jeudi 3 janvier 2013

2013. Une année de renouveau pour les Indians ?

Avant de commencer, je vous souhaite une bonne et heureuse insipide année 2013. Que vos équipes favorites, que vos champions favoris réussissent sans se faire attraper et sans avoir de reproche.



Une année de misère après un bon départ, des resignatures malheureuses, des contrats plombés par des blessures et des mauvaises performances. Voilà ce qu'a été l'année 2012 aux Indiens de Cleveland. Mais depuis cette débâcle à 69-93, la franchise du lac Erié a décidé de changer de stratégie. Au point de donner quelques espoirs et d'attirer des joueurs qui étaient convoités sur le marché.




Pourquoi le changement ?

La réponse n'est pas simple mais elle peut tenir à plusieurs faits :
- Les Dolan en ont peut-être assez de perdre. La désertion du Progressive Field (29è affluence en 2012) coûte plus cher que des contrats bien sentis.
- La signature d'un contrat télévisé avec Foxsports. La chaîne a racheté le réseau des Indians (Sportstimes Ohio) pour 230 millions de $, ce qui correspond à une augmentation annuelle de 10 millions des revenus de la franchise.
- Les dirigeants qui jouent leur tête. Largement critiqués par mes soins et les fans, le tandem Shapiro-Antonetti a joué son tout pour le tout pour redonner de la compétitivité aux Indians.
- La nomination de Terry Francona. Le nouveau manager des Indians a donné deux séries mondiales aux Red Sox de Boston et a mis fin à la malédiction du Bambino en 2004. Limogé à la fin de 2011 après une fin de saison calamiteuse des Sox, il a été consultant pour ESPN en 2012 et est resté parmi les managers les plus en vue qui n'avaient pas de poste. Fils d'un ancien indien (Tito au début des années 1960), indien lui-même (à la fin des années 1980), puis responsable dans l'équipe dirigeante avant de partir pour le Massachussetts, Francona insuffle une crédibilité à une franchise où les trous sont aussi nombreux que dans du gruyère. Du coup, certains joueurs ne sont plus aussi réticents à visiter le lac Erié mort puisqu'il y a un barreur à la tête de l'équipe.

Terry Francona, le nouveau manager des Indians, portera le numéro 47 mais ça fait bien depuis 64 ans que la franchise n'a pas remporté la Série mondiale.


Comment le changement ?

- En tirant un trait définitif du passé. Fini le contrat de Travis Hafner. Le frappeur de puissance n'a plus de bras et il séjournait régulièrement sur la liste des blessés, qui limitait ses apparitions à 60 matchs. Du coup, 13 millions par an même pour un frappeur désigné, ça fait trop pour si peu. Fini aussi Grady Sizemore, trahi par des blessures à répétition et des micro-fractures. Payé 5 millions sans jouer en 2012, il devra d'abord prouver qu'il peut encore jouer (aux dernières nouvelles, les Mets s'intéresseraient à son cas). Fini enfin Roberto Hernandez, ex-Fausto Carmona. Il n'a jamais confirmé après sa belle saison en 2007. Il a rebondi aux Rays de Tampa Bay. On dépasse les 20 millions de $ économisés en masse salariale par rapport à 2012.

- En échangeant celui qui ne voulait pas rester. Shin-Soo Choo, le Coréen, a été échangé aux Reds de Cincinnati dans une transaction à trois, incluant aussi les Diamondbacks de l'Arizona. Choo aurait demandé un contrat que les Indians ne voulaient pas lui accorder par rapport à ses statistiques des deux dernières saisons.

- En échangeant des joueurs dont l'apport est des plus limités ou pas nécessaires : Esmil Rogers a été un bon releveur mais les Indians ont du bras dans ce domaine et le retour est quand même intéressant (Mike Aviles et le receveur Yan Gomes). Tony Sipp est un releveur gaucher incapable d'affronter la pression contre les droitiers. Jason Donald est polyvalent mais son impact offensif est trop limité pour en faire un premier remplaçant. Rogers est parti à Toronto, Sipp et Donald aux D'Backs dans l'échange de Choo.

- En allant chercher des joueurs intéressants pour pas trop cher. Mark Reynolds occupera le premier but pour 6 millions en 2013. C'est un joueur capable de claquer 30 voire 40 circuits, malgré une moyenne au bâton catastrophique (0.211 en 2011 et 2012) et une propension à provoquer du vent (plus de 200 strikeouts par saison). Drew Stubbs (ex-Reds) vient de l'échange de Choo : lui aussi est un grand brasseur, mais c'est un bon défenseur et il est très rapide sur les sentiers. Enfin et surtout, Trevor Bauer. Le jeune lanceur est considéré comme un des cinq meilleurs espoirs pour 2013. Si ses trois sorties en juillet 2012 n'ont pas été terribles avec les D-Backs, il dispose de nombreuses armes pour briller l'année prochaine : des lancers variés et relativement rapides (7 types), une capacité à dominer les frappeurs adverses (plus de 10 strikeouts pour 9 manches, avec un ratio buts sur balles assez bas) même si son style est peu académique. Mike Aviles, shortstop qui a joué la saison dernière à Boston, qui est un bon défenseur (par rapport à un Asdrubal Cabrera erratique en 2012) et qui est bon contre les frappeurs gauchers (le cauchemar de l'attaque indienne).

Ajoutez à cela des joueurs qui sont aussi des supports comme les releveurs Matt Alberts et Bryan Shaw.

C'est déjà pas mal.

