mercredi 3 avril 2013

Tournamentus candidatus Magnus. Salazar président bat un Battesti mini mini mini !

Ce week-end pascal a été riche en événements dans le monde échiquéen. D'abord parce que le tournoi des candidats nous a offert un finish exceptionnel, ensuite parce que la Fédération Française des Echecs a élu un nouveau président. Si dans le premier cas le favori a trébuché mais s'en est sorti, dans le second le favori a aussi trébuché mais a été sorti. Et il a pris la petite porte.




Un tournoi extraordinaire


Londres est décidément redevenue une grande capitale dans le monde échiquéen. Après avoir relancé les grands tournois avec le London Chess Classic, la cité anglaise a accueilli en septembre le premier des tournois du Grand Prix FIDE. Puis ces dernières semaines ont été occupées à accueillir le tournoi des candidats, dont le vainqueur affrontera à l'automne prochain Vishy Anand, le champion du monde indien.

Ce tournoi est le plus fort jamais organisé : 8 joueurs qui s'affrontent en parties aller et retour, sur 14 rondes, une moyenne Elo à 2786 et l'élite du monde échiquéen qui se dispute pour avoir le droit de défier Anand :



- Magnus Carlsen (Norvège) 22 ans. L'écrasant numéro un mondial et recordman du plus fort classement de tous les temps (2872 points Elo). Il reste sur de brillants succès à Bilbao, Londres et Wijk aan Zee.
- Vladimir Kramnik (Russie) 37 ans. Champion du monde de 2000 à 2007. 2è mondial avec 2810 points. Son expérience en championnat du monde est incomparable par rapport à tous ses adversaires. Mais sa résistance physique est son point faible
- Levon Aronian (Arménie) 30 ans, 2809 Elo. Il est considéré comme le rival le plus dangereux pour Magnus Carlsen dans ce tournoi. Très bien préparé, très fort, il a connu un coup de moins bien fin 2012 avant de rebondir au début de 2013.
- Teimour Radjabov (Azerbaïdjan) 25 ans 2793. Invité du comité d'organisation mais son statut de 5è joueur mondial justifie pleinement sa présence dans le tournoi.
- Alexander Grischuk (Russie) 29 ans 2764. Finaliste de la dernière coupe du monde. Un des meilleurs joueurs de la planète même s'il s'est fait plus discret ces derniers temps.
- Vassily Ivantchouk (Ukraine) 43 ans 2757. Un des grands génies malheureux. Troisième de la dernière coupe du monde.
-Peter Svidler (Russie) 36 ans 2747. Multiple champion de Russie et vainqueur de la coupe du monde. Si sa place est méritée, puisqu'il a décroché son billet en remportant la coupe du monde, il est le moins attendu des candidats.
- Boris Gelfand (Israël) 44 ans 2740. Le vice-champion du monde sortant. Son pari est des plus audacieux : s'en sortir dans un format qui ne lui convient pas, celui du tournoi.

Lorsqu'on parcourt l'histoire de ces champions, on peut relever qu'à part Carlsen, tous les autres joueurs sont nés dans l'ex-URSS et sont russophones. Un constat qu'un Bobby Fischer n'aurait pas hésiter à dénoncer. C'est d'ailleurs parce que les Soviétiques avaient été trop nombreux dans le tournoi des candidats de 1962, que la FIDE avait décidé de supprimer cette formule au profit d'un système qualificatif par matchs. Après les critiques qui s'étaient abattu sur le dernier cycle -une série de courts matchs en 2 à 6 parties longues avait fini par désigner Gelfand-, la fédération internationale était revenue à l'ancienne formule, pour le plaisir d'un Magnus Carlsen qui avait décliné la participation au cycle 2011-2012.

Premier tour. Carlsen et Aronian écrasent le tournoi.

Comme on s'y attendait, le duel entre le numéro un et le numéro trois mondial anime le tournoi. Même s'il paraît un peu moins souverain qu'au cours de ses dernières sorties, Magnus Carlsen réussit un excellent score de 5 points en 7 parties (3 victoires contre Grischuk, Gelfand et Svidler et 4 nulles). Là encore, ses qualités de lutteur, sa faculté à trouver des solutions et à pousser son adversaire vers l'abîme surpassent les difficultés qu'il a de prendre l'avantage dans l'ouverture. Mais le Norvégien est suivi comme son ombre par Levon Aronian, qui bat Ivantchouk, Gelfand et Radjabov. A mi-parcours, le tandem possède 1,5 point d'avance sur Vladimir Kramnik et Peter Svidler (3,5 points). C'est même assez inquiétant pour l'ancien champion du monde, qui a annulé ses 7 parties. Ensuite, les autres joueurs sont réduits au rôle de figurants et d'arbitres : Gelfand sait qu'il ne pourra être challenger encore une fois (2,5), Grischuk a 3 points comme Radjabov et Ivanchouk ferme la marche avec 2,5 points.

