vendredi 2 mars 2012

Les grands exploits. 2 mars 1962 : quand Wilt en marqua 100.

C'était il y a 50 ans jour pour jour. Le 2 mars 1962, les Philadelphie Warriors reçoivent à l'Hersheypark d'Hersey les Knicks de New York. Un homme était en train d'exploser tous les records offensifs de la NBA ; ce soir-là, ce géant les plaça si haut que même le plus grand athlète de l'histoire de la ligue ne peut jamais les attraper. Wilt Chamberlain marqua 100 points.





A l'époque, les considérations offensives l'emportaient largement sur les défensives et seuls les Celtics de Boston avaient compris qu'il fallait d'abord bien défendre pour gagner des titres.


Deux logos grandioses : celui des Warriors et des Knicks. Je me dis que d'autres ne sont pas plus ridicules.

En cette saison 1961-1962, le joueur de troisième année Wilt Chamberlain écrase tout. Son gabarit (2,16 m 125 kg) est impressionnant même pour le pivot qu'il est (et même encore aujourd'hui). Contre les Knicks, Wilt les échasses frappe d'entrée. Il marque 23 des 42 points de son équipe dans le premier quart-temps et réussit même ses 9 lancers francs -un exploit pour un joueur qui n'était pas doué pour l'exercice-. Malmenés depuis le début du match, les Knicks refont un peu surface dans le deuxième quart et à la mi-temps, ne sont plus menés que de 11 points (68-79). Mais à lui seul, Chamberlain a inscrit 41 points. Il est inarrêtable comme depuis le début de la saison. Même les fautes ne suffisent pas à ralentir sa progression.

Dans le troisième quart-temps, le géant de Philadelphie inscrit 28 nouveaux points et les Warriors ont franchi les 100 unités (125-106).  Conscients que quelque chose est en train de se produire, les partenaires de Chamberlain commettent de nombreuses fautes pour arrêter le chronomètre (41 lancers francs tentés par les Knicks mais 52 pour les Warriors), puis donnent le ballon au pivot qui se débrouille ensuite. La stratégie est limitée mais efficace.

Dans le quatrième quart-temps, Chamberlain continue son récital. Rapidement, il améliore son ancienne marque de 73 points dans un match en temps réglementaire, puis son record absolu de 78 (établi après une triple prolongation). On raconte que le public (4124 spectateurs) était lui aussi en transe. Avec moins d'une minute à jouer, Chamberlain a marqué 98 points et se retrouve pour la 31ème fois sur la ligne des lancers francs. Lui, le pivot maladroit avait réussi un incroyable 28/30. Il rate le premier, puis le second mais il prend le rebond, tire et rate. Les Warriors récupèrent le ballon et redonne à Chamberlain qui marque le panier, le 100è point. Il ne restait que 46 secondes et les Warriors étaient assurés de la victoire (169-147) ; on célébra l'immense exploit et le match s'arrêta car les spectateurs envahirent le terrain. On se trompa même dans le score final (on attribua 150 points aux Knicks). On s'empressa d'immortaliser l'événement : Chamberlain, dans une photo célèbre, posa avec un panneau où il était écrit 100 dans le vestiaire. On n'a pas de vidéo du match de légende mais il existe un enregistrement audio du quatrième quart-temps.

Dans ce match, Chamberlain a réussi 36 de ses 63 tirs (sur 115 réussis) et 28 lancers francs sur 32. De plus, il capta 25 rebonds et donna deux passes décisives (mais on ne connut pas le nombre de contres car ils n'étaient pas encore comptabilisés). Ses partenaires ont eu un rôle évidemment secondaires : autre grande légende des années 1950, Paul Arizin se contenta de 16 points.

Après la rencontre, Chamberlain rentra à New York avec son ami Willie Naulls, qui jouait aux Knicks. La presse, que ce soit à New York ou à Philadelphie, ne fit pas étalage de la performance. Comme toujours, c'est l'histoire qui a jugé. Deux jours plus tard, les deux équipes se retrouvent. Chamberlain inscrit encore 58 points, suffisants pour donner une courte victoire aux Warriors 129-128. Le pivot des Knicks Darrall Imhoff reçut une ovation après avoir limité la performance de son adversaire.