Mais le gros coup pourrait donc est celui-là : les Indians ont fait signer un des free agents les plus courtisés du marché, Nick Swisher. Le natif de Columbus (dans l'Ohio) devrait signer un contrat de 4 ans et 56 millions de $ avec une option pour une cinquième année. Âgé de 32 ans, Swisher a gagné une série mondiale avec les Yankees en 2009, été All-Star en 2010 et est un des joueurs les plus appréciés de la franchise new-yorkaise. On le considère comme un leader de vestiaire et un joueur populaire. Swisher était classé numéro 6 sur la liste des free agents les plus courtisés. Cela fait plus de 15 ans que les Indians n'avaient pas fait signer un joueur libre de tout contrat de ce calibre. Mais ils ont fait le maximum pour l'attirer, après avoir échoué à faire signer Shane Victorino (qui a préféré Boston). La venue du coach de football universitaire d'Ohio State -où Swisher a aussi joué- n'a pas été vaine.

Nick Swisher, ici dans l'uniforme des Yankees de New York. Sa signature a été annoncée le 23 décembre. Un beau cadeau de Noël pour les fans des Indians. Mais à lui seul il ne peut relancer une franchise qui manque de puissance et de qualité au monticule.


Par contre, le travail reste encore énorme pour améliorer l'équipe et croire qu'elle peut prétendre aux playoffs :

- La rotation est désespérante : malgré l'arrivée de Bauer, le rookie de 21 ans sera un quatrième ou un cinquième lanceur. La signature de Kazmir sera un gros coup si l'ancien Ray retrouve son niveau de 2010, mais il n'a pas lancé en 2012. Brett Myers a signé pour une saison. L'ancien lanceur des White Sox et des Astros tentera de retrouver un poste de partant, lui qui avait été releveur en 2012. Derrière Masterson, Jimenez (plus grand nombre de défaites dans la ligue américaine), Carrasco (qui revient d'une opération Tommy John), les places sont libres mais les occupants ne sont pas garantis. Il se murmure que les Indians courtiseraient Shaun Marcum, l'ancien lanceur des Brewers de Milwaukee. Marcum est un bon troisième ou quatrième partant mais pas plus haut à mon avis.

Trevor Bauer (avec l'uniforme des Diamondbacks de l'Arizona) est le joueur clé de l'échange à trois équipes conclu entre les Indians, les Reds et les D-Backs. Il est considéré comme un des meilleurs espoirs au monticule. Saura-t-il confirmer dès cette année ?


- L'attaque contre les gauchers a pris un coup de vent frais avec les arrivées de frappeurs droitiers (Reynolds, Aviles, Stubbs, Swisher qui est ambidextre) mais certains sont de vrais machines à strikeouts. Ceci dit, l'attaque est plus équilibrée même dans un stade - le Progressive Field- qui favorise les frappeurs gauchers.

- Les incertitudes pèsent au champ extérieur même si Stubbs et Swisher sont de bonnes recrues. Le poste de frappeur désigné n'est pas encore définitivement attribué et il devrait servir à reposer un joueur de champ. Russ Canzler, qui a fait un aller-retour par Toronto cet hiver, est le favori pour occuper le poste, lui qui a frappé 23 HR en AAA en 2012.

- Les Indians vont chercher à échanger Cabrera, Chris Perez -le releveur numéro un- ou encore Masterson -j'y crois beaucoup moins-. Ils seront néanmoins agressifs dans le retour, avec certainement des jeunes lanceurs prêts pour les majeures.

- Il va falloir travailler énormément dans tous les domaines du jeu pour améliorer les performances malgré un corps de joueurs très intéressant : Carlos Santana, Jason Kipnis et Lonnie Chisenhall devraient progresser en profitant de la présence de joueurs d'impact et leurs chiffres pourraient s'améliorer.


- La relève, qui avait fait mon désespoir en 2010, a confirmé son rang parmi les meilleures de la MLB. Le groupe formé par Chris Perez, Vinnie Pestano, Joe Smith, complété par Cody Allen et Scott Barnes, semble consistant.


En résumé, on peut dire que les Indians ont changé d'attitude et qu'ils ont décidé de gagner des matchs. La faiblesse de leur réserve dans les mineures n'est pas la dernière des explications. Et si le marché n'est pas fini, on peut raisonnablement penser que Cleveland aura une meilleure équipe en 2013 qu'en 2012, avec un manager d'expérience (Francona) et des joueurs qui ont fait le choix de venir (Reynolds et Swisher) même si ce n''était pas forcément leur première préférence. Mais avec les recrutements menés par les Royals de Kansas City, le maintien de la rotation des Tigers, la division risque d'être plus homogène.


4 commentaires:

Gin Tonic a dit…

Apparemment, les Indians peuvent espérer un bilan positif.

Tarswelder a dit…

Tant qu'il n'y aura pas une bonne rotation, ce ne sera pas le cas. L'arrivée de Francona pourrait changer les choses. Si l'équipe arrive déjà à marquer plus de points et a faire venir du monde au stade, c'est déjà ça. C'est aussi le pari du recrutement.

Aloïs 06 a dit…

Je voulais faire une blague sur le changement c'est maintenant etc etc, mais j'ai pas oser, ce genre de comparaison avec une personne ayant existé aurait été trop vache pour les Indians ! Même si à l'arrivée, finalement, le bilan sera le même : CATASTROPHIQUE !

Tarswelder a dit…

J'ai failli mettre le slogan en titre mais je l'ai déjà fait pour le rugby.

Sinon, on verra mais je ne crois pas aux 50% de victoires si la rotation ne s'améliore pas. 2012 a été une année de recul.