Kramnik revient en force.

Rien ne semble menacer les deux leaders à l'entame du deuxième tour. Mais Vladimir Kramnik produit son effort : lui, qui a du mal à tenir la distance de trois semaines de tournoi, se déchaîne avec 3 victoires et une partie nulle (contre Carlsen) dans les rondes 8 à 11. En tête, le Norvégien prend une option pour la victoire en battant Gelfand pendant que Levon Aronian perd contre le vice-champion du monde et contre Svidler, qui entame alors une remontée au classement. A trois rondes de la fin, nous avons le classement suivant : 1.Carlsen 7,5 2.Kramnik 7 3.Aronian 6.5 4.Svidler 5.5. Les statistiques donnent largement l'avantage à Carlsen avec 87% de gagner le tournoi, d'autant plus qu'il aura les Blancs dans les rondes 12 et 14. Derrière, c'est la débandade : Radjabov perd totalement pied et avoue lui-même avoir envie de rentrer à la maison (3,5/11). Ivanchouk est à la rue (4), Gelfand et Grischuk limitent la casse (5).

Et le suspens renversa tout.

La ronde 12 est un tournant crucial dans ce tournoi et tout le monde le sait. Carlsen peut prendre une avance décisif s'il bat avec les Blancs Ivanchouk. Dans le même temps, Aronian joue son tournoi contre Kramnik. L'Arménien doit gagner pour passer devant le Russe et rester dans la course. Mais là le premier acte de la scène finale nous réserve des résultats incroyables : Aronian attaque contre Kramnik, sacrifie une pièce pour trois pions. La finale est nulle mais Aronian commet une énorme gaffe qui donne le point à Kramnik. C'est la quatrième victoire en 5 rondes pour ce dernier, qui a déjà bénéficié du sabordage en finale de son compatriote Grischuk. Quant à Carlsen, il ne traite pas très bien l'ouverture ; son adversaire égalise et le Norvégien se retrouve petit à petit en difficulté. Sa finale est délicate mais il peut encore la sauver jusqu'à la faute au 70è coup. Après des heures de lutte, Carlsen s'avoue vaincu avec les Blancs. Il n'avait plus connu la défaite depuis 41 parties et c'est sa première défaite avec les Blancs depuis janvier 2012 !
Au comble du suspens, c'est Kramnik qui passe devant Carlsen avec 8 points contre 7,5 points. Aronian est hors course avec 6,5 points.

Ronde 13.

Kramnik joue les Blancs contre Gelfand et il sort son adversaire de la théorie très rapidement. Il semble prendre l'initiative mais l'Israélien défend de manière très précise et il pousse Kramnik à chercher la nulle. Malgré quelques efforts de celui-ci pour gagner, la paix est partagée. Dans le même temps, Carlsen joue à fond pour le gain contre Teimour Radjabov. L'Azerbaïdjanais est "cagoulé" (ce terme désigne un joueur complètement hors de forme) et celui-ci n'avait pas été loin de battre le numéro un mondial dans la phase aller. En tout cas, il résiste à la pression de Carlsen. La position est très difficile à gagner, certainement même nulle mais Radjabov commet quelques petites imprécisions qui donnent des chances supplémentaires aux Noirs. Puis c'est l'erreur au 80è coup de la partie. Radjabov craque et Carlsen remporte la victoire quelques minutes après. Carlsen et Kramnik se retrouvent à égalité avec 8 points sur 13.

Ronde 14.

