 à Toulon. Changer de charnière pour changer de charnière. Certes, virer les ouvreurs est une spécialité bien française : je rappellerai que le meilleur buteur de l'équipe de France, Titou Lamaison, n'a pas 400 points marqués en sélection là où les grosses sélections ont un voire plusieurs buteurs au-delà de cette marque, relativement banale pour un buteur présent régulièrement au niveau international.

Comment alors créer une alchimie dans le jeu de passes, avec des trois-quarts qui n'arrivent pas non plus à jouer derrière eux ? Comment jouer debout ? Le meilleur championnat du monde se couche d'abord et la recette de l'insipidité castraise. On ne veut pas l'admettre mais le constat est assez net : le niveau technique du rugbyman français de haut niveau est faible. 5 heures de fonte c'est bien mais 5 heures de passes c'est pas mal non plus, hein Dusautoir, qui a séché la séance de 6 contre 4 ?

Bref, on a encore perdu du temps à ne rien faire mais on se rattrapera sur l'énorme préparation physique qui va compenser les énormes lacunes du jeu français.

Et puis on se dira que ces tournées de juin ne servent à rien car elles sont en fin de saison et les joueurs sont crevés. Demandez aux Lions ce qu'ils en pensent : pas habitués à jouer ensemble, usés par la fin de saison, ils gagnent le premier test contre les Australiens. Et demandez aux nations du sud si les tournées de novembre ne sont pas en fin de saison... Je l'affirme clairement : une victoire en Coupe du monde se construit par des succès dans les tournées de juin. En 2002, les Anglais avaient gagné leurs tests en Nouvelle-Zélande. La suite est connue. En 1994, les Bleus avaient réussi la même chose et ils ont été l'équipe la plus capable de gagner la Coupe du monde que les escrocs de 2011.

On continue de tourner en rond. Autant inscrire une voiture PSA à la NASCAR ça marchera mieux !

Hé ! Ca reprend !

Fini les vacances, le Super rugby reprend ses droits en l'absence des franchises australiennes ! Cinq matchs ont lieu au cours de la journée 18 :

Chiefs-Hurricanes. Les Chiefs pour reprendre la tête du classement.

Highlanders-Crusaders. Les Crusaders sont dans l'obligation de gagner pour assurer leur place.

Sharks-Blues. Les Blues jouent deux matchs décisifs en Afrique du Sud pour espérer se qualifier. Mais pourront-ils vaincre les Sharks ?

Bulls-Kings. Les Bulls veulent assurer le titre de conférence.

Stormers-Cheetahs. Dans quel état seront les Cheetahs, qui joueront leur qualification la semaine prochaine contre les Blues ? Une victoire au Newlands les enverra certainement en playoffs.

Beaucoup d'incertitudes étant donné que ces équipes récupèrent leurs internationaux et que les dynamiques ont été cassées.



18 commentaires:

Gin Tonic a dit…

Pour le Super Rugby, j'ai mis mes pronos sur l'article précédant.

Concernant la tournée des bleus:

L'importance de Mas en mélée est inquiétante vu son âge. Ducalcon n'est pas une vraie alternative, mais il n'y a personne d'autre...

Pour la touche, ben...ristorante...

Pour la charnière, Doussain est encore jeune: à voir. Mais, faut pas nous casser Camille Lopez !
Je pense qu'on a pas fini de bouffer du Parra...

Sinon, concernant les lignes arrières, les surnombres bouffés, etc, les petits Néo-Zed apprennent à se faire des passes avant même presque de savoir marcher.
La formation à la française devrait sérieusement commencer à se poser des questions...
Sans parler des apports que le VII pourrait produire.

On pourrait aussi réfléchir à des synergies entre le club phare d'une région et les clubs "fournisseurs": projet de jeu commun, jeunes incorporés dans le club phare mais reprêtés aux clubs fournisseurs pour s'aguérir en fédérale (et prendre du temps de jeu) puis retour au club phare. Aides financières en contre-partie, etc, etc...

Je pense qu'il y aurait beaucoup à réfléchir et à faire.

Sinon, concernant le trio PSA/Bru/Lagisquet, grosse déception.
J'ai l'impression qu'on est de nouveau reparti pour un cycle d'inconstance, de non sens et d'absence de véritable projet de jeu.

