mardi 26 février 2013

La classique, les Indians et la femme qui dompte les chevaux... moteurs !

Samedi débutera la troisième classique mondiale de baseball. L'équivalent de la Coupe du monde de baseball se déroulera entre le 2 et le 19 mars. Si elle doit servir de vitrine internationale au baseball, elle manque encore d'une grande visibilité, même pour les médias américains. En effet, nous sommes dans la présaison et tous les meilleurs joueurs ne participeront pas à la compétition.

Pendant ce temps-là, les Indians continuent leur préparation. Et pendant ce temps-là, une femme force le verrou d'un des milieux sportifs les plus machistes, Danica Patrick.



Une classique qui cherche sa place.




Le baseball disparu fort logiquement du programme olympique (faute d'accueillir le plus haut niveau), le baseball majeur a décidé de répliquer en organisant un grand tournoi par équipes nationales. Ce qui existait déjà, la Coupe du monde de baseball, n'était que pour les amateurs ou les semi-professionnels. Les pros des ligues majeures ne pouvaient pas y participer, faute de temps pour le faire notamment.

D'où l'idée de créer la classique mondiale de baseball en 2006. Cette compétition rassemble les meilleures nations du monde avec leur meilleur effectif possible. Centrée sur les Etats-Unis, elle n'a jamais souri à la nation mère du "national pastime" : en effet, la sélection aux cinquante étoiles (les vraies) a été éliminée dans les phases de poule en 2006 et en demi-finale en 2009. Par deux fois, c'est l'équipe japonaise qui l'emporte (contre Cuba en 2006 et la Corée du Sud en 2009). Au cours de ce tournoi, les Américains ont découvert quelques joueurs qui font et ont fait les beaux jours des franchises de la MLB : Daisuke 'Dice-K' Matsuzaka et Yu Darvish, les deux lanceurs étoiles.

La compétition a lieu tous les quatre ans et elle cherche à s'étendre à l'international. Au lieu de 16 équipes, 28 ont été sélectionnées pour y participer. Mais la compétition s'est organisée en plusieurs temps :
- 12 équipes sont d'ores et déjà qualifiées pour le tournoi principal.
- 16 autres ont participé à quatre tournois préliminaires, dont chaque vainqueur est qualifié pour le tournoi principal. Parmi ces équipes, la France, qui a tenté de se qualifier lors du tournoi disputé à Jupiter en Floride. Dans un groupe relevé pour elle (Israël, Espagne, Afrique du Sud), son inexpérience a lourdement pesé malgré quelques renforts de joueurs jouant en Amérique du Nord (comme René Leveret qui joue en Canam et qui est originaire de Saint-Martin). L'Espagne est sortie de ce groupe de qualification, tout comme le Canada, le Brésil et Taïwan du leur.

Le déroulement de la compétition.


Le premier tour se dispute en quatre endroits : à Porto Rico, en Arizona autour de Phoenix, à Fukuoka au Japon et à Taïwan.
- Le groupe A ( Fukuoka) oppose le Japon (tenant du titre), Cuba (finaliste en 2006 et meilleure nation n'ayant pas de professionnels officiels dans ses rangs), le Brésil et la Chine.
- Le groupe B (Taïwan) oppose la Corée du Sud (finaliste en 2009), les Pays-Bas (meilleure nation européenne avec l'Italie et l'Espagne, qui avait créé la surprise en 2009 en battant les Dominicains), Taïwan et l'Australie.
- Le groupe C (Porto Rico) : Porto Rico, République Dominicaine, Espagne, Venezuela
- Le groupe D (Phoenix) : Etats-Unis, Canada, Mexique, Italie.

Ce premier tour se déroule en round robin (chacun affronte les autres) : les deux premiers sont qualifiés. Notez qu'on applique la règle du frappeur désigné (qui va fêter ses 40 ans d'existence officielle en 2013) et la "mercy rule", qui met fin à un match lorsque l'écart est trop important à une manche donnée. Enfin, le nombre de lancers est limité pour chaque lanceur : s'il atteint ou dépasse ce nombre à la fin d'une manche, il est automatiquement remplacé. C'est pourquoi les effectifs sont élargis à 28 joueurs (et non 25 pour les majeures).