Ce match du 2 mars 1962 a battu tous les records offensifs : nombre de points marqués par deux équipes, mais pas le record pour une équipe (les Celtics avaient marqué 173 points), record de points pour un joueur, plus grand nombre de points marqués par un joueur en une mi-temps (59 record inégalé) et dans un quart-temps (31 battu depuis par George Gervin et Carmelo Anhtony qui en ont marqué 33), record de tirs tentés et réussis évidemment.

Les performances de Chamberlain sont évidemment hors norme. Au cours de la saison 1961-1962, il marqua une moyenne de 50,4 points par match (en comparaison, Elgin Baylor le deuxième meilleur marqueur inscrivit une moyenne de 38,3). L'année suivante, il resta encore à un niveau ahurissant de 44,8 points. Le gabarit du personnage était totalement inédit pour la NBA de l'époque et un seul joueur a pu réellement le gêner, tout au moins limiter son influence : Bill Russell, considéré comme le plus grand défenseur de l'histoire de la ligue.

Wilt Chamberlain contre Bill Russell. L'affrontement de deux géants, au propre comme au figuré, qui a fait l'histoire de la NBA dans les années 1960. Même si les statistiques ont largement plaidé pour Chamberlain, Russell remporta le titre de MVP de la saison 1961-1962. En finale de division, les Celtics battirent les Warriors en 7 matchs puis battirent les Lakers de Jerry West et Elgin Baylor.


Malgré ses exploits, Chamberlain n'a jamais pu vaincre lui seul les Celtics de Boston, dont le collectif organisé autour de Russell écrasait la ligue (9 titres en 11 ans entre 1956 et 1966). A la fin de la saison 1962, les Warriors quittèrent Philadelphie pour San Francisco mais même en changeant de conférence, ils n'arrivèrent pas à vaincre les Celtics et trouvèrent même en l'équipe des Lakers de Los Angeles, un rival tout aussi dangereux. Chamberlain repartir à Philadelphie, aux Sixers en 1965. Il crut bien arriver enfin à son but, lorsque les 76ers vainquirent les Celtics de Boston en finale de la division est les privant d'une 11ème finale NBA consécutive. Le géant tomba contre son ancienne équipe, les Warriors et remporta la finale 4 victoires à 2.

En 1968, Chamberlain passe aux Lakers et remporte un deuxième titre NBA en 1972, où il est élu MVP. Mais chose étonnante, malgré ses 50 points et 25 rebonds par match en 1962, il n'a pas été élu MVP : c'est Bill Russell qui remporta le trophée. Par contre, Chamberlain a été élu quatre fois meilleur joueur de la saison. Cette même année, Chamberlain dépassa même les 48 minutes de temps de jeu en moyenne : en effet, il disputa 10 matchs terminés en prolongation. Seul joueur à avoir marqué 4000 points (4029) dans une saison, il fut absent des parquets pendant ... 8 minutes sur les 3890 possibles.

En 1973, Wilt l'échassier met un terme à sa carrière. Ce joueur ultra-dominant tenta sans grand succès une carrière d'entraîneur, puis il profita de sa gloire et de sa fortune. On raconte qu'il eut 20 000 maîtresses mais il n'eut pas de postérité reconnue. En 1999, le géant s'éteint à l'âge de 63 ans, victime d'une crise cardiaque. Sa domination était telle que la NBA décida d'élargir la raquette en 1964 pour éviter qu'il ne campe trop près du panier.

La marque des 100 points ne sera sans doute jamais battue en NBA. Le 22 janvier 2006, Kobe Bryant établit la deuxième meilleure performance de l'histoire en inscrivant 81 points contre les Raptors de Toronto. Seuls, David Thompson, Shaquille O'Neal et David Robinson franchirent la barre des 70 points. Michael Jordan s'arrêta lui à 69 unités. Et le 12 janvier dernier, Dwight Howard battit le record de lancers francs tentés dans un match avec 39 mais il n'en réussit que 21 (il marqua 45 points et prit 23 rebonds). C'était contre... les Golden State... Warriors !

