lundi 6 février 2012

L'histoire repasse les plats

Comme il y a quatre ans, les Giants de New York ont marqué dans la dernière minute du match pour battre les Patriots de la Nouvelle-Angleterre et ils ont remporté le Super Bowl. Les New Yorkais étaient aussi la dernière équipe à avoir battu les Pats cette saison. Ça fait beaucoup.


Encore un drive inoubliable.

Comme il y a quatre ans, Eli Manning a produit la remontée en trois minutes. Alors que son équipe a été repoussée sur ses 12 yards, le quaterback des Giants lance une passe monumentale à Mario Manningham, qui la capte au nez de deux défenseurs bostoniens, sur la ligne médiane. L'action était moins miraculeuse que celle de la passe à Steve Smith mais l'effet est le même.

Quelques instants plus tard, les Giants ont les cartes en main : ils sont menés 15-17 mais ils ont le temps avec eux. Un FG de Tynes et ça suffit. Ils sont dans la zone des Patriots, à quelques yards. Intelligemment, Bellichick décide de concéder le TD à Bradshaw pour récupérer la possession avec 50 secondes à jouer. Le coureur des Giants se voit offert un boulevard, il se retourne pour essayer de stopper sa course mais en vain. La célébration du TD est inhabituelle car l'action donne une chance aux Patriots de renverser la rencontre. Difficile de ne pas concevoir que les Giants n'aient pas envisagé cette action : Bradshaw y est allé de bon coeur mais les Giants mènent 21-17.



Dernier effort.

Cinquante secondes, c'est encore possible pour remonter le terrain. Après tout, Tom Brady est l'homme des records : il a lancé 16 passes complétées consécutives dans le match et permis aux Patriots de renverser un début de match laborieux : de 0-9 au premier quart, New England a pris l'avantage 17-9 au début du troisième. Un drive de 98 yards (record égalé), conclu à 8 secondes de la fin du deuxième quart-temps, a permis aux bleus de devancer les blancs à la pause.

Il faut gagner 80 yards pour rentrer dans l'histoire : gagner 80 yards pour égaler le record de victoires au Super Bowl pour un quaterback, Joe Montana, pour rentrer un peu plus dans la légende, en accomplissant l'exploit que l'ancien passeur des 49ers avait accompli contre Cincinnati il y a fort longtemps.

Brady ne réussit pas ses passes autant que ses receveurs les manquent. Sacké sur le troisième essai, il gagne le nouveau down sur la quatrième tentative. Les Patriots sont très très loin (51 yards) et les deux passes Ave Maria échouent. Brady n'a pas réussi. Il établit néanmoins des performances pour les yards gagnés en Super Bowl sur une carrière et les passes de TD.

Tactique tactique.

Le Super Bowl XLVI a donc été marqué par l'affrontement tactique de deux grands entraineurs. Mais encore une fois, c'est Tom Coughlin qui a eu le dernier mot. La possession du ballon a été largement à l'avantage des Giants (37 minutes contre 23), laissant Brady sur le banc. La défense a su s'ajuster en fin de match pour limiter les jeux de passes courtes. A ce titre, Gronkowski, blessé, n'a pas pesé sur la rencontre : 2 réceptions pour le tight-end des Patriots, c'est une des clés de la victoire des Giants. Mais il semble que les coachs des Giants aient été mieux capables de réagir, notamment en choisissant fréquemment le jeu de passe sur des premiers essais (comme sur la réception de Manningham évoquée).

Mais les Patriots devront aussi assumer la fébrilité de leurs receveurs, notamment en fin de match. Plusieurs passes étaient ouvertes mais il ne les ont pas captées. A ce niveau ça ne pardonne pas. Pourtant, malgré une interception et une pression défensive terrible en début de match -qui a coûté un saefty-, Tom Brady n'a pas connu la même souffrance qu'il y a quatre ans (2 sacks).