Carlsen l'avait confié en conférence de presse après sa victoire contre Radjabov : il n'avait pas dormi après sa défaite contre Ivanchouk. Le jour de repos entre les rondes 12 et 13 lui ont permis de récupérer un peu mais dans ce tournoi, tous les joueurs sont fatigués. Le Norvégien affronte avec les Blancs Peter Svidler. Le sextuple champion de Russie se donne pour mission de ne pas perdre. Quant à Kramnik, il joue avec les Noirs contre Ivanchouk. Le règlement favorise Carlsen en cas d'égalité : d'abord les confrontations directes mais les deux parties entre les leaders se sont achevées par la nulle. Ensuite le nombre de victoires : Carlsen mène 5 à 4. Le Russe n'a pas le choix : il faut tenter de gagner car une nulle ne pourrait pas suffire. On ne croit pas à une deuxième défaite consécutive de Carlsen avec les Blancs.

Cette ronde, disputée le 1er avril, prend alors une tournure étrange. Kramnik choisit une ouverture dissymétrique et risquée, la défense Pirc contre Ivanchouk. Avantage : compliquer le jeu et maintenir ses chances. Inconvénient : les Blancs peuvent s'assurer d'un solide acquis au centre dans une ouverture que le Russe ne joue jamais. Kramnik joue aussi contre-nature, lui le roi du jeu de position. Dans la partie Carlsen-Svidler, l'ouverture est plus commune, la partie espagnole. La position est équilibrée mais vient alors un moment incroyable. Au 20è coup de la partie, Carlsen réfléchit, réfléchit, réfléchit, quelques dizaines de minutes pour jouer un coup logique. Il semble obnubilé par la partie de Kramnik et il semble aussi totalement épuisé. Il arrive à se créer une attaque mais Svidler se donne des chances. Carlsen joue sur la corde raide. Il est en grave crise de temps : plus que quelques secondes pour jouer 10 coups. Il y arrive mais il a commis l'erreur au 31è. Svidler a une position gagnante après le contrôle du 40è coup. Au 48è, Carlsen abandonne au terme d'un scénario incroyable.

Il ne reste plus qu'à Kramnik de ne pas perdre contre Ivanchouk. Mais l'Ukrainien, aussi en difficulté soit-il, est un génie capable de battre n'importe qui. Ne l'a-t-il pas fait contre Carlsen deux rondes plus tôt ? Kramnik, lui aussi, est obnubilé par la partie de Carlsen. Dans un milieu de partie tendu, il a ses chances mais il n'est pas à l'aise dans ces positions complexes et il commet à son tour quelques erreurs, alors que c'est Ivanchouk qui n'a plus beaucoup de temps de réflexion. Au moment du contrôle de temps au 40è, Kramnik est perdant. La partie n'est pas finie mais Carlsen a abandonné. C'est alors qu'un photographe norvégien prend cette photo saisissante :

Morten Rakke, le photographe surprend Carlsen, épuisé, sans doute démoralisé, en train de récupérer après sa défaite. Devant, son manager Theo Agdestein. Ce qu'il ne sait pas, c'est que Kramnik est lui aussi perdant.

En conférence de presse, Peter Svidler rend hommage à Carlsen, qui était très fatigué et lui aussi.. Svidler est reconnu (et je l'ai vérifié) pour être un personnage d'une grande sportivité. Après la conférence qui dure quelques minutes, Magnus demande à voir la partie de Kramnik. Il constate que celui-ci est perdant. Quelques instants après, il abandonne effectivement contre l'Ukrainien.

Le départage a donné la victoire à Carlsen, aux nombres de parties gagnées. Lui et Kramnik terminent avec 8,5 points devant Svidler et Aronian (8). Carlsen n'avait plus perdu deux parties dans un tournoi à cadence longue depuis le Tata Steel en janvier 2011 et c'était aussi deux fois avec les Blancs. Quant à Kramnik, son unique défaite en tournoi lui coûte le droit de retrouver Vishy Anand en match, comme en 2007. Enfin Vassily Ivanchouk n'a pas été dans la course mais il a réussi à marquer 1,5 point contre chacun des deux premiers ; 3 points contre les deux joueurs, soit le même total de points que contre les cinq autres participants.