Gin Tonic a dit…

Sinon, la légende de la photo est parfaite !

Tarswelder a dit…

Vu comment le rugby à VII a été sacrifié pendant de nombreuses années, on se dit qu'il y a une vraie absence de formation technique.

Pour moi le ballon doit aller plus vite que le joueur, c'est la recette du contre néo-z.

Ce que tu proposes c'est un système proche de celui des franchises que les conservateurs du Patop 14 ne veulent pas entendre parler, de peur de disparaître.

Gin Tonic a dit…

Pour les franchises, c'est en effet un peu ça.

Quand je vois l'USAP, son aura et le réservoir en pays catalan, je me dis qu'il y aurait de quoi faire.

Même si des apports extérieurs sont aussi nécessaires.

C'est un juste équilibre à trouver.

Tarswelder a dit…

Pourquoi ça n'arrivera pas :

La réserve se trouve dans le Nord et en région parisienne, là où on va chercher de plus en plus les recrues.

Les clubs du sud-ouest ne veulent pas perdre ce qu'ils estiment leur appartenir : le rugby.

Il va y avoir un mouvement des clubs des moyennes vers les grandes villes (+100 000 habitants). Du coup, les Castres, Agen et villes de ce genre (et encore j'exclus de la liste les deux équipes basques) vont devoir être reléguées au rang de club formateur.

Ces systèmes existent dans le baseball et dans le hockey nord-américain.

D'ailleurs ça me fait plaisir que les brutes de Boston perdent contre Chicago.

Tarswelder a dit…

Et j'ajouterai que le centre de gravité du rugby ira de plus en plus vers le nord où le potentiel existe. 3 clubs franciliens en ligue pro cette année (les deux parisiens plus Massy qui redescend).

Gin Tonic a dit…

Le rugby vers le nord, je sais pas.

Mais, faisons abstraction des rivalités.

Un club basque, l'USAP, Montpellier, Toulouse, Bordeaux, Toulon (avec PACA), un club Rhône-Alpin (Lyon, Grenoble ou autre), 2 clubs franciliens, 1 du Massif Central (par exemple Clermont qui draine Brive, Aurillac, etc), un club sur l'ouest (basé à La Rochelle, Nantes ou Rennes) un autre dans l'est et un dernier dans le nord.
Il me manque juste un 14ème club pour compléter le Patop 14...

Tarswelder a dit…

Le 14è c'est le club basco-béarnais (BO, AB et Pau).

Mais système à revoir avec moins de matchs : suppression du 1er tour des PO ou alors un système où tout le monde s'affronte une fois et où on joue 9 des 13 adversaires deux fois, ce qui fait 22 matchs, en alternant les années, un peu comme en NFL. Cela implique d'avoir un championnat fermé.

Gin Tonic a dit…

Ton club basco-béarnais remplace mon club basque: donc, on est toujours à 13...

Une orientation vers un système de franchise implique en effet un championnat fermé (de quoi faire grincer quelques dents...).

Il faut en effet trouver un système pour réduire le nombre de matchs.

Tarswelder a dit…

Peut-être un pôle lyonnais et un pôle isérois (Grenoble, Bourgoin).

Gin Tonic a dit…

Oui, pourquoi pas. Il y a un tissu économique suffisant pour générer du sponsoring pour deux clubs.

Tarswelder a dit…

Mes pronos que je n'oublie pas cette fois :

CHIEFS (bo)-Hurricanes

Highlanders-CRUSADERS

SHARKS-Blues

BULLS (bo)-Kings

STORMERS-Cheetahs (bd)

Tarswelder a dit…

Victoire bonifiée des Chiefs 34-22. Les Hurricanes ont été longtemps dans le coup.

Gin Tonic a dit…

Pour la victoire de conférence, c'est fait.

Gin Tonic a dit…

Victoire de l'Australie 16-15 dans un match très fermé.

Le 3ème test sera décisif.

Gin Tonic a dit…

Et les Crusaders ont gagné avec le bo.

Tarswelder a dit…

T'es pas passé loin du GC parfait, bonus inclus.

Gin Tonic a dit…

Oui, juste les Cheetahs qui ont déconné !