mardi 31 juillet 2012

Super Rugby 2012. Demi-finales.

Vendredi et samedi derniers se sont déroulées les deux demi-finales du Super Rugby 2012. Les deux premiers de la saison régulière, les Stormers et les Chiefs, sont entrés en jeu et recevaient les deux vainqueurs du tour précédent. Chose amusante, ces demi opposaient entre eux les représentants de l'Afrique du Sud et de la Nouvelle-Zélande.






Chiefs - Crusaders 20-17 (17-11)

Malgré le fait qu'ils reçoivent cette première demi-finale, les Chiefs n'étaient pas de grands favoris contre les Crusaders. En effet, les rouges et noirs sont nantis d'une expérience incomparable et ils ont battus les Chiefs lors de la journée 17 à Hamilton même il y a trois semaines.

Ce match a été serré jusqu'au bout. Les Crusaders ont globalement dominé la rencontre, à la fois dans l'occupation et la possession du ballon. Ils ont dominé dans les phases de lancement en gênant la conquête des Chiefs et en les faisant souffrir en mélée. Mais les Chiefs ont dominé dans le secteur défensif : les Crusaders ont raté beaucoup de placages et les joueurs de l'île du nord en ont beaucoup profité. Par contre, Aaron Cruden n'a pas été dans un soir particulièrement réussi avec 4/7.

C'est lui qui ouvre les hostilités en début de rencontre sur une pénalité (3-0). Carter égalise au quart d'heure de jeu. A la 25è, Sonny "D" Bill Williams trouve la faille et crée la brèche. Le regroupement sur la ligne des Crusaders voit la "scoring machine" Taumalolo marquer sous l'empilage après visionnage (10-3).

A la demi-heure, les Croisés réduisent le score après que Carter convertisse en points la pression de sa mêlée (6-10). Le retour n'a été que de courte durée : la défense visiteuse laisse Robinson se faufiler puis après quelques rucks, c'est encore Sonny D Bill qui trouve la faille et sert Lian Messam qui inscrit le deuxième essai (17-6). Le coup est rude pour les multiples champions qui ont néanmoins assez de ressources pour ne pas céder : dans les arrêts de jeu, Ryan Crotty conclut à l'aile une attaque des Crusaders mais à la mi-temps les Chiefs mènent 17-11.

En deuxième mi-temps, les Crusaders dominent et renforcent leur pression mais les Chiefs tiennent encore et encore même si Carter a réduit le retard à 3 longueurs (17-20 62è minute). La force des défenses est de ne pas commettre de faute dans des zones où elles pourraient être décisives. Les Chiefs ont réussi à tenir, justifiant leur deuxième place au classement des points encaissés, et les Crusaders ont été assez maladroits pour briser leurs séquences offensives. Ils ont eu l'occasion d'égaliser en toute fin de rencontre : Daniel Carter rate une pénalité de plus de 40 mètres, c'était la dernière chance des croisés. Pour la deuxième fois de leur histoire, les Chiefs vont en finale. Cette fois, pas de Bulls qui les avaient martyrisés 61-14, une défaite qui a laissé des traces pendant deux saisons.




Non non non, vous ne rêvez pas. C'est bien la version néo-zélandaise des Sharkettes ! Y'a la Tare Académie en plus avec le Kamaté en version opéra (ou Tarzan).
Stormers-Sharks 19-26 (6-13)


Les Stormers ont une bonne équipe mais leur fond de jeu n'est pas très impressionnant. Ils ont dans leur formation le buteur le plus efficace du Super Rugby (94% de réussite en saison régulière pour Peter Grant) et quelques stars comme Habana ou De Villiers. Mais ils ont aussi un sacré problème offensif et une terrible défense.


En face, les Sharks n'ont strictement rien à perdre. Vainqueurs à Brisbane des champions du Super rugby 2011, ils ont payé le prix d'un long voyage mais pas pour finir en victime expiatoire, surtout que les dernières sorties des Stormers ont été aussi tristes que brillantes ont été les performances des Sharks.