Reste que ce Super Bowl était encore une affaire de passeurs. Eli Manning n'est plus le frère de Peyton. Il sort de la meilleure saison de sa carrière et ses performances sont moins irrégulières que les saisons précédentes. Il complète les 9 premières passes (là aussi un record) et mené à une avance de 9-0, en rejoignant Victor Cruz après 11 minutes de jeu. Manning avait orchestré 6 retours en fin de match avant le Super Bowl cette saison. Avec ce septième, il a renversé le score dans la moitié des victoires des Giants cette saison sur un dernier drive. Avec 296 yards, 1 passe de TD et 30 complétées sur 40, il est logiquement élu meilleur joueur de la rencontre.

Eli Manning, MVP du Super Bowl. Il a dépassé son frère Peyton pour le nombre de victoires dans le match décisif.


Avec un Manning au sommet, les Giants n'ont pas lâché prise lorsque les Patriots ont fait le break dès l'entame du troisième quart-temps. Certes, la défense contre la passe des Pats n'a pas été intraitable mais les Nouveaux Anglais ont freiné le retour des Giants, qui ont dû se contenter de deux placements. Enfin, à 9 minutes de la fin du match, le drive de New York s'arrête à 43 yards de la ligne adverse : c'est trop loin pour  le placement et trop loin pour un quatrième essai victorieux.

Le match s'est donc joué à très peu comme d'habitude entre ces deux équipes. Et l'histoire a repassé les plats.

Momentum.

Les Giants sont revenus de loin, de très loin cette saison. Au début du mois de décembre, les voilà nantis d'un bilan de 6-6 et même de 7-7 après avoir perdu un match pitoyable contre les Redskins de Washington. Mais ensuite, on a vu cette équipe survoltée, impressionnante dans les matchs à enjeu : vainqueurs des Jets, les Giants ont assuré leur billet dans le match suicide contre les Cowboys de Dallas.

En play-offs, la performance s'est renouvelée : les Giants ont affronté et battu les meilleurs adversaires possibles (Falcons, Packers, 49ers) avant de vaincre les Patriots : soit un total de 52 victoires cumulées par les opposants (un dossier moyen de 13-3), affrontés à trois reprises hors des bases (dont le SB).

Les Patriots étaient sur une formidable dynamique avant le Super Bowl : ils ont remporté leurs dix derniers succès mais la manière n'y était pas toujours dans le sens où l'équipe a eu des démarrages catastrophiques (contre les Dolphins et les Bills notamment) ou s'est compliquée la tâche parfois. Reste que les champions de l'AFC méritaient leur rang.

Au final, l'équipe qui a été sur la brèche le plus longtemps, celle qui a su élever son niveau de jeu -malgré des matchs mauvais en saison régulière- s'est imposée en résistant à une tension que les Patriots n'ont pas forcément su bien appréhender. Mais tellement de petites choses ont penché en faveur des Giants que rien ne dit que les Pats se sont trompés : il a fallu d'une mauvaise réception ou de quelques centimètres sur la dernière action.

Mais on chantera encore et encore : Eli, Eli, élisez-moi !



Est-ce que ça va recommencer ?

Oui mais quoi ? Pas la rivalité entre Boston et New York mais les Patriots vont-ils nourrir un complexe face aux Giants du même genre que les Red Sox face aux Yankees ? C'est peu probable mais quand on connaît le passé entre les deux franchises, on se dit que ça peut ressembler à un petit quelque chose de ce genre. Sauf qu'il n'y a pas eu de transfert qui a changé l'histoire des deux franchises : il n'existe donc pas de 'Bambino' du football américain.


2 commentaires:

Gin Tonic a dit…

De retour de Paris. Finalement, peu de vols annulés et pas ceux entre Perpignan et Paris.

Les 2 ou 3 réceptions ratées (les passes de Brady n'étaient pas si mauvaises) en fin de quatrième quart ont été fatales aux Patriots.

Manning a été efficace notamment au moment clé de sa passe de 38 yards.

Tarswelder a dit…

Clairement, les Patriots ont raté leur chance sur les réceptions ratées.