vendredi 21 juin 2013

Miami récidive

Cette nuit, le Heat de Miami a remporté son troisième titre NBA en battant les Spurs de San Antonio au 7è match d'une série palpitante (95-88). Alors qu'ils ont du faire la course derrière, alors qu'ils ont sauvé sur un incroyable panier de Ray Allen le match 6 -qui leur permet de disputer la prolongation et de la remporter-, Miami a su déjouer toutes les tactiques mises au point par Gregg Popovich et les Texans. C'est finalement l'équipe la plus forte physiquement, la plus endurante qui l'a emporté.





Retour sur les playoffs.

Avant de revenir sur la finale, passons un petit moment sur les playoffs qui ont envoyé Miami et San Antonio dans la série décisive.

Le Heat était largement favori de la saison avec un effectif stable et même renforcé par Ray Allen, qui a quitté Boston. La concurrence dans la conférence Est n'était pas très dense en quantité. Chicago privé de Derrick Rose pour la saison, les Bulls n'étaient plus que des outsiders. Restaient trois adversaires potentiellement dangereux : les Nets de Brooklyn, les Knicks de New York et les Pacers d'Indiana.

Les Nets sortent rapidement du chemin contre les Bulls. Il a fallu 7 matchs pour que Chicago passe mais la franchise de l'Illinois a encore montré tout son cœur et sa capacité à surmonter la pléthore de pépins physiques qui harcèle son effectif. Les Knicks, eux, ont plus ou moins trimé contre les Celtics de Boston, eux-aussi privés de leur meneur star, Rajon Rondo. Après avoir gagné les trois premiers matchs, ils laissent Boston revenir à 2-3 mais gagnent le match 6. Même score (4-2) pour Indiana contre Atlanta, équipe qui n'arrive pas à franchir le cap ; le scénario est habituel : chacun gagne à domicile et les Pacers gagnent le match 6 à l'extérieur.

Enfin Miami explose la plus faible équipe qualifiée pour les playoffs, les Bucks de Milwaukee : 4-0 et un écart moyen de 15 points.

A l'Ouest, le duel Spurs-Lakers n'avait d'intéressant que par la stature des deux adversaires. Mais les Lakers, privés de Kobe Bryant, n'avaient pas les moyens de résister, surtout après une saison aussi médiocre que frustrante, étant donné les ambitions affichées par l'effectif. 4-0 pour la bande à Parker qui a mis une raclée aussi lourde que le Heat (+ 16 points d'écart en moyenne). Et avec l'élimination des Clippers en 6 rencontres contre la défense des Grizzlies de Memphis, Los Angeles a franchement tiré la moue au printemps 2013 (sans compter la perte de la Coupe Stanley par les Kings).
Champions de la conférence ouest en 2012, le Thunder d'Oklahoma City a souffert pour écarter les Rockets de Houston de James Harden, ancien d'OKC. La série est gagnée par 4 à 2 mais les playoffs sont largement compromis par la blessure de Russell Westbrook. Sans le deuxième marqueur de l'équipe, Oklahoma n'a quasiment aucune chance de gagner le titre. Si la Californie angeline n'a pas brillé en séries, la californie franciscaine (oaklandienne) a, elle, réussi sa saison : les Warriors de Golden State ont retrouvé les playoffs et ont sorti les Nuggets de Denver, qui ont ensuite limogé George Karl, pourtant désigné entraîneur de l'année. Dans cette série offensive, la série s'est jouée en 6 rencontres.

Demi-finales de conférence.

A l'Est, les Bulls ont durement résisté au Heat de Miami. Le score final (4-1) ne reflète pas totalement cette résistance d'une équipe de Chicago qui a perdu en cours de route Luol Deng l'ailier et Kirk Hinrich le meneur. Chicago a gagné le match 1, Miami a infligé deux râclées aux Bulls mais dans les autres rencontres, rien n'était joué. Chicago n'avait pas les armes pour résister mais tout le monde sait qu'avec un effectif en santé (et c'est le problème), elle a de très bonnes chances de battre Miami.
Dans l'autre série orientale, les Pacers ont éliminé les Knicks en 6 matchs. En dépit d'un Carmelo Anthony énorme (28,8 ponts durant les playoffs), New York est tombée contre la solide défense d'Indiana qui a breaké en gagnant le match 2 à l'extérieur.
A l'Ouest, le Thunder a craqué contre les Grizzlies de Memphis (1-4). Tous les matchs ont été serrés : l'écart maximal était de 6 points mais c'est Memphis qui a fait la différence face à Kevin Durant (28,8 points, 10,4 rebonds et 6,6 passes dans cette série) qui a manqué de soutien dans les moments critiques.
Les Spurs ont eu du mal contre le jeu rapide des Warriors. Il a fallu du temps pour s'adapter mais la défense a enfin pris le dessus et c'est en 6 matchs que San Antonio se sort du piège de Golden State.

Finales de conférence.

J'avais prévu en début de saison une finale à l'Est entre le Heat et les Pacers car je croyais qu'Indiana était la seule équipe capable de rivaliser avec Miami. Et j'ai eu raison. Les Pacers ont une nouvelle star : Paul George, un ailier redoutable en attaque comme en défense. Il a mené la vie dure au Heat qui a été poussé à un 7è match, largement gagné. Si Miami a été poussif à certains moments, c'est que Dwayne Wade était souvent hors du coup, à cause de ses blessures. Mais quand il est là, la différence est faite. En tout cas, Indiana s'affirme encore et encore comme un des grands rivaux des Floridiens dans la conférence Est. Miami remporte la conférence pour la troisième année consécutive.