En verve depuis son retour comme titulaire à l'ouverture, Frédéric Michalak est un des principaux acteurs de la réussite des joueurs de Durban. C'est lui qui oeuvre aussi comme buteur et qui répond par un drop et une pénalité à une ouverture du score initiale par Peter Grant. Mais on constate que les Stormers risque de souffrir : ils encaissent un essai par Louis Ludik à la 34ème minute.


Menés 6-13 à la pause, les choses ne s'arrangent pas pour les Stormers, qui montrent une certaine incapacité à créer du décalage, à accélérer le jeu de manière décisive. Par contre, les Sharks ont été plus réalistes : J.P. Pietersen profite d'un trou dans la défense pour marquer et malgré le retour en force des Stormers, Frédéric Michalak réussit un deuxième drop dans ce match (26-19). L'ultime effort des Stormers n'a pas permis de marquer et encore une fois, les joueurs du Cap ont réussi à se saborder une demi-finale à domicile (l'année dernière c'était contre les Crusaders).




Et voilà finalement la surprise. Les Stormers ont payé leur incapacité à créer du danger en attaque sur la durée d'un match. Les Sharks ont utilisé les mêmes armes que la semaine dernière en Australie : une grosse défense, un pressing offensif efficace, surtout contre une ligne d'attaque qui n'arrive pas à faire la décision. Quant aux Stormers, ils vont devoir réfléchir encore et encore. De quoi donner raison finalement à Heyneke Meyer, l'entraîneur des Sud-africains, qui n'avait pas aligné beaucoup de Stormers dans l'équipe lors de la tournée anglaise en juin. Par contre, il avait aligné la première ligne des Sharks, malgré l'indiscipline notoire des frères Du Plessis.




Sean Connery énorme mon petit orageux que d'avoir perdu ce match. Maintenant tu ne pourras plus te payer la tête des Chiefs. Au contraire, ce sont les requins qui sont de retour et qui attaquent tout le monde.


La finale.


Les Sharks réussissent une première : disputer ses trois matchs de playoffs à l'extérieur et dans les trois pays de la compétition. A force, l'énergie va s'épuiser dans les voyages mais lorsqu'on voit l'évolution de la compétition, on remarque que les joueurs récupèrent remarquablement bien. Je pense que les Sharks sont tout à fait capables de s'imposer au Waikato Stadium :


- Ils ont la dynamique du succès, surtout quand ils ne sont pas favoris ;
- Ils ont une grosse défense qui a mené la vie dure aux trois-quarts adverses ;
- Leur pack reste énorme, en particulier les première et troisième ligne. Attention à la mêlée ;
- Michalak brille à l'ouverture. Pitié PSA, c'est lui qui peut nous débarrasser du Parayachvilisme !


Mais les Chiefs sont quand même bien placés :


- Ils n'ont pas à souffrir des voyages ;
- Ils ont pu récupérer pendant une semaine ;
- Sonny D-Bill Williams a envie de partir sur une bonne note ;
- Taumalolo est un pilier en état de grâce mais je m'inquiète beaucoup plus de son impact en mêlée ;
- Aaron Cruden a pris une autre dimension cette saison.




J'ai avancé des arguments techniques mais la principale raison pour laquelle je préfère les Sharks vient à cet argument physique... Sans appel



D'accord il y a des arguments mais c'est moins physique !

5 commentaires:

Gin Tonic a dit…

D'accord, les Sharkettes sont sans rivales !

Mais je mise quand même sur une victoire des Chiefs.

Tarswelder a dit…

Le match est incertain mais les Sharks réaliseraient un sacré exploit s'ils gagnaient

Gin Tonic a dit…

C'est sur que ce serait un gros exploit.

Elfe a dit…

Je sens bien l'exploit se produire.

Tarswelder a dit…

D'exploit il n'y en aura pas. Les Chiefs dominent le match et j'ai le sentiment que les Sharks n'ont pas les ressources physiques pour revenir.