Le classement final du tournoi des candidats

                                   

                                        Elo        Var. Elo 1 2 3 4 5 6 7    8                    Gains
1 Carlsen,Magnus 2872            -4         ** ½½ ½½ 10 11 ½0 ½1 8.5/14 5
2 Kramnik,Vladimir 2810           +10         ½½ ** ½1 ½1 ½½  ½1 ½0 ½1 8.5/14 4
3 Aronian,Levon             2809             +5        ½½ ½0 ** ½0 10    ½½ 11 11 8.0/14    5
4 Svidler,Peter                2747          +19         01 ½0 ½1 ** ½½ ½½ ½1 8.0/14    4
5 Gelfand,Boris               2740            +5         00 ½½ 01 ½½ ** ½½ ½½ ½1 6.5/14    2
6 Grischuk,Alexander 2764              0         0½ ½0 ½½ ½½ ½½  ** ½1 ½½ 6.5/14    1
7 Ivanchuk,Vassily 2757            -3         ½1 ½1 00 ½0 ½½    ½0 **   01 6.0/14
8 Radjabov,Teimour 2793 -32    ½0 ½0 00 ½0      ½½ 10    ** 4.0/14

Moyenne Elo : 2796, catégorie 22.


En France, Diego bat Léo.


Les élections fédérales n'ont pas souri au vice-président sortant et président de la Ligue de Corse Léo Battesti. Contre le directeur technique du club de Châlons-en-Champagne, Diego Salazar, le bouillant dirigeant a perdu de peu : 17 voix d'écart et une défaite de sa liste par 49,5 à 50,5 % des voix. C'est pour moi une surprise car je pensais qu'avec les moyens et l'appui des structures fédérales, dont il était le véritable patron, Léo Battesti aurait dû l'emporter largement. Mais voilà, il a mélangé les genres alors que Diego Salazar a mené une excellente campagne auprès des dirigeants de clubs et a axé son programme sur eux. Mais ce qui n'aurait été une péripétie s'est transformée en attitude de mauvais perdant :

- Après sa défaite, devant les caméras de France 3 Corse, dont la journaliste qualifie Diego Salazar de parfait inconnu du monde des échecs et ne le nomme même pas, Battesti accuse une campagne de diffamation en raison de ses origines corses et de son passé (pour mémoire, Battesti a été un membre important du FNLC dans les années 1970, condamné puis amnistié par François Mitterrand au début des années 1980). Or, Battesti n'a eu de cesse de rappeler que le formidable travail qu'il a accompli en Corse devait s'appliquer sur le continent. Le modèle corse s'étendait au point qu'une émission sur le jeu d'échecs, produit par France 3 corse en langue corse, était diffusé en première page sur le site de la F.F.E. La langue française n'avait le droit qu'au sous-titrage d'une production réalisée par qui... ben voyons !

- C'est ce même Battesti qui accuse d'injures ceux qu'il a d'abord injuriés : les propos de ses amis n'ont pas été tendres à l'égard de Diego Salazar, qui a refusé un débat public, craignant d'être pris au piège d'un homme très habile pour la communication. Salazar a joué la proximité et il a eu raison car les relations entre les clubs, les comités régionaux d'un côté et la FFE de l'autre ne sont pas toujours très bonnes.

- C'est ce même Battesti qui a mené une campagne fondée sur sa personnalité, assumant pleinement ses origines, au lieu de mener d'abord une campagne d'idées. C'est quand les choses ont semblé tourné moins bien que prévu que les idées ont été ressorties !

- Dans la même optique, c'est ce même Battesti qui se permet de signer une tribune favorable à Alain Orsoni, président du club de football de l'AC Ajaccio, et son fils en mars 2012. Ce n'est pas tant son engagement qui est répréhensible mais le fait de signer comme vice-président de la FFE. Mais que vient faire la fédération dans cette affaire ?

- C'est ce même Battesti qui accuse l'autre liste de démagogie alors qu'il a introduit la notion de sponsor conditionnel : s'il est élu, une grosse société de pièces détachées (Oscaro, dont vous pouvez deviner l'origine) apportera des sommes rondelettes à une fédération en manque d'argent, en déficit, au point de justifier l'augmentation du prix de la licence fédérale par le fait qu'on ne l'avait pas augmenté depuis des années !

- C'est ce même Battesti qui décide de tout lâcher après sa courte défaite. Si elle est réelle, elle montre quand même qu'il bénéficie d'un certain crédit. Il lâche donc ses électeurs et il abandonne toute fonction fédérale et nationale. Cette attitude pourrait sembler louable mais le ton et la teneur du discours ressemblait à de l'abandon en rase campagne. Battesti se targuait du soutien de Garri Kasparov et voulait organiser une grande conférence de l'UNESCO sur le jeu d'échecs en 2014. Battesti a sous-entendu qu'il allait changer de position. Pis encore, il convoque une assemblée générale extraordinaire pour dimanche afin de tirer les conséquences de l'élection du 31 mars. Ah bon ? On va avoir quoi ? La sécession ?