A l'Ouest, les Spurs ont balayé de façon étonnante les Grizzlies (4-0). Memphis avait tous les atouts pour battre San Antonio : la meilleure défense de la ligue, un jeu intérieur puissant et aussi... les souvenirs d'une victoire en série il y a quelques saisons. San Antonio a été (un peu) meilleur sur les quatre matchs. Meilleurs tactiquement en dégoûtant Zach Randolph, meilleurs dans l'approche en gagnant deux parties en prolongation. Tony Parker a été énorme sur cette série et Tim Duncan a démontré qu'à 37 ans on peut encore bien jouer au basket.

La finale.

Big Three contre Big Three. Malgré un appui plus important des joueurs de complément, le trio de San Antonio n'a pas pu résister au réveil du trio de Miami, à l'exception notable d'un monstrueux LeBron James, énorme de présence.


Entre le Heat de Miami et les Spurs de San Antonio c'était la confrontation des styles : un jeu rapide, en contre-attaque, à grosse dimension physique et emmené par des individualités pour Miami. Un jeu fait de passes, de jeu classique (pick-and-roll), en attaque posé à San Antonio.
Les Spurs semblaient avoir fait le plus dur en gagnant le match 1. La série restait équilibrée et ressemblait à une partie d'échecs : les Blancs (San Antonio) prennent l'initiative en jouant un coup qui déstabilise l'adversaire (on repousse LBJ et on le force à tirer de loin), mais les Noirs (Miami) trouvent une riposte, que les Blancs déjouent à nouveau (tirs extérieurs) puis les Noirs répliquent (Mike Miller sert d'appât et libère James et Wade qui se régalent). Enfin les Blancs prennent l'avantage 3-2 en sortant Manu Ginobili du banc pour le titulariser d'entrée. Le coup a failli marcher dans le match 6 où les deux équipes se sont livrées à une course incroyable. San Antonion aurait pu tuer le match en réussissant plus de lancers francs mais c'est quand même le terrible panier de Ray Allen qui arrache la prolongation, Tony Parker ratant le dernier tir, lui qui en avait réussi un improbable dans le match 1. En période supplémentaire, le Heat fait la différence.
Enfin le match 7 a été terriblement serré. Héros de la série, en battant le record de tirs à trois points réussis dans une finale, Danny Green a déjoué en fin de finales (1/12 dans le match 7 dont 1/6 à trois points). TP a pris un coup dans le match 3 et il en a peut-être payé le prix physiquement. Duncan a été énorme mais c'est le tandem LBJ (37 points, 12 rebonds et le titre de MVP de la finale qu'il aurait mérité même en perdant) et Dwayne Wade (23 points, 10 rebonds) qui a fini par créer la différence dans le dernier quart-temps. La marque finale est de 95 à 88 et le Heat remporte un second titre consécutif. Pour San Antonio, la chance a été manquée dans le match 6 et pour cette génération, ce sera très difficile, à moins d'aller chercher un gros poisson dans le marché libre (on parle d'Al Jefferson des Utah Jazz).

2 commentaires:

Gin Tonic a dit…

De ce que j'ai pu lire sur cette finale (les sept matchs), Parker en mode alternatif, Ginobili totalement absent et Duncan juste moyen.

Et en face, LBJ énorme, Wade au niveau et Bosh absent.

Au final, victoire logique du Heat.

Tarswelder a dit…

C'est beaucoup moins clair que ça.

LBJ énorme mais mis en échec par une défense des Spurs qui l'empêchait de pénétrer. Il a dû tirer de plus loin et il a eu moins de réussite, sauf sur la fin.

Wade a sorti les gros matchs sur la fin. Bosh n'est pas servi à l'intérieur, c'est le jeu du Heat. Du coup il s'écarte et personne ne fait le boulot à l'intérieur (sauf LBJ qui prend les rebonds).

Parker a pris un coup dans le match 3. Incertain dans le 4, il a fini la série diminué c'est clair quand on voit le match 7. Il sera quand même là au rassemblement de l'EDF dans un mois.

Duncan a été très solide pour un joueur de 37 ans. Mais la relation Duncan-TP a bien été contrée par le Heat.

Ginobili a traîné sa misère sauf dans le match 5 et dans le 7 même s'il perd deux ballons décisifs dans le dernier quart-temps du match alors que les deux équipes étaient au coude-à-coude. Ginobili et Parker sont ceux qui créent le jeu à SA : lorsqu'ils sont bloqués, ils font les passes pour les shooteurs extérieurs. Ceux-ci ont été pleins de réussite en début de série mais ils ont déjoué à la fin et ça explique aussi la défaite.

La différence s'est faite avec les autres aussi. Danny Green plantait ses tirs à 3 points en début de série mais il a complètement déjoué à la fin (1/12 au match 7 alors qu'un 4/12 donnait le titre aux Spurs). Ceux du Heat ont été importants et ont posé des problèmes aux Spurs les uns après les autres et c'est ce qui a fait aussi la différence, notamment dans les moments difficiles.

La victoire du Heat est logique mais pas autant que ça : les Spurs ont marqué plus de points que le Heat et ils auraient pu gagner le match 6. Comme cela arrive souvent, quand on rate la première chance, on n'a pas la deuxième. Ca c'est joué à quelques petits détails, à des actions (une action celle de Ray Allen en fait) qui ont fait basculer la série.

Miami s'en est sorti par sa fraîcheur physique car si TP n'était pas diminué, on aurait eu autre chose, même avec un Ginobili assez discret.