Et pour célébrer cela, la NBA, qui comme l'Amérique sait se souvenir de son histoire, a évidemment prévu un match Sixers-Warriors (les deux équipes de Philadelphie) et les propriétaires des 76ers ont racheté le parquet du terrain, pour le distribuer au public, sous forme de carrés de 3 cm de côté.

21 commentaires:

Gin Tonic a dit…

169-147, un score ahurissant !
C'était un autre basket.
Ses stats étaient quand même assez extraordinaires.

Sinon, pour les logos, les Indians sont en bonne compagnie...

Tarswelder a dit…

Le record c'est un Denver-Detroit où les deux équipes ont marqué plus de 180 points.

Gin Tonic a dit…

Les paniers étaient en forme de cages de hand....

Tarswelder a dit…

Pas de ligne à 3 points et aussi pas beaucoup de défense...

Gin Tonic a dit…

C'est surtout ça: l'absence quasi totale de défense.

Aloïs 06 a dit…

Tout comme George Mikan avant lui et Bill Russel, Chamberlin était un géant au pays des nains ! Un joueur qui mesurait 2m était considéré comme grand, alors 2,16m ! Ça explique en partie sa domination aux rebonds.
Sur ce match, j'avais lu quelque part (mais je ne sais plus où) que le pivot de de NY était blessé ce jour là et qu'i n y avait aucun joueur de plus de 2m pour défendre sur lui.

Gin Tonic a dit…

C'est sur qu'aucun joueur à plus de 2m, ça aide.

Aloïs 06 a dit…

C'est dommage qu'il n'existe aucune vidéo de cette rencontre.

Gin Tonic a dit…

Oui, parce que ça devait être quelque chose !

Tarswelder a dit…

Aloïs, Imhoff avait pris 6 fautes et personne ne pouvait plus défendre.

George Mikan était la première grande star de la NBA. Ces gabarits restaient exceptionnels.

Mais de cette époque, on a quand même quelques spécimens incroyables : Oscar Robertston qui fit toute une saison en triple double et la frôla à plusieurs reprise, Jerry West, Bill Russell, Bob Cousy, etc.

Gin Tonic a dit…

Bon, ben... Ca fait toujours un point de bonus (défensif...) pour l'USAP.

Aloïs 06 a dit…

Je croyais que c'était ce soir !! Là je suis devant Clermont Toulouse

Tarswelder a dit…

N'empêche qu'à 14 contre 15, les Bulls ont réussi à planter deux essais aux Cheetahs. Bon ça fait 51-19... pour les Bulls !

Gin Tonic a dit…

17-6 pour l'Irlande. Pas glop !

Aloïs 06 a dit…

Vous qui êtes plus spécialistes que ! Sur la dernière pénalité irlandaise, pourquoi l'arbitre leur donne cette pénalité alors que le 8 irlandais contestait le ballon au sol alors qu'il n'était plus sur ses appuis ? Il n y avait pas pénalité pour la France ?

Tarswelder a dit…

Le Français garde le ballon au sol en premier, ça se voyait dès le début de l'action.

Un match nul où les deux équipes s'en sortent bien du peu que j'en ai vu.

Les Français manquent de vitesse dans les transmissions en sortie de mêlée.

Gin Tonic a dit…

Quelques petits soucis de connexion.
Oui, le français garde le ballon.
Sur la vitesse, c'est la réflexion que je me faisais en cours de match.
Les Irlandais sont toujours aussi casse-couilles sur les rucks.
Ce match nul est finalement assez logique.

Tarswelder a dit…

Le point sur les classements :

1.Galles 12
2.France 11
3.Angleterre 9
4.Irlande 8
5.Ecosse 2
6.Italie 1

Au championnat des 6 nations, la France manque l'occasion de prendre la tête :

1.Angleterre 26
2-3.France-Galles 25
4.Irlande 22
5.Ecosse 7
6.Italie 5

Tarswelder a dit…

Après j'ai ce sentiment récurrent que les Français veulent moins chercher à aller au sol qu'à rester debout.

Je crois que l'évolution du rugby passera pas le maintien de ces mauls.

Tarswelder a dit…

Oups ! Plus chercher à aller au sol.

Gin Tonic a dit…

Je comprend mieux avec "plus"...