- C'est ce même Battesti qui reproche aux petits clubs de n'avoir pas compris sa stratégie de licencier massivement des jeunes, y compris sans leur consentement et celui de leurs parents.

- Cette attitude de mauvais perdant s'est retrouvé dans les déclarations de ses soutiens et amis. Pas d'Henri Carvallo, président de la FFE avant dimanche, personnage apprécié et qui a affirmé qu'il continuerait à organiser des compétitions dans son château de Villandry. Carvallo est un homme consensuel, pas fait pour diriger une fédération qu'il a pris en intérim après la démission de Jean-Claude Moingt. Non, c'est ce même Jean-Claude Moingt -que j'avais soutenu comme dirigeant à son élection en 2004-, qui a montré la voie du mauvais perdant : il reprend l'accusation de racisme anti-corse de la part des détracteurs de Battesti et il décide de ne pas organiser le grand prix FFE qui devait se dérouler à Port-Marly en septembre. Ou comment fuir ses engagements. Sans compter l'attitude de l' "historien" à deux balles Jérôme Maufras qui traite d'incompétents et de démagogiques les nouveaux élus du comité directeur. Sympa la démocratie ! C'est pratique quand ça nous sert.

On a eu finalement un remake en moins lourdingue de l'élection présidentielle de 2012, avec le même résultat.

La victoire de Diego Salazar est méritée car il a su mener la bataille sur son projet, bien que j'ai beaucoup de doutes sur la réalité de ses affaires. Pour certains, c'est la revanche des petits clubs méprisés par les grands. C'est plus compliqué que cela : l'ancienne équipe était élu sur l'engagement d'une gestion plus professionnelle et plus ambitieuse. Mais cet engagement a fini par dériver dans des pratiques assez bizarres -pas illégales mais bizarres quand même- où tout était délégué à quelques personnes. Ainsi, Léo Battesti a été un des bénéficiaires, comme chef d'entreprise, de délégations de la Fédération : c'est sa société qui publiait les magazines de la fédération, les vidéos déjà évoquées, etc. Certains joueurs ont été plutôt favorisés que d'autres, notamment pour leur engagement douteux comme témoin à charge dans l'affaire de la triche. Et puis la FFE n'a toujours pas obtenu le statut de fédération délégataire. D'aucuns pensent que la médiatisation de l'affaire de la triche en équipe de France n'était qu'un moyen pour convaincre les autorités de la Jeunesse et des Sports d'accorder la délégation. Et puis, la FFE n'a pas fait grand-chose pour transformer en réalité l'accord passé avec le Ministère de l'Education Nationale, afin de faciliter l'introduction du jeu d'échecs dans les écoles. A l'instar de la remarquable action de Léo Battesti, et malgré certains points contestables, cela est resté de l'initiative personnelle des clubs.

Ces mêmes clubs, ainsi que les comités sportifs départementaux et les ligues, ont parfois eu le sentiment d'être méprisés, de n'être considérés que comme des courroies de transmission au lieu de disposer de marges de manœuvre propres. Diego Salazar a du travail à faire et malgré mon scepticisme, je lui souhaite bonne chance car l'opposition elle ne jouera pas le jeu.

A 42 ans, Diego Salazar est un des plus jeunes, si ce n'est le plus jeune, président de la FFE. Saura-t-il tenir ses engagements ? Il semble néanmoins entouré de bons responsables qui ont forgé son programme et appuyé sa crédibilité.












4 commentaires:

Gin Tonic a dit…

Enorme suspense pour ce tournoi.

Ca m'a l'air d'un joli panier de crabes à la FFE.

Tarswelder a dit…

Ca va se calmer mais les intérêts personnels l'emportaient sur l'intérêt général. Sans compter toutes les histoires depuis 3-4 ans.

Gin Tonic a dit…

Faut l'espérer.

Tarswelder a dit…

Le tournoi était exceptionnel. Les joueurs étaient tous épuisés à la fin.

L'équipe sortante a négligé un certain malaise qui pèse chez les dirigeants de clubs : ils prennent des amendes s'ils ne publient pas le dimanche soir le PV du match. On a le sentiment aussi que la fédération ne servait que les mêmes et pas forcément tous les gros clubs. C'est presque un exploit que Marseille soit devenu champion de France en 2011.