Les 8 équipes restantes sont ensuite reversées dans deux poules. Les 4 issus des poules A et B joueront à Tokyo, les 4 des C et D à Miami. Vous pourrez noter le soin que les organisateurs ont pris pour que les Cubains ne jouent pas ce tour aux Etats-Unis. Le système de qualification change alors : on applique ce qu'on appelle la double élimination, c'est-à-dire un système qui se rapproche de ce qui se passe par exemple au judo :
- Après le premier match, les vainqueurs s'affrontent entre eux. Celui qui l'emporte est qualifié pour la finale de poule. Le battu du match des vaincus est éliminé. 
- Puis ensuite, les deux formations qui ont gagné un match et perdu un autre se retrouve en barrage dont le vainqueur disputera la finale contre l'équipe qui a gagné ces deux matchs. Le nom de double élimination vient du fait qu'on est éliminé à la deuxième défaite. La finale déterminera celui qui aura le rang 1 de la poule.

Les demi-finales et la finale se joueront à San Francisco, terre des vainqueurs de la dernière Série mondiale.

Les favoris ?


Les Etats-Unis bien sûr mais ils n'ont jamais réussi et beaucoup de grandes stars ont préféré zapper le tournoi pour mieux se préparer. C'est le cas des deux derniers vainqueurs du trophée Cy Young dans la ligue américaine, Justin Verlander et David Price, du vainqueur 2011 dans la ligue nationale (Clayton Kershaw). Par contre, le vainqueur 2012 dans cette dernière ligue sera présent : il s'agit de R.A. Dickey. Deux indiens ont été retenus : Chris Perez et Vinnie Pestano, dont les performances ont surnagé le naufrage de la franchise l'an passé. Joe Torre, l'ancien manager des Yankees, sera à la barre de l'équipe, épaulé par une autre légende, Greg Maddux (dont j'ai oublié de tracer un portrait il y a quelques années).

Les grands feront-ils comme les moins de 18 ans, qui sont photographiés ici ? Être champions du monde ?


Le Japon est le tenant du titre. Bien qu'il n'ait aucun joueur des ligues majeures (Darvish et Suzuki ont décliné l'invitation, Matsuzaka cherche à retrouver une place aux seins des Indians), tous les joueurs font partie de la sous-estimée NPB. Leur force vient de leurs lanceurs et de l'esprit d'équipe qui anime le style japonais, plus que le style américain. En NPB, on frappe moins de home runs, mais on cherche d'abord à frapper des coups sûrs pour marquer.

Les outsiders sont Cuba, toujours dangereux, la Corée du Sud, les équipes caribéennes qui comptent de nombreux joueurs des ligues majeures comme la République Dominicaine : avec des joueurs majeurs comme Jose Reyes, Nelson Cruz, Robinson Cano, Edilson Volquez, Jose Valverde ou Fernando Rodney, qui sont All-stars, elle peut gagner la classique mais elle lui manque la cohésion.

Attention aussi au Venezuela, demi-finaliste en 2009, qui comptera dans ses rangs Miguel Cabrera (MVP en 2012 et auteur de la Triple Couronne), Marco Scutaro et son coéquipier des Giants Pablo Sandoval (MVP de la Série mondiale 2012).

A ce propos, les Indians envoient plusieurs joueurs dans cette compétition : Vinnie Pestano et Chris Perez relèveront pour les Etats-Unis, Asdrubal Cabrera évoluera pour le Venezuela, Carlos Santana sera un des receveurs des Dominicains. D'autres ont décliné les propositions comme le Brésilien Yan Gomes, qui a préféré tenter de conquérir une place dans l'alignement du début de saison.

Les Indians dans le coup ? 

A ce propos, revenons sur les Indians de Cleveland. Dans mon article précédent, j'avais écrit que les Indians tentent de se relancer après la signature de Nick Swisher. Il y a deux semaines, ils ont réussi un gros coup en signant le voltigeur Michael Bourn. L'ancien joueur d'Atlanta était un des free agent les plus convoités du marché mais personne ne l'avait signé. La patience a payé pour les Indians : ils ont fait signer Bourn pour 48 millions de $ sur 4 ans ; ses performances surévaluent un peu son salaire mais Bourn a refusé une offre d'Atlanta de plus de 13 millions pour 2013 et les Indians acquièrent un joueur rapide, bon défenseur, qui est un excellent profil pour un premier frappeur.

Ajoutez à cela que les premiers matchs de présaison ont donné quelques appréciations intéressantes : en cinq rencontres, autant de victoires. Cela n'a aucune signification mais le fait est que les joueurs supposés être dans l'effectif des majeures sont bons, surtout chez les lanceurs, grosse faiblesse de l'équipe. Ceci n'augure de rien mais on parle d'effet Francona. Ce retour à l'ambition a aussi des conséquences financières importantes : tous les billets du match d'ouverture contre les Yankees le 8 avril se sont vendus en 6 minutes. Si la politique de recrutement a été coûteuse (117 millions sur 4 ans pour recruter des agents libres), elle peut  s'avérer payante : si les Indians font revenir 10 000 personnes de plus par match en moyenne (eux qui avaient une moyenne d'affluence inférieure à 20000 en 2012), cela peut faire rentrer les Dolan dans leurs frais : à 10 $ les premiers billets, l'essentiel étant entre 20 et 35$ la place, multiplié par 81 matchs à domicile, on peut avoir une augmentation des recettes de billetterie supérieure à 20 millions de $ la saison, de quoi amortir les contrats de Swisher et Bourn.

Trois des recrues hivernales : l'ancien Yankee Jason Giambi, qui cherche une place comme frappeur de puissance, les voltigeurs Drew Stubbs et Michael Bourn, qui figurent parmi les joueurs les plus rapides du circuit pour voler les buts.


Le soleil est au beau fixe au camp d'entrainement des Indians, situé en Arizona, et dans le bureau du comptable, au bord du lac Erié.

Danica défie les mâles.


Terminons cette longue digression insipide par Danica Patrick. La jeune femme, pilote automobile, dispute sa première saison complète dans le championnat élite de la NASCAR, la Sprint Cup. Phénomène publicitaire, autant qu'elle fait l'objet de critiques plus ou moins sexistes, elle a déjà répondu à ses détracteurs dès la première course dimanche dernier, sur le circuit mythique de Daytona Beach. En fait, elle avait déjà donné la réponse avant en réussissant la pole position -une première pour une femme- devant tous les mâles motorisés. En course, elle n'a jamais quitté le Top 10 et si son équipe avait été un tantinet plus performante dans les stands, elle aurait longtemps fait la course en tête. Troisième à l'entame du dernier tour, elle s'est faite débordée par la ligne intérieure de l'ovale et termine huitième, une performance historique pour une femme. En tout cas, elle termine devant son petit ami, Ricky Stenhouse, qui a gagné les deux championnats Nationwide (la division inférieure à la Sprint Cup).



Il lui reste à confirmer.

Comme vous avez été gentils de lire cet article insipide, vous avez le droit à une Sharketterie de Danica Patrick, offerte par Sports Illustrated !

5 commentaires:

Gin Tonic a dit…

J'avais vu ça pour la pole de Danica.

Vu comment elle est carrossée, normal qu'elle soit bonne en courses de voitures...

Sinon, les Indians peuvent viser un ratio de victoires positifs (je sais, je l'ai déjà dit sur FB...).

Pour la classique, je vais miser sur la République Dominicaine. Juste en souvenir de 15 jours de vacances la-bas qui avaient été top...

Tarswelder a dit…

C'est chic, c'est élégant, c'est classe. Et puis un prénom pareil...

Moi je mise encore sur le Japon même si l'équipe américaine est très forte sur le papier.

Gin Tonic a dit…

Si je mets de côté mon prono "affectif", les US me semblent un bon favori.

Tarswelder a dit…

Sur un match, tout est possible. Jouer pour taper des longues balles n'est pas plus productif à court terme que jouer ce qu'on appelle le "small ball" : aller sur les buts, voler les buts, faire avancer les coureurs sur les sentiers.

Tarswelder a dit…

La première journée de la Coupe du monde n'a pas manqué de matchs étonnants :

Taïwan bat l'Australie 4-1 (pas une surprise)

Le Japon bat péniblement le Brésil 5-3, en faisant la décision par 3 points en avant-dernière manche.

Enfin les Pays-Bas ont battu la Corée du Sud 5-0. C'est une surprise car la Corée est finaliste de la dernière édition, mais pas quand on voit que l'équipe hollandaise comporte des joueurs évoluant en MLB ou encore au Japon.